KINSHASA (AFP) – Médecins sans frontières (MSF-France) a exigé vendredi « un espace neutre » pour assister les populations qui fuient les combats dans la région de Kanyabayonga (Nord-Kivu), dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Les combats dans le Nord-Kivu « ont forcé notre équipe à évacuer, mercredi, la ville de Kayna », à une vingtaine de kilomètres au nord de Kanyabayonga, indique MSF dans un communiqué transmis à l’AFP à Kinshasa.
L’organisation humanitaire dénonce en outre « la réquisition de certains de ses véhicules par les militaires » de l’armée régulière mardi et mercredi, ce qui constitue un « facteur d’insécurité » pour ses équipes et « compromet (sa) neutralité aux yeux des autres parties ».
« Le respect, par les différents groupes armés, d’un espace de travail neutre est une condition absolument nécessaire » au travail des équipes humanitaires, a souligné MSF.
Présent à Kayna depuis janvier 2004 pour y mener un programme médico-nutritionnel, MSF « avait pu mettre en place des secours d’urgence aux populations fuyant, depuis dimanche dernier, les combats faisant rage à Kanyabayonga », en direction de Kayna et Kirumba.
« La priorité est à présent pour MSF de reprendre, sans entraves, son assistance aux déplacés et aux blessés », conclut l’organisation.
Des combats opposent depuis dimanche autour de Kanyabayonga, au nord de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, l’armée régulière congolaise à des soldats mutins qui ont annoncé jeudi avoir repoussé les troupes régulières à 25 km au nord de Kanyabayonga.
Cette localité, de 35.000 habitants selon MSF, a été désertée par ses habitants et est livrée au pillage depuis dimanche.
Selon la Mission de l’Onu en RDC (Monuc), quelque 25.000 habitants ont fui en direction du nord, vers Kayna et Kirumba, et environ 1.500 autres en direction du sud, vers Rutshuru, où une équipe humanitaire de la Monuc est présente depuis deux jours.
« Une autre mission doit être envoyée à partir de Lubero (à environ 80 km au nord de Kanyabayonga) pour pouvoir accéder aux populations qui ont massivement fui dans la région de Kayna. En raison des combats à kanyabayonga, nous ne pouvons utiliser l’équipe de Rutshuru pour accéder à ces populations », a indiqué la Monuc.
