BRAZZAVILLE, 24 mars 2007 – Quelque 160 ressortissants de République démocratique du Congo (RDC), dont près de 50 gardes de l’ex-vice-président Jean-Pierre Bemba, ont trouvé refuge au Congo voisin après les affrontements de Kinshasa, a-t-on appris samedi de source officielle congolaise.
« Nous avons reçu hier (vendredi) à Brazzaville 106 ressortissants de la RDC, dont 44 militaires de M. Bemba », a annoncé à l’AFP une responsable du ministère congolais de l’Action humanitaire, Alice Tsoumou-Gavouka.
« On nous a également signalé la présence dans les îles de Mbamou, en amont du fleuve Congo au nord de Brazzaville, la présence de 54 autres personnes mais nous ne savons pas encore s’il y a des militaires (de M. Bemba) parmi eux », a ajouté Mme Tsoumou-Gavouka, directrice générale de l’Action humanitaire.
Ces réfugiés ont été installés à l’Institut supérieur des sciences de l’éducation physique et sportive (ISSEPS) du quartier de Makélékélé, dans le sud de la capitale congolaise, a constaté un journaliste de l’AFP.
Ces locaux ont été placés sous la protection des forces de sécurité congolaises, qui ont interdit aux réfugiés tout contact avec la presse, a-t-on également constaté.
Les 44 membres de la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba sont arrivés vendredi en fin d’après-midi à Brazzaville en traversant le fleuve Congo, qui sépare les deux pays, à bord d’un bateau dont le propriétaire n’était pas connu, a indiqué à l’AFP un membre de la Croix rouge congolaise.
Ces hommes ont alors été désarmés par la marine congolaise avant d’être conduits avec les autres réfugiés à l’ISSEPS, a ajouté la même source.
Les autorités congolaises ont mis en place un comité spécial, dirigé par le ministre de l’Action humanitaire et de la Solidarité Charles Zacharie, afin de coordonner l’accueil des réfugiés de RDC.
De violents combats à l’arme lourde ont opposé jeudi et vendredi à Kinshasa les forces armées de RDC aux hommes de la garde rapprochée de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, qui refusait de les voir intégrés à l’armée régulière faute de garanties suffisantes pour sa sécurité.
Le calme est revenu samedi dans les rues de Kinshasa, à nouveau contrôlées par l’armée régulière.
Au cours de ces violences, plusieurs obus tirés par les belligérants ont atteint Brazzaville. L’un d’entre eux a touché la mairie centrale de la ville, faisant deux blessés dont un gravement atteint.
