Les plénipotentiaires du processus en cours sont formels : la date du 30 juillet 2006 n’est pas discutable. Une décision consensuelle est intervenue au cours de la réunion inter-institutionnelle convoquée hier mercredi au Palais de la Nation par le chef de l’Etat pour faire l’état des lieux du processus en cours et la gestion de l’après 30 juin 2006. Reste à savoir si des concertations politiques avant les élections prochaines subiraient le même sort.
L’espace présidentiel au complet, le Ciat, les présidents des deux chambres du Parlement ainsi que les cinq Institutions d’appui à la démocratie se sont retrouvés hier mercredi 21 juin autour d’une même table au Palais de la Nation dans le cadre d’une réunion inter-institutionnelle. Une longue réunion qui a duré plus de trois heures et dont les travaux vont se poursuivre la semaine prochaine. Ce qui tranche sur son importance à la veille de la campagne électorale et des scrutins proprement dits.
Selon le porte-parole de la rencontre, l’ambassadeur William Swing, représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, responsable de la Monuc et chef de délégation du Ciat, ces plénipotentiaires de la gestion de la transition en RDC ont échangé sur l’état des lieux du processus électoral et les échéances après le 30 juin 2006. En d’autres termes, les principaux animateurs des institutions de la transition ont abordé les questions liées à la crédibilisation du processus électoral, l’accès aux médias ainsi qu’à la sécurisation des candidats et des élections.
Toutefois, William Swing a tenu à préciser que les élections législatives et le premier tour du scrutin présidentiel auront bel et bien lieu le 30 juillet 2006, car cette date n’est pas sujette à discussion. Soit.
Mais il n’empêche de s’interroger si l’espace présidentiel a pu harmoniser ses vues par rapport au 30 juin ( ?) Ou encore de savoir si au cours de cette première journée de la réunion inter-institutionnelle si tout le monde a parlé le même langage ? Le chef de la Monuc a répondu : « Je sens déjà qu’il y a une certaine convergence qui suscite beaucoup d’espoirs. On est sur la bonne voie »
DES CONCERTATIONS
Bonne voie. Cela laisse supposer qu’au cours de cette rencontre, l’idée de tenir des concertations avant le déroulement des élections a certainement été évoquée. Nous ne doutons pas un seul instant que des personnalités politiques comme Me Azarias Ruberwa, vice-président de la République et président national du Rcd aurait laissé échapper une telle opportunité.
En l’espace d’une semaine, face à la délégation du Conseil de sécurité et devant les chrétiens de la paroisse Sainte Anne, Ruberwa avait souligné la nécessité de tenir ces concertations pour s’appesantir sur des « questions qui fâchent et des dossiers sales ». Ainsi, il serait franchement surprenant qu’au cours de cette rencontre la question de la tenue ou non des concertations avant les élections n’ait pas été abordée. Le communiqué final pourrait fixer l’opinion sur l’option prise en définitive par l’espace présidentiel sur cette question qui divise depuis bien des mois la classe politique congolaise.
Bonne voie, car l’espace présidentiel était au grand complet. Or, si l’ on se reporte sur les médias avec cette « guerre au couteau » entre les représentants du président Kabila et de JP Bemba, on avait déjà attribué le report de cette réunion prévue mardi à l’absence du vice-président de la République en charge de l’Economie et Finances. Surtout qu’il a été le grand absent des cérémonies nuptiales du couple présidentiel, on avait des craintes que cette réunion puisse avoir lieu. William Swing a toutes les raisons d’être optimiste.
Mais l’on ne doit pas s’arrêter à mi-chemin. Car, cette réunion institutionnelle doit jeter les bases solides des élections apaisées et crédibles.
Concernant la présence, presque insolite, du ministre de l’Intérieur à cette rencontre des plénipotentiaires de la transition, le représentant spécial du secrétaire des Nations unies au Congo a indiqué que ce dernier préside le comité de pilotage pour la sécurisation des élections. C’est à ce titre qu’il est associé à cette rencontre et qu’il a été abordé avec lui la question de savoir comment on peut sécuriser les élections.
William Swing a dit, à ce sujet, que la semaine dernière ils avaient déjà fait le constat selon lequel il fallait mettre en place une police avant les élections. Ce corps serait présentement évalué à 42 mille policiers et très prochainement sera porté à 50 mille policiers formés pour la sécurisation des élections avant le 30 juillet 2006.
S’agissant de la réforme de l’Armée, le chef de la Monuc a fait savoir que 12 brigades étaient déjà formées, mais qu’il restait la question de trouver un soutien de qualité pour payer la solde des militaires ; assurer leur nourriture et leur fournir tout de suite une logistique adéquate pour la rendre plus dissuasive, efficace et efficiente. Les dispositions sont prises pour ce faire, a-t-il relevé.
Il reste que les acteurs principaux de la transition ne manqueront pas de prêter une attention aux revendications de leurs partenaires qui sont hors des institutions. La paix, l’acceptation des résultats des scrutins ainsi que la gestion apaisée de l’après-élections en dépendraient.
