Jendayi Frazer : «L’absence de l’Udps ne va pas discréditer les élections»
L’Udps ne peut pas compter sur le soutien des Etats-Unis d’Amérique à l’aboutissement de son dossier relatif à son cahier des charges concernant sa participation au processus électoral en cours. Le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, l’a fait savoir lundi soir au cours d’un point de presse animé en la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa.
Avant de s’envoler pour Kisangani et Goma, le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, a échangé avec une brochette de chevaliers de la plume. C’était lundi 3 avril 2006 en la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis en Rdc Roger Meece. Elle a d’abord circonscrit l’objet de sa visite en Rdc , laquelle a consisté en l’évaluation de la situation politique en cette veille d’échéances électorales. En réalité, elle était venue s’assurer que le processus électoral en cours pourrait bien aboutir par l’installation de nouvelles autorités issues des urnes.
C’est dans ce sens qu’elle a dit avoir rencontré le chef de l’Etat Joseph Kabila, et les vice-présidents Jean-Pierre Bemba et Azarias Ruberwa. Avec ses interlocuteurs, Jendayi Frazer a évoqué la situation d’insécurité à l’Est du Congo et dans la sous-région. Son déplacement à Kisangani et Goma mardi, puis plus tard Bujumbura et Kigali, s’inscrit dans cette optique de rencontrer les représentants de la tripartite qui s’occupe du mécanisme conjoint de vérification aux frontières entre la Rdc et ses voisins de l’Est.
Outre ses audiences avec les hautes personnalités du pays, le sous-secrétaire d’Etat américain a visité l’hôpital que construit notre compatriote Mutombo Dikembe dans la commune de Masina. Lundi 3 avril 2006, elle a assisté à la cérémonie marquant la réception par l’état-major général des Fardc de 75 officiers supérieurs formés au Centre supérieur militaire de Ngaliema par des instructeurs américains.
«Il n’est question que l’on retarde la tenue d’élections parce qu’il y a des problèmes», a dit Mme Jendayi Frazer en réponse à la question sur des revendications de l’Udps et du Rcd. Selon elle, le processus électoral est déjà engagé et il est dynamique, les problèmes qui se posent peuvent être résolus au fur et à mesure, par le moyen du dialogue.
Par ailleurs, Mme Jendayi s’est insurgée contre l’idée selon laquelle l’absence de l’Udps dans le processus en cours pourrait jeter un discrédit sur les élections et leurs résultats. Elle a estimé que ce que fait la Cei jusque là était crédible, quand bien même on lui attribuerait pas la note 10/10. Elle a déploré que l’Udps se soit mise à l’écart du processus en cours : «C’est malheureux qu’un grand parti comme l’Udps n’ait pas saisi l’opportunité de participer aux premières élections démocratiques dans ce pays».
Elle a encouragé les membres de l’Udps qui ont déposé leurs candidatures en tant qu’indépendants, tout comme elle a exhorté d’autres acteurs politiques d’exploiter l’électorat abandonné par l’Udps. En fait, le plus important, pour elle, c’est qu’il y ait des élections à l’issue desquelles sorte un gagnant et un perdant.
«La Cei, la communauté internationale et particulièrement les Etats-Unis ont déjà choisi leur candidat chef de l’Etat et n’attendent plus que le moment de le proclamer». Cette assertion a été a rejetée par le sous-secrétaire d’Etat américain en disant que son pays appuyait, au contraire, le droit des Congolais à se choisir leurs futurs dirigeants. Et d’ajouter : «Il y a beaucoup de candidats mais le gouvernement américain n’a de préférence pour aucun».
Concernant le non respect de la date du 30 juin 2006 comme fin de la période de transition en Rd Congo, le sous-secrétaire d’Etat américain a dit que c’était fait par anticipation. Ce qui expliquerait les dispositions sur la possibilité de prolongation que contenait la Constitution de la transition. Toutefois, elle a fait savoir que la question est déjà réglée par la nouvelle constitution promulguée. Allusion faite à l’article 222 de la Constitution de la troisième République qui stipule que les institutions de la transition restent en place jusqu’à l’installation de nouvelles autorités élues.
