Ce samedi 25 mars 2006, à l’ULB, a eu lieu la clôture de la semaine d’actions contre le racisme. Cette semaine qui a débuté le 17 mars par un gala d’ouverture à l’hôtel de Ville de Bruxelles, a été initiée par une asbl belge, le MRAX, Mouvement Contre le Racisme, l’ Antisémitisme et la Xénophobie.
Le but de la semaine était « d’encourager la rencontre, le dialogue, l’échange d’expériences et la remise en question… pour mieux faire reculer les peurs et les préjugés qui peuvent entraîner le rejet de l’autre. »
Le programme comprenait près de 60 manifestations différentes, dans plusieurs lieux culturels de Bruxelles et de la Wallonie : spectacles, cinéma, rencontres, expositions, musique, émissions radio…
Nous avions été curieux de voir quelle aura été la participation des congolais, anciens sujets de sa majesté le Roi des belges. Un seul était programmé: l’artiste musicien Marcel NZUNDU à qui nous avons apporté notre concours. Nous pourrions même dire deux si l’on compte le belgo-congolais Pie TSHIBANDA.
Marcel NZUNDU est intervenu comme invité à l’issue de la projection du film BOMA-TERVUREN. Un film poignant du réalisateur belge Francis Dujardin
C’était le 21 au centre culturel d’Evere. Dans l’avant-midi pour des écoliers, et en soirée pour les adultes, le tout entrecoupé de différentes chansons de NZUNDU.
Le 23 c’était au tour de la Chapelle de verre à Ronquières de recevoir cette projection.
Quel est le contenu de ce film ?
« L’épopée extraordinaire et tragique de 267 Congolais amenés à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1897.Un voyage de quatre mois vers la Belgique pour être exhibés devant un million de visiteurs.
Le regard écrasant des « Blancs » et le froid; pour beaucoup, les maladies et la mort pour certains…
Des morts, jetés à la hâte dans une fosse commune, qui déclenchent une vaste polémique dans la société belge. Un projet démesuré mais nécessaire aux yeux des premiers colonisateurs qui prétendaient domestiquer les lointains sauvages…
Cent ans plus tard, des compatriotes congolais retournent sur les lieux de la mémoire et interpellent les « Blancs » d’aujourd’hui sur l’incroyable histoire de ce « zoo humain ».
Ils accomplissent le rituel du « retour à la terre » en guise de réparation d’une trop lourde blessure…
Un film qui ravive un siècle de perceptions stéréotypées sur les Africains. En filigrane, une question presque lancinante : « Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? » »
La réponse à cette question pourrait venir de l’attitude de certains politiques belges aujourd’hui. Considèrent-ils maintenant les congolais comme étant devenus matures et capables de s’autodéterminer, où y a-t-il encore des belges qui se comportent envers le Congo comme s’il était encore peuplé d’incapables politiques ?
Le réalisateur du film ainsi que les organisateurs de la semaine contre le racisme ont fait preuve de courage et de liberté d’esprit.
