LE SECRETAIRE GENERAL DU PARTI DE KABILA SOUS LE GAZ LACRYMOGENE A PARIS 372

Ce vendredi 22 juillet 2005 à Paris, monsieur Vital KAMERHE, Secrétaire général du parti de monsieur Kabila a passé une soirée dont il se souviendra toute sa vie.Tenant une conférence pour le compte du Parti de la mouvance présidentielle, Sieur Kamerhe n’a pu aller jusqu’au bout de sa besogne, suite à une intervention musclée d’une délégation de congolais de Belgique.

Selon les propos recueillis auprès de monsieur Henry MUKE président des Bana Congo et confirmés par des sources indépendantes concordantes, le tout est parti d’une marche initiée par l’association TOPONI CONGO de Paris, contre le pouvoir en place à Kinshasa.

Une quinzaine de congolais de Belgique avaient fait le déplacement. Alors qu’ils étaient au niveau de Château Rouge pour le début de la marche, les belgicains apprendront qu’au même moment, Monsieur KAMERHE tenait une conférence dans une salle au niveau de la Porte de la Chapelle. Un bus aurait été loué pour amener des congolais de Belgique applaudire le propagandiste de Kabila, moyennant une rondelette somme de 200 €.

Apprenant l’information, le groupe des belgicains se scinde en deux. Une partie reste à la marche, l’autre se rend au lieu de la conférence. Quand ils arrivent, trois orateurs du PPRD trônent sur le podium, Monsieur Kamerhe au centre. La conférence vient de commencer. Il y a une soixantaine de personnes dans la salle, apparemment acquises à la cause de la mouvance présidentielle. À observer leurs applaudissements intempestifs.

Dans son message, l’orateur s’en prend aux politiciens présents sur la scène politique congolaise depuis l’indépendance en passant par la CNS, conférence nationale Souveraine. Une allusion ironique est faite contre l’APARECO de monsieur Ngbanda. Bref, le démocrate, le sauveur du Congo, l’homme providentiel, c’est… le Président actuel du Congo. Encore un peu, le propagandiste du PPRD proclamerait déjà son candidat élu à vie avec 99,99%.

Au moment où l’orateur parle de la mort des victimes du 30 juin dernier , il minimise ce drame, en comparaisons dira-t-il, avec les méfaits de la deuxième république. Une vague de réprobation secoue alors la salle. A ce moment Henry MUKE de Bana Congo arrache la parole, n’acceptant pas qu’ on souille ainsi la mémoire de ces innocents. S’en suit un échange virulent de paroles. « NAZA NYAMA YA ETUMBA » dira mr KAMERHE (je suis une bête de guerre). C’était sans connaître le jusqu’au-boutisme des congolais de Belgique quand ils militent pour la cause de leur peuple. Panique, désordre, excuses tardives de Kamerhe, tentatives de calmer les esprits, podium occupé, menaces, gaz lacrymogène, boules puantes, coups, Kamerhe par terre…bref un spectacle digne d’une république bananière. La quiétude ne reviendra plus.

S’en prenant aux organisateurs de la manifestation, Kamerhe lancera « Vous m’avez piégé, ba nyama » (Vous m’avez piégé, animaux de la brousse) .Le désordre étant devenu total, la salle se videra progressivement, avec Kamerhe toujours à l’intérieur sous le gaz lacrymogène. La pression continuera dehors. Des dizaines de véhicules de la police arrivent, des voitures sont brûlés, renversés ou saccagés.

C’est sous une très forte protection policière que tard dans la soirée, sieur Kamerhe sera extirpé de la salle, pratiquement tiré par le collet afin qu’il ne soit pas happé par les manifestants. Le bus loué par les gens du pouvoir pour sa délégation de Belgique rentrera à moitié vide, les passagers paniqués, s’étant éparpillés dans les rues de Paris, fuyant la colère de leurs compatriotes qui se battent pour un Etat de droit au Congo.

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