«Trop c’est trop», entend-on dans les rues de Lubumbashi. Les populations ne sont pas contentes des nouvelles qu’elles apprennent en provenance de Kinshasa. Apparemment, confient quelques mineurs rencontrés dans la ceinture verte du chef-lieu du Katanga. Selon eux, les autorités centrales auraient choisi d’asphyxier les actions salvatrices entreprises par leur gouverneur Moïse Katumbi Chapwe.
Ils disent avoir appris qu’il se préparerait dans la capitale une démarche tendant à contrecarrer la mesure portant interdiction d’exportation des minerais bruts du Katanga. « Nous avons appris que 5 ou 6 Minings (NDLR : nom donné aux sociétés qui font de l’exploitation minière au Katanga) auraient obtenu des permis d’exportation des minerais concentrés », nous a confié Kanteng.
Pour ce mineur, exploitant artisanal de son état, ce serait bien là une manière bien mijotée de contourner la mesure d’interdiction d’importation des minerais bruts du Katanga vers la Zambie. Car, à sa connaissance, les bénéficiaires ne disposeraient pas de concentrateurs. Ils figureraient parmi les opérateurs miniers qui ne veulent pas installer des usines de traitement des minerais bruts au Katanga.
Il s’est dit peiné par ces méthodes de déstabilisation d’un cadre de la territoriale élu au suffrage universel et dont les premiers pas dans la gestion passent pour un succès indéniable.
20 MILLIONS USD DE RECETTES AU MOIS D’AVRIL
Et de renchérir : « Tout le monde a senti les effets bienheureux de cette mesure d’interdiction d’exportation des minerais bruts ; les caisses de l’Etat ont été renflouées en un temps record ».
Kanteng a déploré le fait que la rétrocession tarde à venir, allusion faite aux fameux 40 % dont parle la Constitution et que les députés doivent couler sous forme de loi. Là aussi, il a trouvé que l’on ne se pressait pas à la chambre basse du Parlement sur la question.
Pour rappel, la loi sur la décentralisation est inscrite à l’ordre du jour de la session en cours mais les représentants du peuple prennent tout leur temps. Il s’ensuit que le fonctionnement de l’appareil de l’Etat en province s’en trouve entravé, sinon perturbé. Les gouvernements et les assemblées provinciales ont été constitués. Ces organes ne peuvent pas fonctionner sans moyens.
L’on sent déjà l’asphyxie. Or, les recettes au Katanga ont triplé voire quadruplé selon les régies financières. Même le péage, considéré comme le parent pauvre des structures génératrices de recettes dans la province du cuivre, a réalisé des performances qui ont étonné. De 300.000 Fc, les recettes du péage sont passées à 1.200.000 Fc de réalisations par mois. Un record qui a été salué par tous.
De mieux en mieux, les recettes des régies financières, DGI et OFIDA, ont atteint le cap de 20 millions Usd au mois d’avril dernier.
DECOURAGER LES BONNES VOLONTES
De telles réalisations, plus que performantes, mériteraient des fleurs et non des pierres à l’endroit de l’artisan principal. Lequel est déterminé à accompagner le chef de l’Etat dans la réalisation de ses cinq chantiers, endossés depuis lors par le gouvernement de la 3ème République.
Mais à voir le comportement affiché par certaines autorités à différents niveaux, vouloir une chose et son contraire, semble être le mode d’emploi. Celles veulent briller par des discours pompeux alors que dans la pratique, elles sont des fieffés fossoyeurs de l’Etat. Elles s’évertuent, pour des raisons obscures, à mettre les bâtons dans les roues des personnes animées de bonne volonté. L’impression est que l’on voudrait pousser Moïse Katumbi à la démission
La population au Katanga se demande si leur gouverneur va céder à cette nouvelle forme de chantage qui viendrait d’en haut. Les Katangais ne le souhaiteraient pas, cela signifierait le retour à la case départ, celle de la misère. Ils ont commencé à sentir les effets du changement prôné par leur gouverneur. La desserte en eau potable et en électricité s’améliore au jour le jour.
Rwashi Mining a terminé en un temps record la construction de l’usine de captage d’eau dans la commune du même nom. « Le harcèlement du gouverneur Moïse Katumbi a été tel que l’exposition prolongé de ma tête a fini par m’arracher tous mes cheveux », a témoigné le responsable de Rwashi Mining en montrant sa calvitie qui brillait au soleil caniculaire de cette saison.
Quant à la construction des routes, elle avance à pas de géant. 60 km ont été construits en deux mois alors que la même entreprise avait mis deux mois pour réaliser seulement 25 km. Du côté social, il est noté la régularisation de l’emploi pour environ 12.800 journaliers prestant dans les entreprises minières et commerciales.
Le Smig katangais de 100 Usd tend à faire l’unanimité. Les employeurs récalcitrants se trouveraient sous les projecteurs du numéro un du Katanga. Nous y reviendrons.
