Ils ont tous – les quatre adjoints au président de la République – défilés devant la délégation du Conseil de sécurité des Nations unies pour donner leur point de vue sur la poursuite de la transition congolaise. Chacun est venu, presqu’à tour de rôle, faire prévaloir ses idées sur la gestion de l’après 30 juin2006. Faudra-t-il oui ou non ouvrir de nouvelles négociations avant cette date jugée « fatidique » par certains courants politiques. Ce point a dominé les échanges hier matin entre la délégation onusienne et les quatre vice-présidents de la République.
Le vice-président Yerodia Abdoulaye Ndombasi était le premier à être reçu. A sa sortie de l’audience, il a déclaré être « candidat à rien du tout ! La mienne, je la donne à Joseph Kabila que je vais le soutenir pour qu’il soit élu président de la République ». Il sera suivi par le vice-président Azarias Ruberwa. Les problèmes liés à la sécurité et à la politique ont fait l’essentiel de leur conversation. Sur la question de sécurité, il a fait savoir qu’il était indispensable de réunir un minimum de sécurité pour aller aux élections, reconnaissant toutefois que les problèmes qui se posent dans l’Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Nord-Katanga ne pouvaient pas empêcher la tenue des élections. Dans le volet politique de leur entretien, il a dit avoir porté à la connaissance de ses interlocuteurs qu’il serait hasardeux d’aller aux élections sans un minimum de concertations entre partenaires de la transition signataires de l’Accord global et inclusif. L’important pour cette série qu’il a voulu la plus courte possible est de « traiter les questions qui fâchent, à savoir : pourquoi, il n’y a pas eu les élections avant le 30 juin, pourquoi il n’y a pas d’inclusivité et qu’est-ce qui peut être fait ? »
Troisième à être reçu, le vice-président a abondé dans le même sens que Azarias Ruberwa, appelant vivement à des concertations politiques pour garantir l’inclusivité du processus électoral. Selon lui, ces concertations politiques devraient être une occasion pour la classe politique « non pas de faire table rase de tout ce qu’on a réalisé mais pour se préparer dans la sérénité aux élections pour lesquelles il est prêt ». Cela donnerait aussi l’occasion, pense-t-il, de clarifier la situation, notamment en rapport avec l’article 222 de la Constitution, et la sécurité des candidats.
C’est le vice-président Arthur Z’Ahidi Ngoma qui a clos cette série d’entretiens. Peu prolixe, il a plus présenté la nécessité pour le Conseil de sécurité d’appuyer la tenue d’une réunion inter-institution pour garantir la bonne suite des opérations en vue de trouver, a-t-il laissé entendre, réponses responsables aux problèmes posés.
