RDC: le camp Bemba veut une campagne juste, critique l’autorité des médias 1293

30 sep. 06 – 14h44 KINSHASA, 29 sept 2006 (AFP) – L’Union pour la Nation (UN) du candidat à la présidence congolaise Jean-Pierre Bemba a plaidé vendredi à Kinshasa pour une campagne juste et a critiqué l’organe de régulation des médias, accusé
de se prêter à une tentative de musellement de ses cadres.

La Haute autorité des médias (Ham) a récemment placé sous « embargo médiatique » pour avoir tenu des propos incitant « à la haine », à « la xénophobie » ou pour avoir « versé dans l’apologie de la congolité » plusieurs responsables de l’UN ainsi que du camp du président Joseph Kabila, qui affrontera M. Bemba au second tour de la présidentielle le 29 octobre.

Est notamment visé par un embargo de 30 jours l’opposant et ex-ministre des Transports Joseph Olenghankoy, officiellement désigné vendredi comme « directeur général de campagne » de l’UN.

Interrogé sur la nomination à ce poste d’un homme épinglé à plusieurs reprises pour des propos jugés xénophobes, le coordonnateur de l’UN, François Muamba, a mis en cause l’indépendance de la Ham.

« Nous avions déjà reçu des informations précises qui indiquaient que notre adversaire politique était en train de prendre des dispositions pour pouvoir nous stopper. Nous condamnons cette façon de procéder. Nous condamnons la manière dont la Ham semble être instrumentalisée », a déclaré M. Muamba au cours d’un point presse.

Il a affirmé que des « lettres de protestation » avaient été envoyées à la Ham, dont il attend des « décisions plus justes » pour une campagne apaisée, avec un « minimum de concorde » et de « sécurité ».

« On ne peut pas s’engager dans une bataille comme celle-là avec un adversaire qui aurait tout (…) et que nous soyons totalement muselés », a-t-il ajouté, affirmant que l’UN se battait pour « la réappropriation tant de la souveraineté que des richesses naturelles » du pays.

De son côté, le président de la Ham, Modeste Mutinga, a rappelé que M. Muamba, au nom de M. Bemba, et Guillaume Samba Kaputo, au nom de M. Kabila, avaient signé fin août « un acte d’engagement » portant notamment sur la gestion des médias pendant la période électorale.

« Cet acte n’autorise aucun acteur politique à tenir des discours de haine », a-t-il déclaré à l’AFP.

« On reproche à M. Olenghankoy d’avoir déclaré lors du lancement de l’Union pour la nation (UN) qu’il restait deux candidats en lice pour le second tour de la présidentielle: +un candidat des étrangers et un candidat des Congolais+ », a-t-il expliqué.

« Ce sont des propos de haine totalement inadmissibles, de la pure congolité (version congolaise de l’ivoirité). Tout média qui reprendrait des propos de M. Olenghankoy avant l’expiration de l’embargo (le 24 octobre) sera sanctionné et coupé », a prévenu M. Mutinga.

« S’ils (les cadres de l’UN) veulent dénoncer l’acte d’engagement qu’ils ont signé, devant la communauté internationale, qu’ils le fassent clairement », a-t-il ajouté.

Cet acte avait été signé après de violents affrontements du 20 au 22 août à Kinshasa entre troupes de MM. Kabila et Bemba, respectivement crédités de 44,8% et 20% des voix au premier tour de la présidentielle.

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