Marche réprimée de l’UDPS du 22/03/2006 à GOMA : des questions à Azarias Ruberwa 737

Selon les informations parvenues au Phare n° 20803 du jeudi 23/03/2006, la marche de l’UDPS, organisée à GOMA mercredi 22/03/2006, pour réclamer la réouverture des bureaux d’enrôlement, a été réprimée avec une brutalité et une violence disproportionnées par les éléments de la police, sous la conduite d’un certain colonel Jérémie, n° 2 de la police du Nord Kivu, et du maire de la ville de GOMA.

En effet, les sources du Phare rapportent que les militants de l’UDPS ont été brutalement dispersés à 9 heures par des policiers sur ordre de deux autorités locales précitées alléguant la non autorisation de la marche. On apprend que le président fédéral de l’UDPS Nord Kivu, Monsieur Rubens MIKINDO, s’est fait arrêté, brutalisé, torturé, frappé et humilié, tel un malfrat, par les éléments du colonel Jérémie, après une traque de deux heures dans la ville. Il a été embarqué dans la jeep du fameux colonel pour une destination qui n’a pas été révélée au Phare.

Comme si tous les actes de brutalité perpétrés sur la personne de Monsieur MIKINDO ne suffisaient pas, les policiers ont poussé leur vandalisme jusqu’à narguer le collaborateur de Tshisekedi en lui disant que c’en était fini pour eux, Goma n’étant pas, selon eux, Mbuji Mayi.

Pendant qu’à Kinshasa, la MONUC et les ONG de défense des droits de l’homme rivalisaient d’ardeur en félicitations aux autorités politico-administratives de la ville sur la manière correcte dont les policiers, à la matraque d’habitude si facile, s’étaient cette fois comportés, à Goma, le maire de la ville et le numéro 2 de la police, violaient allégrement la constitution de la république en maltraitant les dignes fils du pays qui exerçaient leurs droits, au motif ridicule que la marche n’avait pas été autorisée.

Des regards se dirigent tout de suite vers le Vice-président de la république en charge de la politique, défense et sécurité dont la voix s’est toujours élevée bien haut pour exprimer son indignation chaque fois que des tels actes se sont commis à Kinshasa.

Des questions viennent tout de suite à l’esprit de tout homme bien pensant : la première est celle de savoir pourquoi la marche n’a-t-elle pas été autorisée ? La deuxième : pourquoi les autorités censées connaître la loi invoquent-elles tout le temps le défaut d’autorisation, alors que celle-ci n’est nullement spécifiée dans la très moderne constitution comme condition de tenue d’une marche pacifique ? Bien au contraire, l’article 26 de la constitution de la république dispose que les manifestations sur la voie publique devraient plutôt faire l’objet d’une information à l’autorité compétence, non, pour demande d’autorisation, mais afin que des dispositions soient prises pour l’encadrement.

La troisième question : quand la loi des lois consacre la liberté règle et l’interdiction exception, pourquoi des agents de l’ordre se rendent-ils coupables des excès de zèle en invoquant abusivement des dispositions légales qu’ils ne connaissent pas, ou qu’ils s’arrangent à ne pas connaître ?

La quatrième question et la plus préoccupante : pourquoi les policiers qui ont torturé le président fédéral de l’UDPS décrètent que Goma n’est pas Mbuji Mayi ? Il y a fort à craindre que de tels propos, proférés par les membres d’un corps réputé ‘‘muet’’ ne soit que la cime émergée d’une intolérance politique véhiculée par certains extrémistes que le vice-président ne voyait jusque-là que dans les rangs du PPRD à Kinshasa et au Sud Kivu. Les inquiétudes des observateurs sont d’autant renforcée qu’à la veille de la tenue des élections dites transparentes et crédibles, des éléments de la police, pourtant apolitiques, donnent l’impression d’avoir pris faits et causes pour certaines formations politiques au détriment d’autres.

Et la dernière question est celle de comprendre pourquoi la dérive de Goma n’a pas bénéficié de l’habituelle condamnation véhémente de Manywa ? A cette question, la réponse ne peut venir que de l’intéressé pour faire mentir la conviction qui fait son chemin dans l’esprit des observateurs que le silence du vice-président se justifie par le fait qu’il aurait apporté sa caution à la bavure, rien ne se faisant à Goma à son insu.

Et la seule façon pour Manywa de faire mentir cette conviction est de faire subir toute la rigueur de la loi au maire de la ville de Goma, au numéro 2 de la police et aux éléments ayant brutalisé le responsable de l’UDPS, pour avoir violé la constitution de la république. Ces policiers, membres d’un corps voulu expression par excellence de l’unité nationale, devraient subir un châtiment exemplaire qui avoir tenu des propos séparatistes et ethno-régionalistes, confinant les activités d’un parti politique à une partie géographique du pays, en violation de la constitution et de la loi sur l’organisation et le fonctionnement des partis politiques qui consacrent pourtant le caractère national de tout parti politique.

En effet, il convient qu’à de tels propos soit réservé une réponse dissuasive de la part des autorités du pays pour stopper net ces attitudes de haine et de tribalisme relayées par certains médias au pays et sur Internet, par des politiciens extrémistes et leurs comparses, en mal d’arguments politiques.

Manywa a donc là l’occasion de se donner une autorité morale sur le leadership de la transition et de s’accorder les coudées franches pour poser, dans les actes, les fondements d’un état uni, républicain et garant des droits et libertés des citoyens, en commençant par sévir face à ces pratiques d’un autre âge à GOMA où rien ne se fait sans lui.

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