PROJET DE CONSTITUTION DE LA 3e REPUBLIQUE : Première victoire de Joseph Kabila, sans coup férir, au 276

PROJET DE CONSTITUTION DE LA 3e REPUBLIQUE:Première victoire de Joseph Kabila, sans coup férir, au processus électoral et ses remerciements au Parlement.Le week end dernier a été une grande fête dans la famille politique de Joseph Kabila (PPRD et alliés) après l’adoption par l’Assemblée Nationale du projet de Constitution taillée sur mesure. Le champagne a coulé à flot dans les milieux proches de Joseph Kabila ; le tout couronné par le soutien formel apporté par Monsieur THABO MBEKI, Président sud-africain, à son homologue congolais par sa présence au Parlement de transition lors du « prétendu discours bilan de la transition » prononcé par ce dernier devant les Parlementaires transitoires convertis en applaudisseurs dignes d’une certaine époque révolue.

Décidément, le Président Joseph Kabila a eu tous ses partenaires politiques de la transition à l’usure. Certains vont jusqu’à insinuer que cela s’est fait à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes. Même dans l’éventualité où cette affirmation s’avérerait fondée ; ce qui est évident est que le PPRD, qui a soutenu mordicus ses options de la future constitution, l’a fait avec la perfection d’orfèvre. Toutes les options fondamentales soutenues par le PPRD sont passées à l’Assemblée Nationale comme une lettre à la poste. Cette victoire des kabilistes à cette première étape du processus électoral n’était pas inattendue car tout le monde était convaincu que dans les Institutions de la transition, Joseph Kabila et sa famille politique restent maîtres à bord. Nous ne pouvons que donner raison à Vital Kamhere, Secrétaire Général du PPRD, qui a toujours affirmé que le PPRD est la seule force politique au sein des Institutions actuelles de la transition qui dispose d’un projet de société cohérent à soumettre au peuple congolais.

La guerre meurtrière inutile

C’est le moment de se demander pourquoi les autres belligérants ont pris des armes pour faire la guerre aux Kabila père et fils occasionnant ainsi inutilement près de 5.000.000 de morts des congolais en cinq ans. Aujourd’hui on se rend compte que ce ne sont que des jouisseurs qui étaient à la recherche d’un pouvoir pour le pouvoir sans réelle volonté de répondre aux aspirations de la population, cadet de leurs soucis. Tous les responsables de ces composantes se sont alignés comme les moutons de Panurge derrière les kabilistes en vue de conserver leurs privilèges actuels et espérer en avoir d’autres dans les mois à venir avec l’espoir d’une éventuelle prolongation automatique de la transition. Du coup, ils se font plus menaçants et intolérants vis-à-vis du peuple qui veut exprimer son mécontentement à la date du 30 juin 2005.

Volte face du RCD

Une surprise de taille est venue du RCD qui a subitement abandonné ses options défendues avec acharnement il y a de cela quelques semaines seulement et surtout au regard des déclarations incendiaires faites par cette composante à la fin du séminaire interinstitutionnel du mois de mars dernier. Cette volte face subite du RCD fait réfléchir nombreux observateurs sur l’évolution politique à venir dans notre pays. Ce quasi unanimité autour des options constitutionnelles défendues par la famille politique de Joseph Kabila relance l’hypothèse d’un complot ourdi contre la RDC par ceux qui sont venus s’installer durablement au pouvoir en RDC avec la complicité de l’étranger. Il serait malheureux que les congolais replongent encore dans une instabilité politique et une dictature venue de l’extérieur. La souveraineté de la RDC n’a jamais été autant menacée qu’à l’heure actuelle dès lors que les animateurs politiques actuels privilégient leurs intérêts personnels.

Bipolarisation face au choix constitutionnel

Indiscutablement, les choses sérieuses commencent maintenant. Nous nous trouvons en présence d’une bipolarisation claire et nette. D’un coté, il y a la vraie opposition et les forces de changement qui soutiennent le Projet de constitution adopté à la CNS et, de l’autre, les animateurs actuels de la transition qui soutiennent le projet adopté vendredi 13 mai 2005 par l’Assemblée Nationale. Le peuple congolais devra faire le choix entre les deux projets de constitution. En d’autres termes, il devra rejeter massivement le projet adopté à la hâte par le parlement actuel si on veut éviter que la RDC ne retombe dans la dictature et l’instabilité politique au sommet de l’Etat.

Tentatives de court-circuiter le référendum constitutionnel

De plus en plus les rumeurs circulent au niveau des chancelleries occidentales pour court-circuiter l’étape du référendum constitutionnel en vue d’aller tout droit aux échéances électorales. La raison officielle avancée par les défenseurs de cette thèse serait le coût exorbitant du référendum constitutionnel dès lors, selon les partenaires extérieurs, que les moyens disponibles pour l’organisation de toutes les échéances sont limités et qu’il faudrait aller vite à l’essentiel. Mais la raison cachée est le rejet hautement probable par le peuple congolais du projet adopté par le Parlement de transition. Il est curieux que cette proposition vienne de la Communauté internationale, celle-là même qui ne cesse de proclamer qu’elle soutient le processus électoral en cours. Ce schéma ne fera qu’amplifier la crise politique car, en effet, il s’agit d’une violation flagrante des textes qui régissent la transition, l’Accord global et Inclusif et la Constitution de la transition. En outre, ce schéma serait un mépris du peuple congolais à qui on priverait l’une des opportunités politiques de s’exprimer sur l’avenir de la RDC. Aucun congolais ne pourra cautionner cette tricherie sous quelque prétexte que se soit.

Remerciements de Joseph Kabila au Parlement

Cela serait aussi une opportunité, pour ce même peuple, de sanctionner positivement ou négativement le bilan de la transition actuelle. Car, en effet, le bilan fait lundi dernier par le Président Joseph Kabila devant le Parlement n’a pas convaincu parce qu’il n’y a rein dit de neuf. Nous avons entendu une fois de plus le même discours distillé depuis longtemps par ses partisans avec un inventaire superficiel des réalisations sans impact réel sur le vécu quotidien de la population. Rien de bien concret n’a été dit sur l’essentiel, à savoir le calendrier électoral que tout le peuple congolais attendait avec impatience. Ce discours n’a été que de l’autosatisfaction et l’occasion de remercier les Parlementaires si l’on en juge au score de l’applaudimètre. Mais, nous ne devons pas oublier que le plus dur reste à faire.

Tharcisse LOSEKE NEMBALEMBA, MD, PhD

Collectif pour la Démocratie et la Paix, asbl

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