REQUIEM POUR UN MARTYR: LOUIS BAPUA MWAMBA 1107

Nous publions ce poème de notre compatriote Nzogu Bin Kyantede, écrit en mémoire de notre aîné Louis Bapua Mwamba, vieux jouranliste de 64 ans assassiné chez lui à Kin-Matete (où il était rentré, depuis la France, en octobre 2005), à 3 heures du matin, par trois militaires « hiboux » probablement envoyés par la présidence. Dites à toutes celles et tous ceux que vous pouvez joindre au pays de ne surtout pas voter pour l’apprenti
dictateur, JOSEPH KABILA, qui semble avoir oublié la leçon d’histoire administrée à Mobutu et à Laurent Désiré Kabila! Ne perdons pas une génération encore, dans la pauvreté et la violence!

REQUIEM POUR UN MARTYR: LOUIS BAPUA MWAMBA

O pauvre Bapuwa Mwamba, O Tatu Louis
Désormais illustre par le martyre subi

Tu t’es dit « Congo belle patrie me voici
Je quitte la douce France je rentre au dur Pays
J’abandonne ma famille et mon douillet confort
A mon peuple de nouveau je lie mon sort! »

Et ils t’ont donné la mort!

Tu nous a dit « Je prends mon courage à deux mains
A cet exil si long aujourd’hui je mets fin
Je quitte la gare je prends l’Histoire et son train
Au milieu de mon peuple je me veux témoin. »

Et tu n’as pas vu le matin!

Tu t’es endormi et tu rêvais sans doute
Aux écrits futurs, à la suite de ta route
Au flambeau à porter de la liberté
Tu t’es endormi en repos du guerrier

Et tu ne passeras pas l’été!

Tu t’es dit « Mes neveux me font bouclier
Mes écrits me protègent mon statut est sacré
Je suis scribe et de moi Pharaon a besoin! »
La cruauté cependant refuse tout témoin

Et ils t’ont donné la mort!

Tu nous a dit « Le Maréchal est bien mort
Les hiboux sont partis j’arriverais à bon port
Mon passeport est sésame je verrai bien l’aurore! »
Mais le fleuve a ses crocos la nuit est carnivore

Et ils t’ont donné la mort!

Malheur au pays qui dévore ses enfants
Qui se ferme à l’avenir en tuant son présent
Malheur à des urnes rouges du sang innocent!

Maudit est le Pharaon qui défie le sacré
Qui absout l’assassin et fait taire le lettré:
Maudit est le pouvoir qui ne veut se limiter!

Mauvais est le Vizir qui égare le Sultan
L’homme de cour qui égorge l’impertinent
Et fait pacte avec renard hibou et serpent!

O arrogants qui vous croyez égaux des dieux
Apprentis sorciers qui vous dites maîtres du feu
D’autres avant vous ont péri car orgueilleux!

Le léopard a dû fuir et le lion mugissant
Médite dans son mausolée la dure loi du sang
Si le lionceau déjà se rêve léopard méchant
La jungle et l’Histoire ont mille pièges béants!

Vous faites une veuve et quatre orphelins
De la mort de leur oncle des neveux furent témoins
Le passif s’alourdit à la balance de vos actes
Avec le diable avez-vous donc fait pacte?

Hyppocrites assassins, vous vous cachez?
De votre lâcheté, réclamez donc paternité!
Par forêts et savanes pourquoi vous allez
Promettant pour tous sécurité et liberté?

Echec à qui croit imposer le Silence
En brisant l’encrier avec sa lance
A son offense répondra l’intransigeance!

Taisez-vous! dites-vous? Nous crions de plus belle!
Vous imposez la censure? Nous y serons rebelles!
Et vivra Bapuwa par nos plumes qu’il inspire
Et vous mourrez de honte dans vos palais impies!

Vous êtes pleins d’or et croyez tout corrompre?
Nos âmes seront d’un métal qui ne peut se rompre
S’il nous faut rester dans l’exil et le froid
Nous mourrons dans l’honneur en portant notre croix!

O pauvre Bapuwa Mwamba O vieux Louis
Désormais illustre par le martyre subi
A tes cendres et aux tiens notre réconfort
Et malédiction à ceux qui t’ont donné la mort!
Nzogu Bin Kyantede P R,
ce lundi 17 juillet 2006,
à Paris, en France.

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