Liège. Ce mardi 16 mai 2006, de 11 heures à 14h00, les congolais de Liège ont organisé une marche pour dénoncer la politique de monsieur Patrick DEWAEL, ministre belge de l’intérieur.
L’élément déclencheur de cette colère est la diffusion au Congo il y a peu, d’un reportage sur les centres fermés de Belgique où croupissent un certain nombre de congolais.
Organisée par l’Association « Debout Pour Le Congo » DPLC en sigle et le « Collectif de Résistance pour la Dignité des Congolais » COREDIC, la manifestation a joui aussi de l’apport du syndicat belge CSC ainsi que de l’UDEP, association des sans-papiers de Belgique.
Près de 150 personnes ont répondu à l’appel et parmi elles, un bon tiers de femmes de tout âge. Sous un encadrement discret de la police, la manifestation est partie de la gare de Liège Guillemin suivant cet itinéraire : Avenue Guillemin, Avenue Rogier, Boulevard de la Sauvenière, avec l’Hôtel de Ville comme point de chute.
Durant la marche, la plupart des manifestants portaient des panneaux reprenant les textes suivants :
« La Belgique ne peut accueillir la misère du Congo,
La Belgique doit accueillir toute la richesse du Congo. »
« (Belgique) Arrêtez de créer la misère au Congo pour ne pas l’accueillir chez vous »
« Nous sommes les enfants des mains coupées »
Quant à elles, les banderoles dénonçaient le mépris du gouvernement belge vis à vis des congolais, ainsi que le journaliste congolais par qui le scandale est arrivé.
Durant la marche, en guise de protestation contre le ministre belge de l’Intérieur, les manifestants se sont arrêtés à trois reprises s’asseyant tous sur le macadam et interrompant la circulation : Place Saint Jacques, Place Cathédrale, et enfin place Saint Lambert.
À treize heures, une délégation de huit personnes dont trois dames congolaises et une belge sont reçus par le bourgmestre Willy DE MEYER, qui était quelques jours plus tôt à Lubumbashi, dans le cadre du jumelage entre Liège et la capitale congolaise du cuivre.
Avant de déposer son mémo, la délégation aborde sans détour les problèmes qui tient les congolais de Liège à cœur :
– la situation inhumaine et dégradante dans laquelle vivent les sans-papiers.
– La stigmatisation de la communauté congolaise alors qu’elle ne constitue pas le plus gros lot de demandeurs d’asile en Belgique.
– La navigation à contre-courant du gouvernement belge dans sa politique congolaise par le soutien à un processus électoral boiteux qui cherche à légitimer des étrangers à la tête du pays.
– Le filmage des gens dans un centre fermé, une prison en réalité, et diffusion de leurs images sans l’avis des concernés.
– L’application d’une démocratie à deux vitesses. La bonne pour les belges en Belgique, la parodie de démocratie pour les congolais au Congo, 46 ans après lui avoir accordé l’indépendance. Illustration ? On rabat les oreilles de l’opinion belge pour les élections présidentielles, alors que la logique dans le cas du Congo impose de commencer par les élections locales.
Calme et serein, le bourgmestre promet de transmettre à qui de droit l’ensemble des récriminations des congolais qui ne relèvent pas de sa compétence : au pouvoir fédéral, aux fédérations des grands partis, et surtout aux députés fédéraux, ont qui ont mission de contrôler le gouvernement.
.JPG>Quant au problème des sans-papiers, tout en reconnaissant certaines situations comme la longueur de la procédure, le bourgmestre a rappelé les réalisations de sa commune en matière de gestion de la situation des sans-papiers. En passant il conseillera aux organisateurs des manifestations de ne pas exposer inutilement ceux qui sont en séjour irrégulier, et surtout ne pas les instrumentaliser.
À la sortie de l’audience, les délégués rendent compte aux leurs. La télévision belge (RTBF) qui est arrivée dans l’entre-temps en profite pour recueillir quelques déclarations.
