Que fait le gouvernement? 200

On reparle à nouveau de l’Ituri. On reparle à nouveau de cannibalisme. On égorge, on mutile, on viole, on tue à nouveau en Ituri à la frontière Ougandaise. Toujours par les mêmes milices Lendu et Hema. Les seuls qui s’en inquiète c’est la communauté internationale, la Monuc… Mais que fait le gouvernement? Ils vont admirer le progrès de Shangaï.

Nous publions cette article de la Libre Belgique du 18-mars dernier dans son entièreté afin de dénoncer ces faits gravissimes.

Nous devons prendre conscience que les personnes qui subissent ces choses sont les frères, les soeurs, les cousines, les tantes de quelqu’un. Si ça se trouve nous avons même été au deuil de la personne. Nous n’avons pas le droit de rester indifférents.

Cannibalisme: la Monuc accuse



M.F.C. (avec AP, APA, ACP)Mis en ligne le 18/03/2005
– – – – – – – – – – –

La Mission de l’Onu au Congo diffuse un rapport accablant pour une milice lendue.Elle se défend d’agir pour venger ses morts.

L’offensive déclenchée par la Monuc (Mission de l’Onu au Congo) contre les milices lendues d’Ituri s’est prolongée cette semaine sur le plan médiatique. Le général néerlandais Patrick Cammaert, chef d’état-major de la division Est des casques bleus, a en effet révélé des cas de cannibalisme.

Enfants mangés

L’officier a présenté mercredi à Kinshasa un rapport sur des exactions imputées au Front de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI), une des deux milices lendues, basé sur des témoignages recueillis pendant un an. Il reprend notamment celui de Zainabo Alfani, violée plusieurs fois, mutilée, qui a dû regarder, en juin 2003, des miliciens faire bouillir ses deux fillettes et les manger. Le rapport de l’Onu cite également des cas de personnes tuées par des miliciens, qui les ont ensuite fait griller à la broche et mangées.

La Monuc a obtenu l’arrestation de divers chefs de milices lendues à Kinshasa, tandis que les chefs d’autres milices -notamment l’UPC, d’ethnie hema- étaient placés en résidence surveillée. L’un des chefs lendus arrêtés, Eric Mukiro, du FRPI, est accusé de rapts, exécution, viols, «esclavagisme sexuel» à l’encontre de communautés de pêcheurs, généralement hemas, vivant sur le lac Albert, à la frontière ougandaise.

Quelque 123 pêcheurs ont disparu entre mars et avril 2004, 10 autres ont été tués et 23 embarcations volées par le FRPI, affirme le parquet de Bunia, qui accuse les miliciens de détenir les personnes enlevées dans 16 camps où elles sont «forcées de travailler» comme maçons et pêcheurs; le poisson serait vendu en Ituri, au Nord-Kivu et en Ouganda.

Une nouvelle fois, la Monuc a assuré que son soudain déploiement d’activités depuis le début mars ne constituait pas des représailles contre la mort et la mutilation de neuf casques bleus bangladeshis, le 25 février dernier à Kafé (près de Bunia), zone contrôlée par l’autre milice lendue, le Front nationaliste et intégrationniste (FNI). Sans convaincre, cependant, puisque c’est la première offensive sérieuse de la Monuc (en Ituri depuis 2003) contre les milices et qu’elle vise les milices lendues; le bureau de coordination de la société civile en Ituri dénonce pour sa part des actes de barbarie de la part de milices lendues et hémas. Jeudi, en outre, le secrétaire général de l’Onu a lancé un «appel» au gouvernement congolais «pour qu’il appréhende les auteurs de l’attaque qui a coûté la vie à neuf casques bleus».

Milices lendues et hemas ont été créées par l’Ouganda voisin, pour contrôler la région.

© La Libre Belgique 2005

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to Top