Tshisekedi : le peuple a parlé, c’est maintenant ! 712

Le processus électoral vient de franchir une étape décisive avec la publication, par Monsieur l’Abbé Apollinaire MALU MALU, président de la CEI (commission électorale indépendante), du calendrier pour le premier tour des présidentielles et des parlementaires, au lendemain de la promulgation de la loi électorale par le président de la république. Selon ledit calendrier, les dépôts des candidatures, à Kinshasa pour les candidats présidents de la république et en provinces pour les candidats députés, va du 9 au 23 mars 2006. Il ne reste donc aux candidats qu’une petite semaine pour se mettre en règle avec cette importante formalité sans laquelle nul ne peut se présenter aux élections.

La pression monte de tous côtés. Mardi le 14 mars 2006, prenant toute la mesure de la gravité des enjeux de l’heure, une délégation des étudiants, des fonctionnaires et des forces politiques du changement s’est rendue à Limete, déterminée à ‘‘conduire le Docteur Etienne Tshisekedi déposer sa candidature à la magistrature suprême’’. Mais comme il en a le secret, dans un discours flatteur vis-à-vis de ses visiteurs, Tshisekedi a trouvé les mots justes pour faire encore patienter les représentants du peuple qui, au lieu de le conduire à la CEI , se sont contentés de l’accompagner au Grand Hôtel, deviser avec Jean-Marie Guéhéno, Secrétaire Général Adjoint de l’ONU.

Candidat du peuple comme mentionné sur les calicots arborés par ses visiteurs, le Sphinx, a une fois encore formulé sa détermination à se présenter à l’élection, mais pas avec seulement « 25.000.000 de recensés de la CEI , mais avec tous les 60.000.000 des Congolais, parce que candidat de tout le peuple ». Il faut donc à la CEI, pour que Tshisekedi y aille, rouvrir les bureaux d’enrôlement au reste des congolais. Il faut aussi, pour le ministère de l’intérieur, régler ce faux problème d’homonymie et ne retenir qu’une seule UDPS, sur les listes électorales. Sinon, Tshisekedi n’entre pas « par la fenêtre dans ce processus »

Frustré, un journaliste indépendant analyse la position de Tshisekedi : « Il raisonne comme un capitaine de navire, mais à l’inverse. Il ne quittera son bateau qu’après tout le monde. Il sera donc le dernier à se faire enrôler. Si on n’enrôle pas les autres, il n’y ira pas ».
Seulement, il ne s’agit pas de quitter un navire, mais plutôt d’embarquer. Et quand la maison prend feu et que la porte est bloquée par les pyromanes, « le père de la démocratie » devrait-il exiger l’ouverture de la porte par ces derniers, et refuser d’entrer par la fenêtre, alors qu’à l’intérieur, les enfants crient désespérément au secours ?

Tshisekedi n’a pas convaincu ses visiteurs de mardi qui n’ont rien appris de nouveau de ce qu’il leur a dit. Ces derniers ont fait le déplacement de Limete avec la conviction que toutes les préoccupations de Limete : Réouverture des bureaux, homonymie, assainissement de l’environnement politique, trouveront leurs solutions dès que l’UDPS aura mis tout son poids politique dans la balance, en se portant candidate à tous les postes électoraux.

Et même si dans le pire des cas, de l’intérieur il n’obtenait toujours pas gain de cause, parce que parti du peuple, il aura toujours des électeurs sur toute l’étendue du Congo. Le boycott n’est-il pas venu en tête de toutes les tendances au référendum constitutionnel, sans réouverture des bureaux ? Quant à l’homonymie, le peuple n’ira quand même pas élire l’UDPS comme président, ni comme député, mais plutôt Tshisekedi et Bazaiba. !

Anxieux, nombre d’analystes craignent déjà que, en l’absence de l’implication de Tshisekedi, le pays se retrouve, après les élections, entre les mains d’un ex-belligérant qui ne fera que prendre par les urnes ce qu’il avait déjà raflé par les armes. Ce qui effacerait tous les repères historiques et moraux et consacrerait la désintégration définitive de toute une nation, par la consécration de l’imposture, de l’opportunisme et de l’aventurisme.

La crainte des analystes est relayée par des opérateurs politiques qui sont convaincus que la victoire d’un ex-belligérant aux élections mettrait le pays sur les rails de l’immoralité civique et politique et compromettrait à coup sûr l’émergence d’un état de droit prospère au cœur de l’Afrique. Car, pour les membres de la CPC (coalition politique des chrétiens) par exemple, les nations se construisent par les valeurs éthiques et morales, par les vertus chrétiennes. Lesquelles vertus sont prêchées et pratiquées par ceux qui sont aux commandes du pays, donnant ainsi à tous les citoyens un modèle de comportement empreint d’amour de la patrie.

Ces différentes appréhensions sont fondées dans la mesure où, depuis neuf ans, Tous les tableaux des bilans « des libérateurs » congolais ne sont que des plus macabres. Pertes en vie humaines : 5.000.000 des morts causés par les guerres business de 1996 et 1998, sans oublier plus de 3000 congolais qui continuent à mourir chaque jour de suite de ces guerres.

Pillages des ressources naturelles : 5 milliards des dollars de 1998 à 2001, selon le panel de l’ONU ; 10 milliards de 1998 à nos jours, selon la commission parlementaire LUTUNDULA, du nom de son président ; des contrats léonins dans le secteur minier plus particulièrement au Katanga, au détriment de la GECAMINES dont le patrimoine foncier est bazardé par petits morceaux, sans que la république y trouve son compte.

Au chapitre humanitaire : les violations massives des droits et libertés des citoyens ; les viols, utilisés comme armes de guerre, des millions des femmes et des jeunes filles ; les arrestations arbitraires et la répression des manifestations des partis politiques de l’opposition.

Bonne gouvernance et leadership : les détournements des deniers publics et de la solde des militaires, la corruption, l’incompétence et la mauvaise foi des animateurs belligérants de la transition, actes dénoncés, tout au long de cette transition business, ô ironie du sort, par les plénipotentiaires de la communauté internationale, pourtant mentors et défenseurs acharnés du 1+4.

A l’UDPS, toutes ces tares sont récitées de mémoire et la tendance de la même communauté internationale pour la perpétuation de ce leadership de prédation n’est pas inconnue. Mais grande est la surprise des observateurs de voir Limete continuer à poser des préalables de réouverture des bureaux, de l’assainissement de l’espace politique, du règlement de la question de l’homonymie, alors que le temps tourne contre les forces du changement. La meilleure façon de jouer le jeu des souteneurs du 1+4 est justement

Il importe maintenant pour refonder le Congo, de donner à la république l’autorité morale nécessaire à travers un leadership responsable, lequel leadership léguera à la postérité, un modèle de gestion d’un Etat moderne et prospère au cœur de l’Afrique.

Le peuple sait que c’est maintenant que tout se joue. Il s’en fout du congrès, de l’homonymie, de la réouverture des bureaux.,… Maintenant, il veut Tshisekedi son unique candidat à la présidence de la république. Et le peuple l’a dit. Que Tshisekedi ne s’y trompe pas : sa brillante prestation de mardi n’a convaincu personne.

Le peuple a parlé. Il ne reste à Tshisekedi qu’à apprêter son dossier de candidature. Rendez-vous lundi le 20 mars 2006 sur l’avenue LUKUSA.

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