Malgré la baisse du dollar américain
Biens et services : hausse généralisée des prix 1791

Malgré la baisse du taux de la devise américaine constatée ces derniers temps sur le marché de change, les prix des biens et services sont restés inchangés. Cette situation met à mal les ménagères qui éprouvent d’énormes difficultés à remplir leurs paniers.

Les prix des biens et services ont pris de l’ascenseur depuis quelques jours à Kinshasa. Une situation paradoxale alors qu’on observe, sur le marché de change, la chute du dollar américain, principale devise de référence dans les transactions commerciales en République démocratique du Congo.

Négociée à 570, voire 580 Fc au marché noir, il y a deux semaines pratiquement, la devise américaine se change aujourd’hui 540 Fc. Curieusement, les prix des articles, non seulement n’ont pas baissé mais flambent au contraire. A titre d’exemple, un poulet de poids «12» qui se vendait à 1.800 Fc se vend aujourd’hui à 2.200 Fc. Une boîte de lait de 1.500 grammes qui revenait à 8.000 Fc coûte aujourd’hui plus de 11.000 Fc. Le papier hygiénique est passé à 150 Fc, alors qu’il se vendait à 80 Fc, il y a quelques jours. Les savons Brillant, Monganga, et une mesure (sakombi) de haricot vert vendus respectivement à 110 Fc, 60 Fc, 450 Fc quand le dollar se négociait encore à 570 Fc, ont gardé le même prix.

Interrogée par Le Potentiel, une vendeuse du marché central de Kinshasa accuse les commerçants expatriés qui se croient, selon elle, dans une jungle. Elle explique : «Nous ne comprenons plus rien. Dans les magasins des Libanais, une boîte de tomate concentrée qui coûtait 180 Fc revient actuellement à 250 Fc. Beaucoup d’autres articles ont connu de hausse de prix alors que le taux du dollar américain a baissé. Allez-vous y comprendre quelque chose. Quand vous leur demandez de justifier cette hausse, il vous menace d’appeler la police, qui les protège.»

Un vendeur témoigne : «Je crois que sous d’autres cieux, les commerçants étrangers ne se comporteraient pas de la sorte comme c’est le cas en RDC. La loi doit être opposable à tous, même aux expatriés, Libanais, Chinois ou autres Indo-pakistanais soient-ils. L’Etat congolais doit prendre des mesures qui s’imposent pour faire respecter la loi.» Et un autre de faire remarquer : «Nous, vendeurs, achetons chez eux en détail. Ce qui n est pas normal car, selon la loi, le petit commerce est réservé exclusivement aux nationaux. C’est ainsi que, pour avoir un bénéfice, nous réajustons nos prix. A tout prendre, nos frères expatriés opérateurs économiques procèdent à un sabotage de l’action gouvernementale dans ce secteur.»

Deux hommes d’affaires libanais contactés par Le Potentiel à ce sujet se sont abstenus à toute déclaration.

LES PEINES DE LA MENAGERE

C’est avec beaucoup de peine que les ménagères parviennent à remplir leurs paniers à cause de la flambée des prix des produits de première nécessité. Les commerçants et vendeurs justifient cette hausse par la dépréciation de franc congolais face au dollar américain. Cette justification est, à ce jour, considérée comme un prétexte au regard de la baisse constatée du taux du dollar depuis plusieurs jours sur le marché kinois. Et les opérateurs économiques ont réajusté les prix de leurs articles. Et ce, pour cumuler illicitement les bénéfices.

Selon un responsable du service de l’économie rencontré au marché central de Kinshasa ayant requit l’anonymat, plusieurs opérateurs économiques ne respectent pas la marge bénéficiaire imposée par la loi. Ils se comportent en intouchables sur base des liens qu’ils ont tissés avec les autorités « J’ai failli être lynché et risqué de perdre mon emploi lorsque j’ai reproché un opérateur économique expatrié de ne pas respecter la marge bénéficiaire. S’étant servi de son téléphone, une autorité m’a menacé et les agents de l’ordre commis à la surveillance du magasin m’ont intimé l’ordre d’évacuer les lieux ».

« Ces étrangers étant soutenus, l’application des sanctions contre les commerçants contrevenants devient difficile pour les agents des affaires économiques », s’est-il plaint. Comme on peut le constater, les autorités congolaises qui entretiennent des relations avec certains opérateurs économiques expatriés, ont une grande part de responsabilités dans la hausse généralisée de prix sur le marché.

Aussi faut-il qu’elles prennent conscience du rôle qu’elles sont appelées à jouer et cessent de soumettre toute une population à leur seule volonté égoïste. Ce, en soutenant à la fois une chose et son contraire.

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