Le doute n’est désormais plus permis. La transition sous l’attelage du 1+4 a effectivement pris fin le 30 juin 2005 à minuit . Le peuple souverain vient, en effet, de plébisciter Etienne Tshisekedi comme Président de la RDC. Celui-ci en a pris solenellement acte en précisant qu’il se comportera désormais en conséquence. Il devra donc, dès lundi, mener des consultations assidues dans le cadre de la légitimité populaire issue de la CNS, en vue de la constitution d’un nouveau gouvernement devant mener le Congo vers des élections crédibles, libres, transparentes et démocratiques en RDC, après avoir résorbé tous les arriérés des objectifs assignés par les accords de Sun City .
Le rassemblement appelé par l’UDPS, initialement prévu sur le boulevard Triomphal ce samedi 9 juin 2005, s’est finalement tenu au Stade Tata Raphaël à partir de 16 heures. Toute la ville de Kinshasa était en effervescence. Pour empêcher l’innondation du stade, les cerbères du pouvoir avaient quadrillé toute la ville, installant des barrières à tous les passages névralgiques de Kinshasa, notamment au pont Matete. C’est ainsi que plusieurs milliers d’habitants des zones populaires, notamment ceux de l’Est de la capitale (Masina, Kingasani, Ndjili, …) ont été interdits d’accès au lieu de ralliement. Les forces de police ont, en de nombreux endroits, utilisé des bombes lacrymogènes pour refouler les manifestants qui affluaient pacifiquement en chantant vers le lieu de rassemblement , un rameau entre les mains. Mais cela n’a pas freiné l’ardeur de nombreux militants qui ont bravé cette adversité pour rejoindre le lieu du rassemblement. On peut estimer l’assistance au stade à des milliers de personnes malgré les nombreux refoulements et blocages des manifestants. Cette assistance comprenait, non seulement des kinois, mais également des personnes venues de l’intérieur . On peut raisonnablement extrapoler sans se tromper que si la voie avait été libre, l’affluence aurait dépassé le million de personnes, et même davantage!Le stade était noir de monde!
Le Président Tshisekedi est parti de son domicile de Limete en véhicule, accompagné par des dizaines de milliers de militants dans un cortège triomphal, qui a mis plus de deux heures avant d’atteindre le stade Tata Raphaël, sa destination finale, distant de quatre kilomètres à peine, tant la voie était encombrée. Le cortège chantait et scandait des refrains contre l’attelage au pouvoir : « 1+4=0 ». Les manifestants avaient soif d’écouter enfin le message du Président, que l’on n’avait pas entendu depuis les massacres des innocents tombés le 30 juin 2005 sous les balles des sbires du pouvoir.
A 16 heures, au stade , après le mot d’introduction du Secrétaire Général Rémy Masamba, une séance de prières, et le respect d’une minute de silence en l’honneur des martyrs du 30 juin 2005, le Président présenta ses condoléances au peuple britanique pour les récents attentats de Londres. Il montra ensuite à l’assistance les invités des autres partis politiques présents notamment les envoyés du RCD et de l’ULD. Contrairement à la séance d’ouverture de la session extraordinaire du Comité National de l’UDPS le 02 avril 2005, le PPRD ne s’était pas fait représenter à cette manifestation.
Après avoir fait la rétrospective de la situation politique du pays pendant que la foule scandait « Président de la République, Président de la République », « Toponi yo, Toponi yo » , entendez, « nous t’avons élu, nous t’avons élu », Tshisekedi a répondu : « Puisque vous êtes le souverain primaire et que vous m’avez élu, je vous ai entendu. Désormais, je me comporterai en conséquence ».
Il a alors confirmé son message du 02 avril 2005 qui proclame « la fin de la transition au 30 juin 2005 à minuit ». « Ainsi donc, le schéma 1+4 appartient désormais au passé ». « Cependant », a-t-il ajouté, « il n’ y aura pas de vide juridique en RDC, car le cadre de la CNS sera le schéma légal qui reprend automatiquement le relais des institutions pour la transition ».
« Avec le vote que vous venez d’émettre solenellement ce jour, en collaboration avec des fils de ce pays, qui l’aiment et qui comprennent l’essence des textes de loi, nous allons reprendre le schéma de la Conférence nationale », a-t-il stigmatisé sous des applaudissements frénétiques de la foule. Il a rappelé que ce schéma « avait été élaboré par les fils authentiques de ce pays, et non par des individus coupables de la mort de plus de 3 millions de nos concitoyens, et qui doivent encore en répondre devant la justice. N’ayant jamais été abrogées, les décisions de la CNS restent donc « opposables à tous ».
Le Président Tshisekedi a stigmatisé l’illégalité de la prolongation de la transition demandée et obtenue par la CÉI et la complaisance de son Président, l’abbé Apollinaire Malu Malu vis-à-vis du gouvernement. En effet, il a ajouté, « pour que la prolongation soit légale, elle suppose que les élections soient en cours au moment de la demande. Or les raisons invoquées par Commission Électorale indépendante, ne sont pas « strictement liées à l’organisation des élections », et « vous savez que le retard accumulé n’a rien à voir avec les élections ».
Ainsi, ce 9 juillet 2005, le peuple souverain a fait son choix! Les tenants de l’attelage 1+4=0 qui tentent de le museler pour gouverner par défi ont désormais vécu. Le choix du peuple est clair, et il finit toujours par prévaloir. Nul ne peut le défier indéfiniment.
