LES DECISIONS EN CASCADES DE LA HAM, UN DANGER SUR LA LIBERTE DE LA PRESSE ET L’EXERCICE POLITIQUE E 1292

La haute autorité des médias vient encore d’annoncer une série de sanctions. Francis Kalombo, nouveau député Pprd est interdit de médias pendant 15 jours. Le journaliste Roland Isio de Molière tv et la chaîne Rltv reçoivent un blâme tandis que Molière tv restera coupée pendant 24 heures, rapporte radiookapi.net

Ces sanctions sont cependant contestée par l’ong la voix des sans voix. Flory Barshebea, numéro un de cette ong, parle de partialité : « Là, ça donne l’impression que la haute autorité des médias est instrumentalisée et manque de réalisme et d’impartialité, remarque-t-il. Dans le contexte actuel des élections, poursuit Flory Bashebea, ça crée en fait un climat qui n’est pas propice et c’est une sorte d’épée de Damoclès qui est suspendue sur les médias et sur les acteurs politiques et qui risque finalement de troubler ou de faire échec au jeu électoral dont les congolais attendent un grand résultat »

En réaction à cette déclaration, le 2e vice président de la Ham estime qu’il est impossible que la Ham , composée de membres venues de tous les bords, favorise un camp par rapport à un autre. « Il y a un problème d’information qui se pose », souligne Dominique sakombi. « Beaucoup d’acteurs politiques n’ont pas lu tous les textes réglementant la Ham. Nous avons ce pouvoir. Nos textes ont reçus le quitus de la cour suprême de justice et par conséquent, ils sont opposables à tous. Il est impensable que la Ham soit guidée par des volontés partisanes. C’est impossible », insiste-t-il. « Au sein de la Ham, nous venons tous de composantes diverses. Il est impossible qu’une composante ou une autre puisse s’imposer au regard de la loi pendant les débats, pendant les discussions »

Dimanche dernier, rappelle radiookapi.net, la Ham a pris des sanctions contre certains responsables des médias, certains médias et même certains acteurs politiques. Notamment Christian Badibangi , Jean Baptiste Bomanza , Roger Lumbala, Firmin Kama et Joseph olengankoy.

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) tire une fois de plus la sonnette d’alarme sur les risques et les dangers du dérapage que la Haute Autorité des Médias (HAM) fait peser sur le processus électoral en cours suite à une série des mesures impopulaires et inopportunes contre les médias.
En effet, cet organe de régulation des médias, qui est de plus en plus mal perçu par l’opinion congolaise et félicité constamment par la communauté internationale vient une fois de plus faire preuve de son instrumentalisation par les tenants du pouvoir et de son manque de réalisme et d’impartialité pour un atterrissage en douceur du processus électoral en frappant ce dimanche 24 septembre 2006 plusieurs personnalités politiques de l’opposition d’un embargo sur tous les médias pour une durée allant de 15 à 60 jours selon les cas.
Il s’agit de :
– Monsieur Christian Badibangi (15 jours) pour avoir tenu des propos exaltant « la congolité et autres formes de discrimination » au cours de l’émission « Rien que la vérité » diffusée le 22 septembre 2006 sur la chaîne de télévision « Molière TV » ;
– Monsieur Jean-Baptiste Bomanza (30 jours), il lui est reproché des propos faisant l’apologie de la « congolité » à travers les médias ;
– Messieurs Firmin Kama et Roger Lumbala (15 jours) est accusé d’avoir tenu des propos incitant à la xénophobie et à la diabolisation d’un adversaire politique au cours de leur intervention télévisée sur CCTV et CKTV, le 23 septembre 2006 ;
– Monsieur Joseph Olengankoy, président des Fonus et ex–ministre des transports (30 jours), il lui est reproché l’apologie de la congolité et l’incitation à la xénophobie.
– Messieurs Prosper Ndumbe et Idambitwo Bakato (60 jours d’embargo) pour outrage à l’autorité publique le 23 septembre 2006 au cours de leur intervention télévisée sur CCTV et CKTV.
Sur un autre registre, la HAM a adressé une mise en demeure publique au directeur des programmes de CCTV pour avoir diffusé le 23 septembre 2006, à l’occasion de la sortie officielle de la plate-forme politique « Union pour la Nation (UN) » en faveur de la candidature de monsieur Jean-Pierre Bemba Gombo, des propos sur la « congolité »
Après une autopsie des griefs retenus contre les uns et les autres, la VSV note avec amertume que ces décisions politiquement orientées de la HAM en ce moment crucial du processus électoral sont de nature à exacerber des frustrations parmi les acteurs politiques et à museler les médias congolais.
La VSV s’insurge contre l’utilisation abusive des terminologies telles « médias de la haine » proférant « des incitations à la violence, à la xénophobie et à la diabolisation … » susceptible de criminaliser injustement la presse en sacrifiant la vérité, laquelle est pourtant une arme tout recommandée pour lutter contre les injustices, les violations des droits de l’homme, la mauvaise gouvernance.
La rapidité suspecte avec laquelle la HAM et autres pouvoirs publics congolais indexent ces derniers temps les médias contraste d’avec la lenteur et l’impuissance avec lesquelles les pouvoirs publics traitent les violations des droits de l’homme, les répressions à balles réelles des manifestations pacifiques de l’opposition et des syndicalistes, les assassinats des journalistes et défenseurs des droits de l’homme…
L’interdiction imposée aux médias et à certains acteurs politiques de dire la vérité lors des émissions ou débats radiotélévisés sous prétexte de respect du code de bonne conduite, de règles d’éthiques et de déontologie journalistique est anti-démocratique et constitue un frein à l’avènement d’un Etat de droit en RDCongo. Cet embargo médiatique vise tout simplement à réduire au silence certains leaders politiques pendant la campagne électorale afin de faire le lit à des élections non démocratiques.
Tout en prenant pour responsable la HAM pour tout musellement, de toute pratique forcée d’auto-censure de nature à appauvrir davantage la presse en l’empêchant de jouer pleinement son rôle pour garantir la réussite du processus électoral en RDCongo :
– la VSV exige à la HAM à lever sans délai et sans condition sa décision d’embargo médiatique contre les acteurs politiques susvisés.
– La VSV demande aux acteurs politiques lésés à se mobiliser pour lutter contre les dérives et les menaces que la HAM fait encourir sur les médias congolais et les élections.
Dans le même ordre, les professionnels de médias doivent se battre pour briser l’épée de Damoclès suspendus sur eux et démocratisé la HAM en vue de l’amener à ne plus empiéter sur les attributions dévolues aux corporation de médias dont L’OMEC, l’UNPC…
Fait à Kinshasa, le 25 septembre 2006
LA VOIX DES SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)
26 SEPTEMBRE 2006

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