SIDA EN BELGIQUE :
CONGOLAIS, CAMEROUNAIS ET RWANDAIS AU TOP 1706

Bruxelles, le 25 mars 2007
L’asbl LIBIKI a organisé ce samedi 24 mars 2007 une conférence sur le sida dans la communauté africaine de Belgique.

C’était au 78 de la chaussée de Wavre à Ixelles à l’espace Matonge, avec le concours d’autres associations dont culturek.net, CIPROC asbl, congokulture asbl, la plateforme prévention sida, Afrique subsahara asbl, CAADD asbl, Espace Afrique magazine, CETIM-CHU St Pierre, Projet Matonge, SIREAS…

Après la projection du film, « les origines du sida » de Peter Chapell et Catherine Peix, une première communication a été faite par Désiré Katompa, président de l’asbl Culturek. Voici des extraits de ce qu’il dit du film :

« Ce film pose l’hypothèse que le SIDA pourrait avoir pour origine la RDC. Un vaccin expérimental contre la poliomyélite qui avait été testé sur 1,000,000 de personnes entre 1956 – 1958 pourrait avoir été contaminé par le VIS (version simienne du VIH)…

Les preuves présentées dans ce film sont tellement graves qu’il m’a semblé anormal et surtout inquiétant qu’on en reste là. Qu’aucune enquête officielle n’ait été menée, qu’aucune commission d’enquête que ça soit au Congo ou en Belgique ne se soit saisie de l’affaire, qu’aucune association de malade ou d’aide aux malades n’ait introduit un dossier en justice.

… Il est certes vrai que le dossier est complexe, que les preuves directes de la contamination du vaccin sont difficiles à obtenir puisqu’il n’existe plus aucun exemplaire du produit utilisé pour vacciner les populations en ce moment là.

Mais cela n’empêche qu’on puisse enquêter et confronter les témoins afin d’obtenir les réponses aux questions essentielles suivantes:

· Qu’est-ce qui a été fait exactement entre 1956 et 1958?
· Comment fabriquait-on les vaccins utilisés?
· Qui a décidé d’utiliser les chimpanzés et pourquoi alors qu’on savait qu’il y avait des risques?
· Où se trouve la liste des personnes vaccinées contre la poliomyélite?
· Que sont-ils devenus?
· Combien ont attrapé le virus?
· Qui est responsable de cette contamination?
· Qui prend en charge les pvv et les orphelins du Sida?
· Que fait le gouvernement congolais face à ces révélations?

L’Afrique noire paie encore aujourd’hui le prix de la traite des esclaves, qui l’a privé de la main d’œuvres dont ils souffrent cruellement aujourd’hui.

Mais nous devons garder à l’esprit qu’au point où nous en sommes, si ce qui est dit dans ce film se vérifie, l’épicentre de la pandémie se situe au Congo. Si nous ne l’arrêtons pas là-bas, tous les efforts menés ailleurs resteront vains. »

La deuxième intervention sera faite par Mme Karine Lalieux, Député PS, membre du groupe parlementaire pour la population et le dévéloppement qui s’occupe du suivi en Belgique du programme d’action de la Conférence Internationale des Nations Unies pour la Population et le Développement ainsi que des Objectifs du Millénaire relatifs au genre et à la santé.
Dans son intervention Mme Lalieux a souligné l’importance de l’éducation sexuelle sans tabou afin de mieux informer les jeunes sur le fléau du SIDA. Elle a surencherit sur l’affirmation de l’orateur précédent concernant le fait que le SIDA n’est pas une maladie de vieillesse, ou une maladie infantile. C’est une maladie qui touche essentiellement les jeunes et qui si on ne l’arrête pas va plomber pour longtemps l’avenir de l’Afrique. Elle a aussi parler de l’exposition que le groupe parlementaire auquel elle appartient organise à la chambre, sur le thème « Entre jeune fille et mère » Exposition des photos des jeunes filles mères de Kinshasa. à voir jusqu’au mois d’Avril.

La troisième communication a été faite par le docteur Gaspard Matumikina mayedi. Elle a interpellé plus d’un. Certains chiffres donnés poussent vraiment à la réflexion.

Déjà que de tous les continents, l’Afrique est la plus atteinte, on aurait espéré que les Africains qui vivent en Belgique sont soit mieux protégés, soit plus prudents, non. Voici.

Selon les données statistiques recueillies par le conférencier sur la situation du Sida en Belgique fin 2005, on peut noter ceci :

De fin 1986 au 31 décembre 2005, la Belgique a compté 19.070 personnes infectées par le Sida.

Parmi les séropositifs non autochtones belges, les trois quarts sont originaires des pays d’Afrique. Et parmi celles-ci, 76% sont de l’Afrique subsaharienne.

Entre 2003 et 2005, il y a eu 1491 non-belges infectés par le VIH dont 1131 africains dont 1100 subsahariens. Et le groupe d’âge le plus représenté est de 30 à 34 ans pour les hommes, et 25 à 29 ans pour les femmes.

Et plus en détail, cela donne ceci :

Congolais : 266

Camerounais : 189

Rwandais 159

Que penser de cela ?

Madame Danny Kanyeba de l’asbl LIBIKI déplore l’indifférence des africains de Belgique sur le phénomène du SIDA. Même en organisant une conférence de sensibilisation en plein Matonge, après une forte campagne d’information, c’est à peine si les concernés bougent.

Et quand on jette un coup d’œil dans les bistrots à côté, que voit-on ? Ils y sont très nombreux, vidant canettes de bière et ingurgitant force brochettes de chèvres. Pour certains, le conditionnement en vue d’ébats amoureux en soirée, avec la première venue… peut-être sans préservatif !

Dans l’auditoire, la plupart des intervenants se sont montrés très révoltés face à l’irresponsabilité de leurs compatriotes. Comment s’en sortir ? Comment sensibiliser davantage des subsahariens ? Les intellectuels africains de Belgique jouent-ils suffisamment leur rôle de leaders dans la communauté ?

Les missions diplomatiques africaines elles-mêmes, sont-elles suffisamment impliquées dans l’encadrement de leurs citoyens face au Sida ? S’intéressent-elles à établir un pont entre les actions qui se font par les Africains ici en Belgique et ce que devraient faire nos Etats sur le continent ?

Incapables d’avoir les moyens de soigner les millions de personnes infectées sur le continent, n’aggravons pas notre situation par des comportements irresponsables. Et la toute première irresponsabilité n’est-elle pas celle de ne pas chercher l’information sur le sida, pire, de ne pas la diffuser autour de nous ?

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to Top