J’ai beau fermer les yeux, j’ai encore ces visions
De corps avachis sur le sol de la route de la perdition
Et j’ai hurlé comme après ma circoncision
Je suis entouré de fantômes ou est-ce la mort qui fait apparition?
J’en ai pissé dans mon lit, sommeil interrompu
J’ai du mal à en parler à bâtons rompus
J’étais pris de crampes, un talon sur la tempe
A implorer que les enfants décampent
Ils ont voulu nous humilier à travers notre descendance
Que les ovaires de nos femmes soient souillés de leurs semences
Depuis ce soir je dis que notre famille est maudite
La mort gravite autour de nous et je la sens
Après les pillages, je suis retourné au village
J’ai abandonné Lucienne, les enfants et mon pays d’ancrage
Prétextant que l’armée chassait les Kasaïns
Mais ce que j’ai fui, m’a rattrapé par un autre moyen
Preuve en est, même si le pays est divisé
Mon fils aîné de 13 ans est rentré dans une de leurs unités
Au pays de la devise et de la débrouillardise
On n’a pas attendu ebay pour faire du troc
Je passe du chantier à la cuisine, du ciment au manioc
Faut investir dans l’avenir comme dit le Front Commun
Je répare un camion pour faire dans les transports en commun
Je viendrai chez vous dès que mes papiers seront fixés
En T-shirt à l’effigie de Lumumba
Pour leur faire oublier le Ché
Je rêve de jouer au loto, boire de cette bière
Du temps de l’Union Minière et du MPR
Visiter votre Matongé, chaussée d’Ixelles
Donne-moi de tes nouvelles par téléphone ou par mail
Que Dieu te garde Tu restes dans mes prières, je t’embrasse
Ça ne vous rendra pas le Congo
J’ai reçu ta lettre, fin juin, enfin
Elle m’a laissé mal en point,mais néanmoins
Je n’ai cessé d’en relire chaque mot, chaque phrase
Chaque nom, chaque détail, chaque photo, chaque visage
Est-ce un mirage, une illusion, un hologramme?
Ou est-ce la raison qui a rendu l’âme?
La terreur vue d’ici c’est comme la terre vue du ciel
Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Quand je pense que tu as quitté Kin, et les tiens
Qu’ils chassent notre ethnie comme les prénoms chrétiens
Que ton fils est un assassin au regard de braise
Qu’à 13 ans trouve son assurance dans un M16
A 14 ans en quarantaine
Ils l’ont pris pour un sorcier car il se défonçait au kérosène
En arrivant dans l’est, il a tué par accident
Un de ses cousins en le prenant pour un partisan
Putain!, l’horreur est humaine, et l’on s’extermine
Il voulait être un sauveur, pas un soldat anonyme
Même si l’occident a bon dos Ça ne vous rendra pas le Congo
Le pillage de nos minéraux, de nos lingots Ça ne vous rendra pas le Congo
Reproduire les schémas coloniaux Ça ne vous rendra pas le Congo
Car la terreur vue d’ici c’est comme la terre vue du ciel
Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Les enfants de la Libération ne jouent pas aux indiens
Ils voient l’Europe comme le far west en vain, pour rien
En attendant leur chèque de la Western Union
Elle rêve de dévaliser une délégation
Disent les pays en transition, que la guerre est une escale
Pour cet idéal, place au plan Marshall
Le règne du Maréchal l’a laissé bancal
Et paraît que l’Unesco n’aide que les pays cartes postales
Mais au lieu de s’affairer aux affaires courantes
Car un tiers du pays est sans courant, ni eau courante
Nos guerres ethniques renforcent ce statu quo
Le Congo est un terrain de stratego
Pour ces pays voisins devenus rivaux
Dans le pillage de ses minéraux, de ses lingots
Et ça dégringole, le pays est sous contrôle
Et c’est pire qu’au temps de Léopold
Entre la loi de la jungle et celle des protocoles
La révolution a besoin de bénévoles
Tant que l’opinion publique abdique
Le congolais reste le nègre de l’Afrique
Même si l’occident a bon dos Ça ne vous rendra pas le Congo
Le pillage de nos minéraux, de nos lingots Ça ne vous rendra pas le Congo
Reproduire les schémas coloniaux Ça ne vous rendra pas le Congo
Tous congolais à part entière, tous apparentés
Laissons nos différends à part, on a un pays à remonter
Pendant que les virus se donnent comme des prospectus
Les nouveaux missionnaires font de leur Emmaüs
Des petites, moyennes entreprises
Qui ne connaissent pas la crise
La crédulité des gens en guise de budget
Ils investissent là où s’arrêtent les O.N.G.
Et j’admire ton courage, ton sens de la débrouille
Ton coeur est trempé dans le zinc, il résiste à la rouille
Mais cesse de croire à leurs séances d’exorcisme
Ils n’ont pas de cure contre le paludisme
Moi, je suis un géant chez les pygmées
Depuis que ma carte verte est périmée, le noir fait déprimer
La dépigmentation de la peau laisse des séquelles
Et le choc est culturel
Notre développement est à l’arrêt comme la Gécamines
Complexée par notre taux de mélanine
L’intégration passera par l’argent
Mais la détermination est le facteur déterminant
Même si l’occident a bon dos Ça ne vous rendra pas le Congo
Le pillage de nos minéraux, de nos lingots Ça ne vous rendra pas le Congo
Reproduire les schémas coloniaux Ça ne vous rendra pas le Congo
Car la terreur vue d’ici c’est comme la terre vue du ciel
Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Avant de filer à la congolaise
Je voulais revenir à la genèse
Le changement donne le vertige
Main qui donne, main qui dirige
Evolué mais dépendant
Main qui donne main qui apprend
Les frères se déchirent pour des billets à l’effigie de Lincoln
Toujours le même cancer qui ronge sur le tropique du capricorne
C’est le règne du veau d’or
Les frères noient leur esprit dans la spiritueuse
Ils croient en Dieu avant de croire en eux
Preaching…
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