15/04/2005 18:03:30 – KINSHASA (AFP)
L’enregistrement des électeurs débutera « en juin 2005 » en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé vendredi à Kinshasa la Commission électorale indépendante (CEI).
Cette annonce de la CEI, dans une déclaration lue au cours d’une conférence de presse, signifie de facto un report des scrutins prévus dans le pays avant la fin juin, en vertu de l' »accord global » régissant la transition politique dans l’ex-Zaïre.
Cet accord, signé en décembre 2002 en Afrique du Sud par l’ensemble de la classe politique congolaise, prévoit toutefois la possibilité d’un report des scrutins de 12 mois maximum.
« Le délai requis par la Constitution de transition est de 24 mois, à compter de la mise en place du gouvernement (installé le 30 juin 2003). Le délai butoir est de 36 mois », a souligné l’abbé Apollinaire Malu Malu, président de la CEI.
« Le travail et la détermination mèneront aux élections, pas les spéculations à longueur de journée sur la date des scrutins », a-t-il ajouté.
La CEI a annoncé un « test de validation des kits d’enregistrement numériques qui serviront à l’inscription des électeurs » du 25 avril au 1er mai, à Kinshasa et dans une localité rurale du Bas-Congo (sud-ouest).
A l’issue de ce test, l’une des trois sociétés retenues après appel d’offre sera choisie pour la fourniture de l’ensembles des 9.000 kits d’enregistrement, comprenant ordinateur portable, imprimante pour sortie des cartes d’électeurs, scanner pour la capture d’empreintes digitales, etc.
« La sélection finale du fournisseur (le Sud-africain MMA, le Franco-sud-africain Sagem-Facegroup ou le Belge Zetes pass) devrait intervenir dans la première semaine du mois de mai », a indiqué la CEI.
Interrogé sur les retards du processus électoral, l’abbé Malu Malu a affirmé qu’en quatre mois, la CEI s’était dotée de « 90% de ses bâtiments », que ses onze bureaux provinciaux étaient « opérationnels » et ses 64 bureaux de liaison « identifiés » à travers tout le pays.
Pressé d’avancer une date pour les élections, l’abbé Malu Malu a rappelé que ni la future Constitution – qui doit être adoptée par référendum – ni la loi électorale n’avaient encore été votées par le Parlement.
« Si on n’a pas de Constitution, je ne vois pas par quelle magie on va organiser un référendum constitutionnel », a-t-il lancé.
Le président de la CEI a souligné l’importance de l’étape d’enregistrement, qui devrait « se faire en trois mois ». « Si les listes électorales ne sont fiables, on peut laisser tomber tout le reste », a-t-il ajouté, rappelant que la RDC comptait officiellement 247 partis politiques, soit autant de « contestations possibles » des listes ou des scrutins.
Le coût global des élections est estimé par la CEI à 431 millions de dollars, dont 285 pour l’organisation des scrutins et 146 additionnels pour la logistique et la sécurisation. A ce jour, 70 M USD ont effectivement été débloqués par la communauté internationale, principal bailleur de ces opérations.
