Ce vendredi 30 juin 2006, près de deux mille congolais ont marché dans les rues de Bruxelles pour clamer la fin de la transition au Congo, attirer l’attention de l’opinion belge et internationale sur les conséquences que cela pourrait entraîner.
Il est onze heures quand les manifestants commencent à arriver à la station métro Porte de Namur, point de rassemblement. Ils viennent de toute la Belgique ainsi que de plusieurs pays européens : France, Angleterre, hollande, Allemagne, Italie.
Plusieurs médias belges et internationaux sont là. Les reporters de la RTBF et de la VRT radio interviewent aussi bien les manifestants que les organisateurs. Et les questions suivantes reviennent :
– Pourquoi la manifestation
– Quelle est la position des congolais de l’étranger vis-à-vis du processus électoral.
Et en retour, quelles réponses reviennent invariablement ?
– Il faut des élections en RD Congo pour mettre fin à la crise de légitimité
– Les élections ne doivent pas s’organiser n’importe comment.
– Le pouvoir en place avait deux ans et deux fois six mois pour organiser les élections. Il ne l’a pas fait. Le temps imparti étant terminé, il ne doit s’en prendre qu’à lui-même
– le 30 juin 2006 à minuit, la transition prend définitivement fin et les animateurs tombent avec leurs institutions.
– Il aurait fallu des négociations pour un consensus sur une petite prolongation afin de parachever le processus électoral. Cela n’ayant pas été fait, dès minuit, les actes posés par les animateurs sortant de la transition n’engageront plus les congolais.
– Tout sera mis en œuvre pour faire capoter ces élections qui ne reposent plus sur aucune légalité, ni légitimité.
– La lutte va commencer pour déloger les « putschistes »
À 13heures, après l’hymne national, la marche commence sous un concert de sifflets et de klaxons des véhicules qui ont été autorisés à accompagner la marche pour la sonorisation et le
transport des bouteilles d’eau. Il fait près de 30 degrés.
La police est très présente : les agents anti-émeutes, les motards, les agents en civil, et même deux hélicoptères. Au niveau de l’ambassade des Etats-Unis, une ceinture policière très forte a été mise en place.
Durant un quart d’heure, les manifestants vont s’arrêter là, afin de narguer les policiers. A ce moment des délégués de Liège arrivent, mais dans le dos des policiers. Petite panique quand les agents de l’ordre se rendent compte qu’ils sont pris en sandwich entre les manifestants.
Un passant qui ressemble à Monsieur Louis Michel se fait conspuer juste avant que le cortège ne prenne la rue Belliard. Sur le parcours, la plupart des rues perpendiculaires sont protégées chaque fois de part et d’autre par une vingtaine de policiers anti-émeutes. Et spécialement celles qui mènent à certaines institutions comme les ambassades.
Arrivés au rond-point Schuman point de chute de la manifestation, les délégués des Bana Congo, initiateurs de la marche se rendent à l’Union Européenne afin d’y déposer le mémo des congolais vivant à l’étranger.
Différents mouvements et partis livrent alors leurs messages : Monsieur KATEBE KATOTO de l’ULD, les délégués venus de différents pays d’europe.
15h30, la manifestation prend fin. Et surprise, les congolais se retrouvent pris en tenaille sur la petite rue de la Loi. Les policiers ayant bouclé toutes les issues soit avec des barricades soit avec des fourgons. Personne ne passe. La tension commence à monter. Information prise, quelques manifestants avaient dégradé des véhicules. La police ayant tout filmé et tout photographié, elle voudrait mettre la main sur les délinquants. Ne comprenant pas comment les congolais ont pu organisé une manifestation si pacifique malgré la gravité de la situation. Les policiers voudraient récupérer les panneaux. Ils pensent que les congolais vont se retrouver ailleurs et reprendre la manifestation. Engueulades. Finalement, les policiers laissent passer tout le monde.
