Cela pourrait être le titre d’un grand film à suspens à la sauce hollywoodienne. Un film dont la trame tiendrait en haleine le spectateur et qui aurait un dénouement heureux, comme la plupart du temps dans les œuvres cinématographiques.
Mais seulement voilà, ce qui se passe au Congo, ce fameux Congo démocratique où les gens se font massacrer par « les forces de l’ordre », par des milices à géométrie variable ou encore par des hommes en arme non-identifiés, ce qui se passe dans le pays de l’homme qui à « réussit sa mission de pacification » durant les dernières cinq années qu’il a passé au sommet de l’État, tout ce qui se passe en R.D.C. en ce moment n’a rien d’un film pour ceux qui en sont les victimes.
Pour notre plus grand malheur, il faut souligner que le silence qui a accompagné certaines tragédies qui se sont déroulées au Congo depuis ces 10 dernières années est un thème récurrent dans le chef de nos gouvernants et de leurs parrains extérieurs. Je me rappelle en particulier les millions de morts congolais victimes de la « marche triomphale » du « conglomérat d’aventuriers » (dixit son leader de l’époque, le Mzee Laurent Desiré Kabila). Je songe aussi à ces mots terribles de Mr. Ross Mountain, numéro deux de la MONUC et spécialiste des affaires humanitaires de l’ONU qui parlait du chiffre de 1200 morts par jour de faits de guerre en 2005, ce qui équivalait à un tsunami tous les trois mois. Et plus récemment, je pense avec tristesse aux morts de la province du Bas-Congo, de Minembwe et aux victimes des soudards de Nkundabatware dans le Kivu.
Mais le sommet de l’État ne pipe pas mot sur ces maux ! Pas de visites sur le terrain du Pacificateur, du Chef de l’Exécutif, pas plus que des personnalités marquantes et influentes qui roulent carrosse dans cette capitale rétive qui leur est hostile.
Dans les vraies démocraties, pareil tragédie donne au peuple l’occasion de recevoir physiquement leurs élus pour une association réconfortante dans la douleur et le deuil. Mais chez nous, dans notre démocratie née de la corruption, de la manipulation et de l’ingérence externe, les morts de la transition ne comptent pas pour les tenants du pouvoir. Si vous parlez des 134 morts du Bas-Congo (selon les chiffres de la Monuc), on vous recrachera les massacrés de Lubumbashi sous le règne du Léopard. Comme si ceci justifiait cela, alors qu’il n’en est rien. Un massacre de civil reste tout aussi horrible aujourd’hui que d’antan. Les balles des hommes de Mobutu sont pareilles que celles des hommes qui servent aujourd’hui dans la police et l’armée congolaise.
Je me pose alors un drôle (excusez le jeu de mot) de question :
Est-ce une vengeance qui est en cours pour laver la mémoire des étudiants d’UNILU et des victimes tombées à l’Est que l’Ouest est maintenant frappé par les balles gouvernementales ?
Avant de refermer mon encart, je précise bien que je ne crois pas à une quelconque ligne de démarquage Est/Ouest. Le Congo est et doit demeurer un et indivisible.
Saluez bien votre conscience
