Dr Tharcisse Loseke a fait une déclaration puissante et pleine de conviction lors du congrès mondial des congolais, nous vous la livrons in extenso ici, pour vous donner envie de la lire: »Nous avons déjà fait trop d’analyses et des réflexions sur notre pays. Nous avons tenu beaucoup de discours. Nous avons beaucoup écrit. Le peuple congolais est fatigué de tout cela. Le moment est venu de passer aux actions. Nous devons montrer aux dirigeants congolais actuels que le peuple ne veut plus de ceux qui occupent le pouvoir pour leurs intérêts personnels. Nous devons dire haut et fort que nous ne méritons pas ces dirigeants là. »
CONGRES DES CONGOLAIS VIVANT A L’ETRANGER
Bruxelles, Mai 2005
Communication du Collectif pour la Démocratie et la Paix « CODEPA » asbl faite par le Prof Dr Tharcisse LOSEKE NEMBALEMBA, Président.
Chers compatriotes,
Il y a de cela deux ans que les négociateurs au DIC avaient accordé une légitimité consensuelle aux animateurs actuels de la transition avec des objectifs précis notamment celui de l’organisation des élections endéans une période de 24 mois.
Que constatons-nous aujourd’hui ? Non seulement aucun objectif leur assigné n’a été atteint ; mais plus grave encore ils ont géré le pays au mépris du peuple congolais qui croupit dans une misère la plus insoutenable. Plutôt que de chercher à organiser les élections pour conduire les congolais aux élections qui étaient normalement prévues au plus le 30 juin 2005, les animateurs de la transition actuelle ont passé ces 24 mois à faire une course effrénée à un enrichissement insolent et illicite en pillant systématiquement les ressources financières et minières de notre pays ; cela au vu et au su du peuple congolais et de la communauté Internationale. Actuellement, le peuple dit ouvertement aux animateurs actuels qu’ils ont échoué, ils se sont disqualifiés et, par conséquent, qu’ils doivent tous partir. De gré ou de force, ils doivent partir.
Mais nous constatons qu’ils veulent maintenant faire de la résistance en évoquant maladroitement les dispositions de l’alinéa 2 de l’article 196 de la Constitution de la transition. Ce juridisme de mauvais goût est une stratégie pour nous distraire. Car, en effet, comment peut-on prolonger un processus électoral qui n’a même pas encore commencé ? Il n’y a pas encore eu en RDC : ni les opérations préélectorales, ni référendaires, ni opérations électorales proprement dites. Les gesticulations de l’Abbé Malu Malu servent tout simplement à nous endormir et duper la Communauté internationale.
Nous devons ici souligner de manière ferme que la durée de la transition est de 24 mois tout court. Il n’y aura pas une minute ni seconde de plus. La problématique de la prolongation n’est pas uniquement juridique, mais elle est surtout politique.
Le problème majeur qui se poserait le 1er juillet 2005 est celui de la source de légitimité pour l’exercice du pouvoir à partir de cette date dès lors que l’Accord global et Inclusif sera caduque avec la chute du schéma 1+4. A cela nous avions longuement réfléchi pour apporter une réponse appropriée notamment lors d’une réunion tenue à Kinshasa au mois de septembre dernier avec le Président National de l’UDPS.
Nous estimons que la seule alternative valable et réaliste à l’heure actuelle est le retour à l’ordre institutionnel issu de la CNS. Nous ne le disons pas par nostalgie ou par souci de positionnement d’un leader politique, mais tout simplement par réalisme politique.
Pour ceux qui seraient tentés de dire que le schéma de la CNS est révolu ou dépassé, nous leur demandons de bien réfléchir froidement plutôt que le dire de manière sentimentale ou relayer certaines déclarations des journaux proches du pouvoir. A ce sujet, je voudrais donner quelques éléments d’information pour enrichir leurs réflexions :
1. la CNS est l’unique forum national depuis l’indépendance de notre pays qui a réuni 2850 délégués venant de toutes les couches de la population congolaise,
2. les résolutions de la CNS ont été adoptées, au nom du peuple congolais, présent et à venir. Elles sont et demeurent impératives, exécutoires et opposables à tous.
3. l’ordre institutionnel de la CNS n’a été amendé, et non abrogé, qu’une seule fois pour créer le HCR-PT. Aucun texte juridique promulgué après: ni le décret 001 de Kabila père, ni l’actuelle Constitution de la transition n’a abrogé l’ordre institutionnel de la CNS. D’ailleurs, il y a un Arrêt de notre Cour Suprême de la RDC rendu dernièrement à Kinshasa dans ce sens.
4. le schéma de la CNS avait comme objectif principal de conduire le peuple congolais aux élections endéans 24 mois.
5. l’arrivée de Kabila père avec l’AFDL a créé une parenthèse politique chaotique qui devra normalement s’arrêter le 30 juin 2005.
En conséquence, nous disons que la seule alternative raisonnable au lendemain du 30 juin 2005 est le schéma institutionnel de la CNS pour éviter un vide juridique préjudiciable à notre pays. Il est évident que les ajustements de ce schéma sont toujours possibles et souhaitables à cause de l’évolution politique dans notre pays.
Chers compatriotes,
Nous avons déjà fait trop d’analyses et des réflexions sur notre pays. Nous avons tenu beaucoup de discours. Nous avons beaucoup écrit. Le peuple congolais est fatigué de tout cela. Le moment est venu de passer aux actions. Nous devons montrer aux dirigeants congolais actuels que le peuple ne veut plus de ceux qui occupent le pouvoir pour leurs intérêts personnels. Nous devons dire haut et fort que nous ne méritons pas ces dirigeants là.
Comme ils ont commencé à faire de l’intoxication et de l’intimidation pour décourager la population, nous devons nous mobiliser tous comme un seul homme pour réussir les actions de résistance que nous allons entreprendre. Pour cela, nous n’avons pas besoin de personnes peureuses et tièdes. C’est avec courage et détermination, à l’instar de certains pays de l’Europe de l’Est et d’Afrique, que nous allons gagner. CETTE FOIS-CI : ou ça passe ou ça casse.
Pour ceux, particulièrement les jeunes, qui ont peur de nous rejoindre dans les manifestations imminentes, nous leur disons qu’ils sont en train de rater une occasion unique de changer le cours de l’histoire de notre pays.
Pour terminer, je voudrais dire un mot à propos de la violence dont on nous parle depuis plusieurs mois. C’est tout simplement de l’intoxication car manifester pacifiquement son mécontentement est l’essence même d’une démocratie. Cela n’a rein à voir avec la violence ou le terrorisme.
Tosila kokufa na nzala, maladi na mpasi ebele ; mbala oyoo tokufa libela. Oyo ekoya eya.
Je vous remercie.
Prof. Dr Tharcisse LOSEKE NEMBALEMBA, MD, PhD
Président du Collectif pour la Démocratie et la Paix, Codepa, asbl
