La commune de N’djili est située dans la partie Est de la capitale congolaise Kinshasa. Les habitants du quartier Secomaf éexercent le metier d’agriculteur. C’est une agriculture de survie, exercée avec les moyens de bord, càd sans tracteurs sans tenir compte du rendement, sans engrais. Bref une production qui permet à peine au producteur de subvenir aux besoins de sa famille. C’est dans cette zone que nous avons rencontré Monsieur Yves Kinanga qui est l’un des rares habitants à ne pas faire le travail des champs mais fabrique des arrosoirs pour ses voisins les cultivateurs. Ce dernier a accepté de nous accorder une interview.
br>Culturek : ça fait combien de temps que vous fabriquez des arrosoirs dans cette contrée reculée de la capitale ?
Kinanga : j’ai commencé depuis 1991, l’année des pillages. Nous avons été remercié par l’entreprise qui nous employait et je devais trouver comment nourrir ma famille.
Culturek : est-ce une entreprise rentable ?
Kinanga : à cette question, je crois qu’il y a deux volets. Le premier volet est que lorsque nous avons commencé vers les années 1990, il n’y avait pas beaucoup de personnes qui fabriquaient les arrosoirs ici à N’djili Secomaf. Le deuxième volet est que depuis un certain temps, le nombre des chômeurs dans la capitale a augmenté et voila que nous sommes nombreux à fabriquer des arrosoirs. Ca paie de moins en moins mais la chance que j’ai, ce que mes clients viennent toujours quand il faut renouveler les arrosoirs.

J’envoie mes enfants qui sont en même temps mes assistants chercher des tôles dans des chantiers de construction. Ils négocient avec les chefs des chantiers l’achat des morceaux des tôles dont ils n’ont plus besoin.
Une autre façon est de faire le porte à porte pour que celui qui en possède et qui n’utilise pas me les vendent. Ce n’est pas toujours facile mais il faut bien le faire si nous voulons vivre.
Culturek : à combien vendez-vous vos arrosoirs ?
Kinanga : nous les vendons à 3500 francs ce qui fait à peu près 8 dollars américains. Mais comme sait le faire tout kinois, mes clients discutent toujours le prix.
Culturek : quel bon souvenir gardez-vous de ce métier ?
Kinanga : Si je n’avais pas eu cette idée, mes enfants ne seraient pas scolarisés à ce jour. Je bénis donc le bon Dieu qui m’a donné le courage de monter cette petite entreprise pour subvenir aux besoins de ma famille.
