En pleine phase crucial de la campagne des présidentielles au Congo-Kinshasa, le gouvernement fédéral allemand a rappelé son ambassadeur, Rheinard Buchholz, à Berlin. Mr Michael Klor-Berchthold a été désigné comme nouveau patron de l’ambassade d’Allemagne au CONGO. Celui-ci a fonctionné comme conseiller politique auprès du général Karl-Heinz Viereck, le commandant de l’EUFOR. Il est considéré comme un fin connaisseur de la situation congolaise.
Pas de prise de position
Des milieux informé de Berlin indiquent que l’ambassadeur Bucholz serait à Berlin pour des « raisons personnelles, et qu’aucune décision n’aurait été prise à ce jour pour un retour éventuel à Kinshasa ».
D’après des informations de la FAZ (frankfurtallde), Buchholz aurait quitté le pays avec un one way ticket (billet aller simple), ce qui équivaut à une révocation définitive.
Deux raisons seraient à l’origine de cette surprenante décision dans le contexte au Congo. D’une part les relations ébranlé entre l’ambassadeur et le président J. Kabila , d’autre part des tensions avec les pays composants l’Eufor. Buchholz n’était pas joignable toute la journée de dimanche pour une prise de position.
Une discussion franche avec KABILA
Buchholz faisait parti des 15 ambassadeurs qui se sont retrouvé le 21 août à la résidence de Jean Pierre Bemba, le challenger de Kabila aux élections présidentiel, quand celui-ci a agressé la résidence avec des chars.
En compagnie de Jean Pierre Bemba les 15 ambassadeurs ont trouvé refuges dans les caves de la résidence été libéré finalement grâce à l’intervention des soldats UN et de l’EUFOR. D’après des sources locales à Kinshasa, l’ambassadeur allemand ,à la suite de cette agression, aurait dit ses 4 vérités à Kabila au delà des considérations diplomatiques.
D’autres sources indiquent que Bichholz aurait littéralement « tancé » de manière totalement non-diplomatique le président de 35 ans. Ce que celui-ci aurait très mal pris.
Oubli de signaler sa dispute avec KABILA
Le signe visible de cette crise serait le refus de Kabila de recevoir le ministre de la défense Young, lors de sa visite à Kinshasa en septembre. En fait le ministre a poireauté pendant des heures lors d’un rendez-vous avec Kabila, organisé via les services de l’ambassade, avant que celui-ci ne le décommande finalement.
Précisons qu’à cette période, -fin septembre début octobre- aucun politicien étranger n’a été reçu au palais présidentielle à l’exception du ministre de la défense belge André Flahaut. Il n’est pas clair aujourd’hui si l’ambassadeur a été puni à cause de son oubli d’informer Berlin de sa dispute avec Kabila ou pour le fiasco du rendez-vous avec le président Kabila.
La dispute entre Buchholz et Kabila est plus qu’un incident mineur se démontre par la difficulté du nouveau représentant allemand de reprendre la discussion avec le président. D’après les information de la FAZ, des citoyens à titre privés auraient été sollicités pour tenter de renouer le contact diplomatique avec le président.
Une approche nationale d’une force multinationale.
En parallèle des disputes avec Kabila, des irritations sont apparus au sein de l’union européenne à propos de l’ambassadeur allemand. A l’origine Buchholz aurait montré un intérêt exclusive pour la composante allemande des troupes de l’Eufor. Un observateur avisé explique que cela ne peut pas être reproché à un ambassadeur allemand, malgré qu’une vision d’ensemble est mise en arrière plan. La France en particulier,qui fourni le gros des troupes stationnés à Kinshasa, s’est étonné à plusieurs reprises « à propos d’une vision strictement nationale d’une troupe multinationale. »
Les Français « font ce qu’ils veulent »
A ce propos il est beaucoup question d’un « manque d’harmonie », Manifestement la collaboration entre officiers français et allemands et tout sauf non-conflictuelle. Selon la « Bundeswehrt » s’accumulent les plaintes à propos de l’arrogance des français qui d’après un officier « font ce qu’ils veulent », La démission de Buchholz n’a rien à voir avec la soi-disante campagne pour la prolongation du mandat de l’Eufor au delà du 30 novembre. Buchholz n’a jamais caché son point de vue qu’il fallait mettre fin au mandat à la date convenue.
