L’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa), réseau africain d’experts juristes et des journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, condamne avec la dernière énergie la répression brutale et disproportionnée d’une assemblée générale des journalistes de la ville de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental.
Quatre-vingt-seize journalistes, membres de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC)/Mbuji-Mayi, se sont retrouvés, le 31 mai 2007, dans la commune de Diulu pour discuter de la suspension préventive de leur président, Emery Mutombo Kilolo. Et de la présence supposée de ce dernier au Conseil provincial de sécurité lors de la suspension de la Radio-Télé Debout Kasaï (RTDK), avant de charger la coordination provinciale de la Haute autorité des médias (Ham) de faire exécuter cette mesure le 20 mai 2007.
Au cours de cette rencontre, les journalistes ont exigé l’appel nominal de tous les membres après avoir constaté la présence de deux individus soupçonnés être des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR)/Kasaï Oriental. Une confusion s’en est suivie et des jeeps de la Police d’intervention rapide (PIR)/Mbuji-Mayi ont débarqué sur les lieux avec instruction de soumettre les journalistes à une bastonnade.
Plusieurs matériels de travail, notamment des caméras, des microphones, des dictaphones, ont été délibérément détruits. Un journaliste de la Radio Mont Carmel (RMC), émettant à Mbuji-Mayi, a été grièvement blessé par des policiers. Connu sous le sobriquet de «Nokia double Sim», ce journaliste a été acheminé d’urgence à l’hôpital de Bonzola dans la commune de la Kanshi. De son côté, le journaliste Jean-Pierre Kaniki a été légèrement blessé et soigné dans un dispensaire de la place.
Après cette brutalité, le groupe de journalistes a réussi tout de même à se rendre au gouvernorat de province pour protester et obtenir un rendez-vous avec le gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji qui a promis de prendre en charge les frais médicaux des journalistes blessés.
De ce qui précède, Olpa exprime sa profonde indignation face à cette violence inouïe à l’endroit de professionnels des médias. Il condamne énergiquement cette intervention de la police et déplore les victimes de cette répression disproportionnée.
Par conséquent, Olpa exige une enquête et des mesures disciplinaires contre les éléments de la PIR. Cette Ong de protection et de la défense de la liberté de la presse prie, instamment, le gouverneur de la province du Kasaï Oriental de réparer tous les préjudices causés aux journalistes de Mbuji-Mayi.
L’OMEC CONDAMNE CETTE VIOLENCE
Comme l’Observatoire de la liberté en Afrique, l’Observatoire des médias congolais (OMEC) vient de donner de la voix à la violence à laquelle ont été soumis les professionnels des médias de Mbuji-Mayi.
Afin de se prononcer en connaissance de cause, l’OMEC a voulu avoir de plus amples informations à cet effet.
Selon des informations qui lui sont parvenues, « des éléments de l’Agence nationale de renseignements s’étaient infiltrés, contre toute attente, dans une réunion des professionnels des médias.» Croyant passés inaperçus, ces éléments ont vu leurs manœuvres déjoués. Les professionnels des médias ont protesté « vigoureusement » contre cette présence jugée inopportune. Ce qui leur a valu, contre toute attente, une « répression brutale et disproportionnée » de la part des éléments de la Police d’intervention rapide qui ont fait incursion au lieu où ils tenaient leur assemblée générale.
Dans son rôle de défense et de la promotion de la liberté de la presse, l’OMEC saisit cette occasion pour s’insurger contre ces actes injustifiés commis à l’endroit de journalistes et qui sont, selon elle, de nature à remettre en cause tous les efforts de démocratisation et de pacification de la République démocratique du Congo.
« Tout en plaidant en faveur de la sécurisation des journalistes dans l’exercice de leur métier d’informer, l’OMEC en appelle au gouvernement de la République pour qu’il soit ouvert rapidement une enquête sur les événements survenus à Mbuji-Mayi en vue d’établir les responsabilités, punir sévèrement les coupables et, le cas échéant, réparer les préjudices causés aux journalistes concernés », indique un communiqué de cette organisation datant du 1er juin 2007 parvenu à Le Potentiel.
