Il se tient ce jeudi 22 juin à Paris une conférence internationale sur le Bassin du Congo à laquelle prennent part les ministres ayant en charge l’Environnement de sept pays membres de ce massif forestier de l’Afrique centrale. Une fois encore, la République démocratique du Congo est absente. Le ministre de l’Environnement n’a pas obtenu le quitus de l’autorité compétente pour se rendre à cette rencontre. En mai dernier, le siège de la Rdc était vide à la conférence de la Comifac tenue à Brazzaville. Et pourtant, c’est la Rdc qui abrite plus de la moitié de forêts du bassin du Congo.
Les ministres ayant en charge l’Environnement et la conservation de la nature des pays du bassin du Congo prennent part ce jeudi 22 juin à Paris, en France, à la conférence internationale sur le bassin du Congo. Les travaux de cette conférence porteront particulièrement sur les menaces pesant sur les écosystèmes forestiers, sur les financements possibles pour appuyer l’action de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et sur la gouvernance (harmonisation et application effective des législations forestières, légalité et durabilité de l’exploitation, processus de certification).
La République démocratique du Congo fait partie de sept pays du bassin du Congo avec le Gabon, le Congo Brazzaville, le Cameroun, la Guinée Equatoriale, le Tchad et la RCA. Si les représentants de tous les autres pays du bassin du Congo sont présents à cette rencontre, celui de la Rdc, le ministre de l’Environnement, Conservation de la nature, Eaux et Forêts, n’a pas fait le déplacement. Il n’a pas reçu des autorités compétentes, notamment la présidence de la République, l’autorisation de sortie pour participer à ces travaux. Rappelons que le même ministre a été absent pour le même motif à la conférence de la COMIFAC tenue à Brazzaville en mai dernier.
La lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi la recherche pharmaceutique, la conservation des espèces menacées ou le développement économique se jouent au cœur de l’Afrique, sous les frondaisons des 184 millions d’hectares de forêts humides et des 20 millions d’hectares de forêts marécageuses du bassin du fleuve Congo. Dans ce deuxième massif forestier du monde, après celui de l’Amazonie, la République démocratique du Congo, à elle seule, abrite 128 millions d’hectares de forêts, soit plus de la moitié des forêts du Bassin du Congo. Il s’ajoute un majestueux fleuve Congo, le deuxième de l’Afrique après le Nil. C’est dire qu’on ne peut parler du bassin du Congo sans associer la Rdc. Mais pour le cas d’espèce, l’absence de la Rdc aux diverses rencontres internationales sur la gestion de la biodiversité du Bassin du Congo est le fait des contradictions internes des acteurs politiques congolais.
Les forêts du Congo constituent un véritable poumon écologique pour la planète et abritent la plus importante biodiversité d’Afrique. S’il est encore à ce jour assez bien préservé, des menaces pèsent de plus en plus sur sa conservation. Il est donc urgent d’agir. Pour préserver cet écosystème, les pays de la région ont décidé de se concerter et de créer la COMIFAC, organisme régional qui comprend aujourd’hui le Cameroun, la RCA, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad, la Rdc, le Rwanda, le Burundi, Sao Tomé et Principe et l’Angola.
Lors du sommet mondial du développement durable de Johannesburg en 2002, le « Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo » a été lancé. Il associe aux pays de la région les principaux bailleurs de fonds, les ONG, les institutions internationales et le secteur privé. Le rôle de ce partenariat est de servir de forum de dialogue entre tous les acteurs concernés par les problématiques du Bassin. La France assume depuis le sommet de Brazzaville, auquel a pris part le président Chirac en février 2005, le rôle de « facilitateur » du partenariat précédemment exercé par les Etats-Unis. C’est dans ce cadre qu’elle organise cette conférence à Paris qui est en fait une réunion plénière de ce partenariat pour faire le point sur l’état de la forêt et sur les activités des partenaires pour la conservation et la gestion durable du bassin du Congo.
