RDC: l’armée change de commandant au Nord-Kivu (est), où la tension monte 1823

KINSHASA – Le chef des forces gouvernementales congolaises en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), va prendre le commandement de l’armée dans la province voisine du Nord-Kivu (est), en proie à de fortes tensions, a-t-on appris lundi soir de source militaire.

Contacté par l’AFP à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, le général Vainqueur Mayala a confirmé sa nomination et indiqué qu’il devrait rejoindre « très rapidement » son poste à Goma, capitale du Nord-Kivu.

Cet officier de 54 ans s’est illustré ces derniers mois dans le district troublé de l’Ituri en parvenant à faire rendre les armes aux derniers chefs miliciens actifs dans cette région.

Il a successivement obtenu, en cinq mois, la reddition de Mathieu Ngudjolo, du Mouvement révolutionnaire congolais, de Cobra Matata, des Forces de résistance patriotique en Ituri, et de Peter Karim, du Front nationaliste et intégrationiste, des milices longtemps soutenues par l’Ouganda.

Ces ex-chefs miliciens ont été intégrés au grade de colonel aux Forces armées de RDC (FARDC) et ont permis depuis décembre 2006 la démobilisation de 1.244 combattants.

Le général Mayala, fidèle au régime de Kinshasa pendant la dernière guerre en RDC (1998-2003), remplacera à la tête de la 8e région militaire (Nord-Kivu) le général Ngyzo Sityalo, issu de l’ex-rebellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, soutenu par le Rwanda pendant la guerre).

Cette nomination intervient alors que le général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda (issu du RCD), basé dans le Nord-Kivu, menace de retirer ses troupes de l’armée régulière, faisant craindre le risque d’un nouveau conflit.

Nkunda, visé par un mandat d’arrêt international pour des crimes de guerre commis par ses hommes en 2004 à Bukavu (est), a passé en janvier un accord avec Kinshasa pour intégrer ses hommes aux FARDC, au sein de brigades dites « mixées ».

Il a récemment dénoncé l’échec du « mixage », accusant le gouvernement de ne pas prendre en charge ses hommes, de freiner l’extension du processus et menacé de retirer ses troupes pour « les utiliser autrement ».

Depuis début 2007, cinq brigades « mixées », constituées pour moitié d’ex-insurgés fidèles à Nkunda, ont été déployées au Nord-Kivu, où elles ont mené des offensives contre des rebelles hutus rwandais et où les exactions contre les civils ont décuplé.

Plus de 100.000 habitants ont fui leurs villages, sous contrôle des nouvelles brigades, accusées par des élus locaux de « crimes atroces contre les civils ».

Pour un observateur militaire occidental, « la situation est explosive » car « Nkunda contrôle une partie du Nord-Kivu à travers les brigades mixées », qui compteraient de très nombreux démobilisés rwandais.

Le général Mayala devra tenter de décrisper la situation ou faire face à un nouveau conflit dans l’est de la RDC. Son remplaçant en Ituri n’est pas encore connu.

(©AFP / 14 mai 2007 22h01)

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