Nous sommes dans l’un des pavillons du musée royal d’Afrique centrale. Comme bon nombres de curieux, nous avons été attirés par l’exposition d’une collection du MRAC. La couleur grise du tapis se marie harmonieusement avec le rouge des parois. Mais le soin apporté par les créateurs du décor n’éclipse en rien le travail d’esthéte dont fait preuve chacune des oeuvres exposées. “C’est du travail d’orfèvre”, s’étonne Désiré, à la vue d’un épingle à cheveu issu de l’ethnie Tabwa, au bord du lac Tanganyika. La régularité et la précision des formes ne nous laissent pas indifférents : “on croirait un travail fait à la machine”.
Notre hôte nous rejoint vite. Mme Vicky Van Bockhaven est commisaire et ethnographe, au sein du Musée Royale d’Afrique Centrale (MRAC). Elle a accepté de répondre à nos questions. C’est ainsi que nous aprenons que l’exposition est le fruit d’un projet de recheche. Ce dernier se voulait différent des autres expositions, en s’intéressant aux autres parures que les masques.
Elle nous a expliqué la récolte des oeuvres, travail abbatu par les militaires, des missionnaires, et autres administrateurs coloniaux.
Force a été de constater que rares sont les parures dépourvues de symbolisme. Bien qu’il y ait une catégorie d’oeuvre marqué sous l’enseigne de l’énigmatique, simplement parce qu’on ne connait pas la provenance de ces oeuvres.
“Nous voulons montrer que les objets ont plusieurs significations, selon le contexte dans lequel il se trouve”, nous confie Mme Van Bockhaven. C’est le but de l’exposition : montrer qu’un objet a plusieurs phases dans sa création, et montrer le travail de classement qui se fait dans le musée.
Elle nous a raconté le contexte de production et la symbolique de quelques oeuvres.
Après la petite visite guidée, nous avons pris congé de notre hôte. Vous avez l’intégralité de l’interview qu’elle nous a accordé dans culturek radio.
Pourquoi avoir prévu cette exposition maintenant ?
Les années précédentes, il y a eu un projet de recherche qui a montré un intérêt spécifique pour d’autres oeuvres d’art que les masques, entre autres les parures. C’est de là qu’est venue l’idée de faire une recherche sur les couvre chefs, qui a finalement mené à cette exposition.
Avez-vous prévu d’autres expositions hormis les chapeaux, toujours pour rester dans la thématique des parures du corps ?
En ce moment, nous n’avons pas d’autre projet de recherche. Sûrement, il y a d’autres parures, d’autres objets qui ne sont pas exposés ici.
Toutes les oeuvres exposés ici ont été rassemblé au fil du temps. Ils ne viennent pas tous du même endroit. Nous lisons ici et là que d’autres pièces viennent de collection personnelle. Avez-vous eu diverses sources de ce genre ?
A travers l’exposition, nous montrons aussi d’où viennent les productions. Vous trouverez une indication sur 6 personnages qui ont énormément apporté dans cette collecte. Il faut dire que ça c’est fait pendant la période coloniale. On a aussi des conservateurs qui écrivaient aux belges qui vivaient dans la colonie, afin de récolter des oeuvres pour le musée. Au début, on avait des militaires, puis des missionnaires, ainsi que des administrateurs coloniaux qui ont développé un intérêt pour les populations avec qui ils travaillent.Et finalement il y a eu des collectionneurs, comme une dame qui n’a jamais été au Congo, mais intéressée par l’esthétique des objets et non leurs documentations, ni leur contexte de production.
Comptez-vous exposer ailleurs qu’ici à Tervuren ?
Il n’ya pas de collaboration prévue pour le moment. S’il faut le faire, nous profiterons d’autres collaborations, comme avec le Musée nationale du Congo à Lubumbashi, où se tient l’expo Congo nature et culture.
Qu’attendez-vous du public qui vient ici ?
Le but de l’exposition est de montrer plusieurs phases dans la vie de l’objet. Nous voulions montrer qu’un objet n’a pas une signification fixe. Tout dépend du réseau social dans lequel l’objet a été produit. Nous avons aussi montré comment l’objet a été classé dans le musée.
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