Lucien Badjoko, ex-enfant soldat et auteur du livre «J’étais enfant soldat», a échappé bel et bien à un enlèvement par deux inconnus. L’histoire s’est passée dans la soirée du samedi 25 mars 2006 lorsqu’il débarquait à l’aéroport de N’djili en provenance de la France où il est allé suivre l’édition de son livre et des soins médicaux en rapport avec un trouble de balle qu’il a reçue dans le ventre pendant qu’il était soldat (kadogo).
Badjoko était en compagnie du colonel Olivier de la Monuc à bord de l’avion Kisangani. Mais à l’aéroport de N’djili, personne n’est venue le chercher et son compagnon, ne pouvant le transporter dans la voiture officielle, était donc parti. Quelques minutes plus tard, il aperçoit dans la rotonde de l’aéroport deux inconnus circulant avec une pancarte sur laquelle est écrit son prénom et son nom. Sans trop se demander qui ils pouvaient bien être, il se présente devant eux. Les deux inconnus l’aident à transporter ses bagages jusqu’à bord du véhicule blanc garé dans le parking de l’aéroport. Dans une ambiance de convivialité, ils roulent hors de l’aéroport. Après quelques mètres de parcours, Lucien Badjoko se ressaisit, il se questionne sur l’identité de ces individus qui l’ont accueilli comme s’ils le connaissaient, alors que lui, ne les connaît ni de vue ni de nom. Ne pouvant plus retenir ses pensées, il leur demande de se présenter. Qui êtes-vous ? leur demande-t-il. Ils lui répondent en lingala: «Yo oza ndeko na biso»; comme pour dire, «ne cherches pas à savoir plus. Tu es notre frère ».
Soudain, des idées circulent dans sa tête, puis il trouve une astuce pour se séparer de ces inconnus. Il leur demande de lui accorder un instant pour qu’il aille se soulager dans la brousse près de l’aéroport. Très compréhensif, le conducteur parque le véhicule. Badjoko descend et s’éloigne petit à petit du véhicule. Comme il avait son appareil photo, il a flashé le véhicule. C’est alors que l’un d’eux se fâche et le menace d’avoir posé cet acte.
Il a alors compris que c’était des malfaiteurs. Fallait-il continuer ou non la route en leur compagnie. C’est la question que Badjoko s’est posée. Il a résolu de ne pas continuer le chemin en leur compagnie. Il résiste alors aux menaces de ces inconnus qui lui enjoignent de rentrer dans le véhicule. La résistance était forte au point que l’un de ces bourreaux, sort une arme et lui braque. Ex-kadogo, l’arme ne l’a pas tellement fait peur. Il a l’intention de la lui arracher mais; il se retient car il refuse qu’il se produise un incident malheureux. Quelque part, il est confiant à la patrouille de l’aéroport qui ne peut tarder à intervenir si un coup de feu retentit dans les environs.
La providence étant là, pendant que leur discussion continuait, un taxi passe. Le taximan les aperçoit, ralentit, puis s’arrête. Il demande ce qui se passe. Les deux malfrats se précipitent de lui répondre qu’il n’y a rien, le chauffeur redémarre sa voiture.
Lucien Badjoko crie, à son tour. Le chauffeur s’arrête et descend cette fois-ci de sa voiture. Badjoko essaie de lui expliquer les faits. Un policier se trouvant à bord de ce taxi. somnolait. Comme les tons s’élevaient, il se réveille et vient s’enquérir de la situation. Il se met lui aussi à discuter avec les deux malfaiteurs et leur demande leurs identités. Comme s’ils s’étaient préparés à une pareille résistance, les deux inciviques ont pris fuite. Ils regagnent leur véhicule dont le moteur était garder en marche et roulent à grande vitesse. Lucien Badjoko, le policier et le taximen entrent dans le taxi et se rendent sur la « Place Victoire» où ils ont déposé le policier. De là, le conducteur l’a déposé chez un ami. La question demeure, celle de savoir les raisons qui expliquent cet acte.
