KINSHASA, 24 mars 2007 – La ministre française déléguée à la Coopération Brigitte Girardin a signé samedi à Kinshasa avec le ministre
congolais des Affaires étrangères Antipas Mbusa Nyamwisi un document-cadre de partenariat de plus de 200 millions d’euros sur cinq ans (2007-2011).
Mme Girardin a aussi souhaité qu’il y ait « un respect » de l’Etat de droit et de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC) et appelé au rétablissement de la confiance par « le dialogue » après les violences de ces derniers jours.
L’accord de partenariat, qui concentre 80% de l’aide française aux secteurs de l’éducation, de la santé et de l’environnement, « marque le soutien renouvelé » de la France à la RDC, a déclaré Mme Girardin, au lendemain d’affrontements meurtriers dans les rues de la capitale congolaise.
Plus de 60 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées dans ces violences qui ont opposé les forces armées congolaises à la garde rapprochée de l’ex-vice-président Jean-Pierre Bemba, qui refusait de voir ses troupes intégrer les rangs de l’armée régulière.
« Le fait que je sois ici aujourd’hui est en soi une marque de confiance à l’égard d’un président (Joseph Kabila) et d’un gouvernement légitimement élus », a-t-elle souligné, au cours d’un bref point presse.
Elle a rappelé l’engagement de la communauté internationale dans le processus démocratique en RDC, vaste pays d’Afrique centrale sortant d’une difficile transition politique entamée en 2003 après une guerre de près de cinq ans et sanctionnée en 2006 par des élections libres et démocratiques.
« Cette réussite (du processus) est collective. Nous devons veiller collectivement à ce qu’elle ne soit pas mise en cause », a-t-elle déclaré.
Pour Mme Girardin, « il doit y avoir un respect de l’Etat de droit, des institutions élues et de l’opposition », incarnée par le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006.
« La confiance doit être rétablie par le dialogue », a-t-elle plaidé, après des rencontres avec le président Kabila et le Premier ministre Antoine Gizenga. « Je vais essayer d’entrer en contact avec M. Bemba », a-t-elle ajouté.
L’ancien chef rebelle, qui a trouvé refuge à l’ambassade d’Afrique du Sud à Kinshasa, est poursuivi depuis vendredi par la justice congolaise pour « pillages » et « entretien de milice », un crime de « haute trahison » selon la Constitution.
La garde rapprochée de M. Bemba, estimée à entre 600 et 800 hommes, a été chassée du centre de Kinshasa par quelque 2.000 militaires de l’armée nationale, à coup de mitrailleuses, de mortiers et de roquettes.
Une centaine de combattants se sont rendus à l’ONU, des dizaines ont été tués ou blessés et 50, accompagnés de leurs familles, ont trouvé refuge à Brazzaville, séparée de Kinshasa par le fleuve Congo.
