Les électeurs affluent pour un scrutin historique en RDC 1147

Dimanche 30 juillet 2006, 20h35
KINSHASA (Reuters) – Les Congolais se sont apparemment déplacés en masse pour voter dimanche à l’occasion d’un scrutin historique, dans l’espoir de mettre fin aux années de guerre et de corruption qui ont laissé le pays exsangue.
Faisant fi des rebelles qui ont menacé de troubler le bon déroulement de la journée, les électeurs ont bravé la pluie pour se rendre aux urnes.

Excepté un bureau de vote incendié et des électeurs menacés dans la province du Kasaï oriental, située dans le sud-centre du pays, le scrutin se déroule dans le calme, l’ordre et l’enthousiasme, ont indiqué des témoins, des responsables des élections et la radio de l’Onu.

Ces élections présidentielle et législatives, premier scrutin pluraliste en République démocratique du Congo depuis 40 ans, sont supervisées par la plus grande force de maintien de la paix, la Monuc, qui compte 17.000 hommes. Cette force est, en outre, épaulée par un contingent européen de deux milliers de soldats, dont 1.200 prépositionnés au Gabon voisin.

Des policiers congolais et des casques bleus de l’Onu ont été stationnés dans des écoles, des églises et sous des tentes reconverties en quelque 50.000 bureaux de vote pour les 25 millions d’électeurs inscrits.

« C’est un grand événement. J’ai 44 ans et c’est la première fois que je vote », raconte Zawadi Unega en déposant son bulletin dans l’urne.

Le président sortant Joseph Kabila, au pouvoir depuis l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila en 2001, est le favori de l’élection présidentielle.

« C’est le jour le plus important de l’histoire de notre pays depuis 1960. En dernier ressort, le véritable vainqueur sera le peuple congolais », a affirmé Kabila au moment de voter à Kinshasa.

ELECTEURS DESORIENTES

Ils sont en tout 32 candidats à briguer la magistrature suprême, dont plusieurs anciens chefs rebelles.

Parmi eux, deux des principaux candidats d’opposition, Jean-Pierre Bemba et Azarias Ruberwa, se sont rendus aux urnes mais ont critiqué certaines « irrégularités ».

« J’accepterai les résultats s’ils sont transparents », a prévenu Ruberwa.

A Kinshasa, les bulletins de vote, de la taille d’un journal et épais de six pages, présentant les noms des centaines de candidats aux législatives, ont désorienté les électeurs.

Pas moins de 9.700 candidats briguent les 500 sièges de l’Assemblée nationale.

L’est du pays, où les opérations de vote ont débuté ce matin, a été marqué par une forte participation, malgré les milices de rebelles très actives dans ce secteur.

« Je suis venue tôt parce que j’aime mon pays et que nous voulons la paix », explique Barbara Asha, après avoir voté dans la ville de Goma, dans l’est de la RDC.

Ces élections sont le point culminant du processus de paix élaboré il y a trois ans pour mettre fin à une guerre qui a fait près de quatre millions de morts entre 1998 et 2003. Elles sont supervisées par plus de 1.200 observateurs internationaux.

Les bureaux de vote doivent fermer à 16h00 GMT.

La commission électorale espère pouvoir annoncer les résultats du premier tour d’ici trois semaines, mais certains redoutent qu’ils soient alors contestés par les perdants.

Si aucun candidat ne remporte 50% des voix à l’issue du premier tour, un second tour sera organisé, probablement fin octobre, pour départager les deux candidats arrivés en tête. /JCL/MV

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