Congo : des forces de paix jugées peu orthodoxes ! 209

Mauvaise prise de responsabilité, communiqués erronés, échec de la hiérarchie à suivre les ordres : voici quelques uns des griefs qu’un rapport de l’ONU reproche aux forces de paix stationnées en République démocratique du Congo. Celui-ci accuse directement les casques bleus d’avoir échoué dans leur mission de protection de la population congolaise à un moment critique. « L’échec des forces de l’ONU pendant la crise a entaché la mission d’impuissance et de lâcheté », déplore le communiqué.

Ce sont particulièrement les opérations, lancées en 2004 contre des chefs militaires au Sud-Kivu, dans l’est du Congo, qui sont mises en cause. Enclenchées lors de la mission de l’ONU en RDC (Monuc), elles avaient comme objectif de mater la rébellion congolaise, soutenue par le Rwanda, dans une région où les rivalités ethniques sont très fortes. Le texte évoque notamment la situation de la ville de Bukavu en juin dernier. Bukavu était en effet tombée aux mains des troupes du général Laurent NKunda entre le 2 juin et le 9 juin 2004, entraînant l’assassinat d’un grand nombre de notables du Sud-Kivu, alors que 800 casques bleus y étaient affectés au maintien de la paix. Après la chute de la ville, des manifestations violentes contre la Monuc ont eu lieu à Kinshasa et dans plusieurs villes de l’est de la République démocratique du Congo. Elles dénonçaient sa passivité, voire même sa complicité avec les soldats dissidents.

Et ce n’est pas la première fois que l’attitude des forces de paix en RDC est montrée du doigt. La Monuc, qui compte 16 700 hommes pour un budget annuel proche du milliard de dollars, est pourtant la plus importante et la plus chère opération de paix mise en place par les Nations Unis. Mais elle a régulièrement été dénoncée, non seulement pour son impuissance sur le plan militaire, mais également pour les comportements de ses soldats, jugés peu orthodoxes. Récemment, un scandale pour des abus sexuels sur mineurs avait éclaté en son sein. Face à ce nouveau coup dur, le directeur de l’information publique de la Monuc, M. Saïki, a souligné qu’il ne s’agissait que d’un simple examen interne « des actions passées afin d’en tirer les leçons, des choses positives pour les reconduire, et des échecs pour ne pas les réitérer » et non d’une enquête à proprement parler. Toutefois, la Monuc semble loin d’être sortie de la zone de turbulences qu’elle traverse depuis plusieurs mois…ce qui est un comble pour une mission de paix !

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