Tshisekedi : Après le plebiscite populaire,la bataille médiatique est engagée 355

L’UDPS a tenu un meeting populaire géant à Kinshasa. Une foule immense s’est rendue au stade du 30 Juin pour écouter le leader historique de l’opposition congolaise. Ce fut assurément un triomphe populaire. Exactement comme l’avait promis le Conseiller politique Valentin Mubake. Cet événement fait donc trembler le gouvernement de transition de Joseph Kabila autrement connu sous le sobriquet « 1+4=0 » et incite la communauté internationale à prendre l’UDPS très au sérieux. Bravo donc à l’UDPS et à ses cadres qui ont su démontrer la solide assise populaire dont bénéficie leur parti à Kinshasa. A n’en point douter, l’UDPS est capable de rééditer le même exploit en province. Le régime de transition dirigé par Joseph Kabila, illégitime et désormais illégal d’après l’UDPS, survit contre la volonté populaire et grâce à l’appui de la Communauté internationale.

Etienne Tshisekedi mérite d’être le Chef de l’Etat de la RDC. Mais pourra-t-il le devenir par la seule volonté des congolais dans un pays sous perfusion et quasi contrôlé par les bailleurs de fonds étrangers regroupés au sein de la nébuleuse « Communauté internationale » ? Le peuple congolais a montré clairement son rejet du gouvernement de transition actuel et exprimé son soutien à Etienne Tshisekedi et alliés de l’UDPS.

Apres l’euphorie du moment, il faut cependant noter que l’UDPS continue à perdre la bataille des medias surtout au sein de la Communauté Internationale. Mises à part quelques très brèves dépêches d’agence, l’UDPS n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique significative. Aucun article important sur cette manifestation d’importance historique n’est paru dans les medias de référence. Nous sommes loin des résultats obtenus par des mouvements comparables en Ukraine, au Liban et ailleurs ou le peuple s’est levé pour demander la démission d’un gouvernement corrompu et incapable d’accomplir les objectifs fixés. La primeur réservée actuellement par la presse internationale aux horribles attentats terroristes survenus a Londres ne doit pas servir d’excuse facile.

Ce grave déficit de communication enregistré par l’UDPS sur le plan international devrait faire réfléchir les stratèges du parti et les inciter à mettre en place des structures adéquates. Les forums congolais sur le net ont connu un volume important d’échanges sur le meeting de l’UDPS. Il ne sert à rien en effet de prêcher à des convertis (càd les congolais). Il y a lieu ici de concevoir des stratégies qui puissent aider à porter le message là ou il aura le plus d’impact: dans l’opinion des pays membres du CIAT et de l’Union Européenne. Ce sont ces pays qui, de facto, contrôlent la MONUC et le flux de fonds destinés aux élections en RDC. Tshisekedi est un géant politique en RDC et en Afrique. Il l’est au même titre que Mandela. Cependant nul ou très peu a l’étranger, parmi les citoyens ordinaires, ne connaît son nom ou son héroïque combat pour la démocratie et la liberté en RDC. Faites le tour en Asie, au Canada, en Amérique latine, etc et vous pourrez juger par vous-même. Le grand leader congolais y est quasi inconnu. L’ANC de Nelson Mandela avait une structure de communication solide et tentaculaire sur l’ensemble de la planète. L’ANC avait su judicieusement exploiter le mythe de la résistance tous azimuts de Nelson Mandela. L’UDPS a des membres et sympathisants dans la quasi totalité des pays membres de l’ONU. Ce parti bénéficie même des alliances au sein de grands mouvements politiques internationaux tels que l’ Internationale Socialiste dont les membres adoptent cependant une attitude passive ou tiède vis a vis de l’UDPS par manque de flux continu d’information. Pourquoi ? Il me semble que c’est du côté des services de communication de l’UDPS qu’il faut pointer le doigt. Le PPRD et Kabila ont les moyens d’Etat pour facilement propager leurs versions des faits au Congo et à l’étranger. Il suffit par exemple a un ambassadeur, aussi médiocre soit il, de lancer un communiqué dans son pays d’accréditation pour que celui-ci soit repris par les medias locaux. Les voyages présidentiels et ministériels a l’étranger aident aussi a générer une présence dans les medias et créer une impression dans l’opinion locale. L’UDPS n’a pas ces moyens mais ses cadres de la communication ne doivent pas y trouver une excuse.

Il est triste et dommage que le grand meeting au Stade Tata Raphaël ce 9 juillet 2005 risque de passer inaperçu dans les milieux qui comptent et qui doivent être persuadés du bon choix effectué par le peuple congolais. A savoir: confier la destinée de la RDC à Etienne Tshisekedi. L’UDPS ne pourra pas gagner en RDC et s’installer durablement au pouvoir par la seule force de la rue. Il faut faire bouger l’opinion internationale. Il faut créer des réseaux capables d’apporter un effet multiplicateur aux messages et actions des leaders politiques congolais de l’opposition.

Au Congo, nos leaders savent créer l’événement, ils doivent cependant apprendre à gérer l’après événement sur le plan des media pour ne pas toujours perdre l’élan et devoir recommencer a chaque fois. Sans séisme au sein de la communauté internationale, il sera difficile de procéder à un changement de régime durable en RDC. Ce séisme n’aura pas lieu sans une meilleure gestion de la communication à travers des réseaux actifs et capables de tisser des liens étroits avec les medias locaux dans les pays significatifs de la « Communauté Internationale ». A leur tour ces medias amis influeront sur l’opinion publique locale laquelle est le moyen de pression efficace auquel les politiciens de ces nations se plient. Comment y parvenir ? Le débat est ouvert.

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