Bruxelles, le 13 juillet 2006 Monsieur Robert CREM adresse une lettre ouverte aux 33 candidates et candidats à l’ élection présidentielle
en République Démocratique du Congo.
Monsieur Robert CREM 74 ans, est l’ un des derniers survivants de la période glorieuse de l’ exploitation minière au Congo. Ancien Président délégué général de la Gécamines, cet ingénieur des mines a commencé sa carrière africaine et internationale en 1956. Il a œuvré tour tour à l’ Union Minière du Haut Katanga, à Gécamines, Zaire Etain, Somirwa (Rwanda), Société de la Ruzizi (Burundi), Société Minière de Tenke Fungurume, Cimshaba, Sonatrad, Petrozaire , Agip-Zaire et Sep-Zaire. Dans ce parcours professionnel il a toujours pris la défense de son employeur le Congo, même contre sa Belgique natale. Monsieur Crem a été effrayé et tiré de sa retraite par le bradage flagrant des richesses minières, en particulier avec le dépeçage de la Gécamines sans prise en compte de son poids de 300 milliards de² dollars en réserves minières. Il ne voit pas comment le Congo se tirerait de la misère si les richesses naturelles qui vont s’ épuiser un jour, ne sont pas optimisées avec nationalisme et professionnalisme. Il n’ a pas peur de l’ annulation de certains contrats et il rappelle qu’il avait fait annuler le plus important investissement minier sans conséquences juridiques ni représailles. Il rassure que les vrais investisseurs n’ont rien à craindre d’un audit de leurs contrats et opérations. Il est sans pitié pour les aventuriers qui devraient débarrasser le plancher et donner au Congo et à ses populations la chance unique de tirer profit de leurs ressources naturelles, mais non renouvelables. Il garde la foi en proclamant qu’il n’ est pas trop tard, mais il est temps. Avant de poursuivre ses vacances, Monsieur Robet Crem a adressé une lettre ouverte aux 33 candidats à la présidence pour les encourager œuvrer pour une résurrection du capital minier et énergétique national.
LETTRE OUVERTE A :
Monsieur le Président,
Messieurs les Vice-Présidents,
Mesdames et Messieurs,
1. BANYINGELA KASONGA
2. BEMBA GOMBO Jean- Pierre
3. BONIOMA KALOKOLA ALOU
4. DIOMI NDONGALA Eugène
5. GIZENGA Antoine
6. KABATU SUILA Bernard Emmanuel
7. KABILA KABANGE Joseph
8. KAMANDA WA KAMANDA Gérard
9. KASHALA LUKUMUENDA Oscar
10. LIKULIA BOLONGO Norbert
11. LUMBALA Roger
12. LUMUMBA Guy Patrice
13. LUNDA BULULU Vincent de
14. MATUSILAMALUNGINI NE KONGO Pierre Anatole
15. MBOSO N’KODIA PWANGA Christophe
16. MBUSANYAMWISI Antipas
17. MBUYI KALALA ALAFUELE
18. MOBUTU NZANGANGBANGAWE François Joseph
19. MOKONDA BONZA Florentin
20. MOLEKA NZULAMA Timothée
21. M’POYO KASA-VUBU Justine
22. MUKAMBA KADIATA NZEMBA Jonas
23. MUKUNGUBILA MUTOMBO Paul Joseph
24. MUYIMA NDJOKO Osée
25. NGOMA Z’AHIDI Arthur
26. NIEMBA SOUGA Jacob
27. N’LANDU KAVIDI Wivine
28. NLANDU MPOLO NENE Marie Thérèse
29. NZUZI WA MBOMBO Catherine Marthe
30 OLENGHANKOY MUKUNDJI Joseph
31. PAY-PAY wa SYAKASSIGHE Pierre
32. RUBERWA MANYWA Azarias
33. THASSINDA UBA THASSINDA Hassan
Toutes et tous candidates et candidats à la Présidence de la République Démocratique du Congo, et domiciliés à KINSHASA
Mesdames et Messieurs,
Candidates et Candidats à la Présidence de la République Démocratique du Congo
Objet : le salut de la République repose sur l’ Industrie Minière
Voici un siècle, en 1906, que débutèrent les principales exploitations minières qui firent la fortune de la Puissance coloniale et qui continuent à susciter des convoitises et le pillage des ressources naturelles. La reconstruction et la simple bonne gouvernance du pays dépendent du renflouement des caisses publiques par les bénéfices directs et indirects de ces exploitations.
En 1966, le patrimoine minier congolais a été passé sous le contrôle du gouvernement, et les revenus miniers ont alimenté de manière substantielle le budget de l’Etat pendant près de 25 années. Mais depuis les années 90, l’ industrie minière est à l’ abandon et en faillite; le peuple ne sait pas vivre ni s’ épanouir ; les infrastructures sociales et économiques sont délabrées, etc. Des aventuriers font fortune, au moment où les réserves minières sont toujours présentes.
On doit se demander le pourquoi de cette faillite générale. C’est parce que les exploitations des ressources naturelles ont été offertes dans le secret et la précipitation à des personnes ou des groupements peu ou non professionnelles et généralement enclins à spéculer sur les droits miniers obtenus et les matières commercialisées. Tous les rapports de ces dernières années reconnaissent le caractère non équitable des contrats et l’absence de profit substantiel pour l’ Etat et les populations.
Cette situation préoccupante est paradoxale, au vu des réserves minérales du pays qui sont colossales et des ressources énergétiques sont gigantesques et non utilisées. Cette préoccupation hante ma retraite des affaires. J’ ai 74 ans. Après un demi-siècle dans le secteur minier en Afrique et pour l’ essentiel au Congo, je me sens le devoir de vous encourager à inscrire à votre programme, en cas de victoire électorale ou même dans la future opposition qui a un statut constitutionnel, la résurrection du capital minier et énergétique national. Ce programme me semble une priorité absolue sur le plan national, tant pour la gestion courante que pour la reconstruction et, surtout, prévenir un génocide silencieux des populations privées des retombées des ressources naturelles. Sur le plan international, il serait criminel de détruire des réserves minérales mondiales, et non renouvelables.
J’ avais informé les plus hautes autorités nationales et internationales et financières de ce paradoxe, de ce drame et des solutions que l’ on peut et doit y apporter. Cela commence par le gel des contrats qu’il faut auditer et renégocier avec ceux qui le méritent, tout en assurant une poursuite des exploitations dans des conditions transitoires et contrôlées. Il faudra ensuite gérer judicieusement et sur le long terme les centaines de milliards des ressources naturelles.
Mesdames, Messieurs, il vous appartient d’ entamer, de poursuivre ou de soutenir cette mission nationaliste de la résurrection de la République au moyen de son capital minier et énergétique. Il n’ est pas trop tard, mais il est temps.
Je reste votre dévoué, avec ma haute considération,
Robert Crem
