C’est inquiet qu’un confrère nous a appeler pour verifier les déclarations de Zacharie Bababaswe à la télévision Molière. Celui-ci aurait déclaré que BANA CONGO ne sont que des jeunes fumeurs de chanvre, dont il n’avait pas peur, qu’il fallait enfermer. De plus, notre excellent confrère de Congo indépendant, Mr Beaudouin Amba wetshi souffrait en europe et n’avait pas les moyens de se payer un billet Bruxelles-Kinshasa. Tout ce monde souffrait d’une jalousie maladive envers le « grand Zaclé », d’ailleurs ces gens n’avaient pas de carte de presse en règle ou n’avait pas de papier. Délire délire délire quand tu nous tiens…
Le plus étonnant n’est pas les propos tenus par le personnage, puisqu’il est égal à lui-même, provocation, polémique ont toujours été son fond de commerce. Le plus étonnant c’est qu’un tel personnage soit choisi comme conseillé en communication de la première dame de la république démocratique du Congo. C’est comme si on décidait en France de nommer Cauet (« La methode cauet ») ou Arthur ( » Le présentateur le plus con de la télé « ) conseiller en communication de Mme Chirac. On croit rêver.
Mobutu, dans toutes sa légèreté, dans toute sa soif de pouvoir, dans toute sa soif de popularité n’avait jamais fait appel à Viva La Musica pour chanter des chansons à sa gloire, simplement à cause de l’image de voyou qui collait à cet orchestre pourtant très populaire.
Zacharie BABASWE a lancé une émission en argot lingala qui a eu un succès fulgurant parmi les jeunes et à rencontrer l’hostilité des adultes. Démarche en soi-pas mauvaise puisque notre société manquait d’espace d’expression pour les jeunes. Le lingala a évolué depuis sa création par les colons belges avec la mise en place de la force publique. D’une langue complètement fonctionnelle,elle est devenue le ciment qui uni toute une nation. Le lingala est devenu le vecteur d’une culture citadine, l’une de rare en Afrique. Toute une musique, un vécu, une tenue, un genre est sortie de cette langue.
Évident il fallait que la Télévision s’en saisisse. Jusqu’à l’émission de Zacharie, le lingala utilisé à la télé ne correspondait pas avec celui parlé dans les rues de Kinshasa. Toutes les nouvelles expressions créées par les jeunes ne trouvait d’échos que dans les chansons.
L’absence d’un dictionnaire ou d’une référence rendait la société complètement découpée entre ceux qui sont à la mode, et ceux qui sont démodés et ne comprennent rien de ce que l’on dit.
Donc en soi la démarche de Zacharie était bonne pour rendre accessible toute cette culture. Mais il a dérapé malheureusement dans quelque chose de commercial de vilain, d’abject. D’émission des jeunes, on est passé à un programme d’insulte, de polémique en dessous de la ceinture autour de la sape, des femmes des uns et des autres, des possessions des uns et des autres, sans oublier un forum pour alimenter la polémique entre musiciens. Polémique qui installera un climat abject et détestable entre les musiciens allant jusqu’à régler leurs différents à la télé.
Cela ira tellement loin que finalement la haute Autorité des Médias prendra des mesures d’interdiction contre l’émission animé par BABABASWE. Depuis l’homme deviendra paranoïaque. Jouant le martyr, considérant tous ceux qui émettaient des critiques envers sa démarche et ses programmes, comme des jaloux de sa réussite professionnelle.
Bana Congo n’a jamais montré un intérêt quelconque envers Zacharie BABABASWE. Il a eu des ennuis avec la diaspora en général, les demandeurs d’asile et leurs défenseurs en particulier suite au documentaire qu’il a réalisé sur commande du Ministère de l’intérieur belge. Le documentaire intitulé « ZONGA NA MBOKA » était destiné à dissuader les candidats à l’exil en leur montrant les condition de vie dans les centres fermés.
Pour ce faire, Zacharie et son équipe ont filmé des demandeurs d’asile dans leurs souffrance au centre fermé. Les images, une fois projetées à Kinshasa, susciteront un émoi au sein de la population et des familles qui ont reconnu les leurs. Les associations de défenses de réfugiés, les associations de journalistes… s’insurgeront contre ce reportage. Le ministre de l’intérieur sera même interpellé à ce sujet. Réaction de l’homme: « Ils sont tous jaloux de mon succès. Ils auraient aimé être à ma place! ».
ECCE HOMO
