Ceci est la réalité de la guerre vécu par nos soldats qui sont au front. Et des quelques héros qui essaient tant bien que mal de faire de leur mieux pour que ces anonymes ne disparaissent pas comme des animaux.
C’est dans une bananeraie de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) que le sergent Mayaka des Forces armées congolaises (FARDC) a abandonné son uniforme, ses munitions et sa gourde. Tout ce qui pouvait le ralentir dans sa fuite et le faire identifier.
D’après les nombreux uniformes et munitions abandonnés dans la localité de Kinyondo, au milieu d’arbres sectionnés par l’impact des obus, une quinzaine de ses collègues du 433ème bataillon d’infanterie en ont fait autant, a constaté une journaliste de l’AFP.
Des photos éparpillées par terre montrent des hommes en tenue militaire, jeunes et souriants, en pleine forme physique.
« Il arrive que les militaires portent des vêtements civil sous leur uniforme. Ils savent que si jamais ils doivent fuir, ils ont moins de chance de se faire tirer dessus en civil qu’en tenue » militaire, explique un officier mutin.
Samedi 18 décembre, la localité de Kinyondo, à une quinzaine de km au nord de Kanyabayonga, était la position avancée des troupes gouvernementales qui se battent contre des soldats mutins depuis le 12 décembre.
Non loin de Kinyondo, dans une autre position défensive près d’un centre de santé cinq autres militaires ont été tués il y a déjà plusieurs jours au vu de l’état de leurs corps.
Autour de ces cadavres, quelques objets – très souvent sans valeur – qu’ils avaient du piller avant leur mort, cassettes de musique ou cahiers d’écolier.
Le centre de santé a été pillé par des hommes à la recherche de médicaments et de matelas.
Un agent de la Croix Rouge congolaise est à la recherche de cadavres. Là où d’autres s’enfuient en se pinçant le nez, lui enfile de gants en latex blanc et retourne les corps pour déterminer la cause exacte de la mort.
« Je viens voir combien de cadavres restent. Ensuite je reviendrai avec une équipe pour les enterrer », explique-t-il. Interrogé sur sa motivation à faire un travail à la fois désagréable et non rémunéré, il invoque simplement son « amour du prochain ».
Quelques habitants de Kinyondo rentrent après une dizaine de jours en brousse. Avec des bouts de bois, ils essaient de boucher les trous que les hommes armés ont fait à coup de grenades dans les murs de leurs maisons pour mieux les piller.
L’un d’eux, Mzee Kasereka, a été moins chanceux que les autres. Une machette à la main, il n’a pu que constater que sa hutte avait été entièrement détruite par un obus.
