Une motion déposé par le parlementaire Sessanga, réclame la démission de Me Nkulu, ministre d’état près de la présidence, ex-dircaba de Joseph Kabila. Cette motion a récolté la signature de 80 parlementaires. Ils semblent que parmi les signataires de cette motion il y a aussi des parlementaires membres de l’AMP.
Après l’expérience désastreuse de sa première audition devant le parlement, Me Nkulu ne pouvait pas réussir à sauver sa peau devant le parlement si la motion avait été accepté. Mais voilà, les parlementaires AMP membre du PPRD et d’autres Kabilistes (et fier de l’être) ont décidé de peser de tout leur poids au parlement pour sauver la peau d’un ministre d’état qui a perdu toute crédibilité dans l’opinion tant national que international.
Le récit de l’audition du ministre d’état au parlement montre un ministre qui s’est fourvoyé dans les explications sans convaincre l’hémicycle. La publication de sa correspondance avec le ministre de transport lui a été fatale, sans oublier la fuite en avant utilisé par la présidence en « révoquant » le ministre de transport à quelques minutes de son audition devant le parlement. Toutes ces manœuvres n’ont fait qu’augmenter les soupçon de l’opinion comme quoi il y a anguille sous roche.
Le samedi dernier l’AMP a utilisé tous les moyens pour obliger les parlementaires à rejeter la motion. Le gouvernement au grand complet et la présidence s’était mobilisé au palais du peuple pour faire pression sur les parlementaires afin de bloquer la motion. Mision accompli,puisque la motio a été rejeté avec 252 voix contre, 157 voix pour et 11 abstention.
Face à un tel acharnement, une telle hargne, nous sommes en droit de nous poser la question de savoir, pourquoi le camp Kabila est-il si déchainé à défendre Me Nkulu? Que veulent-ils cacher ou prouver? Que représente Me Nkulu? Que sait-il, qu’il risque de révéler si on l’ejecte? Par où tient-il Kabila?
Toutes ces questions sont légitimes quand on voit que le ministre de transport a été sacrifié à une vitesse inégalée depuis que le Congo existe, alors qu’il est tout autant membre du camp Kabila.
Comment l’opinion doit-il considérer cette attitude du camp présidentiel?
Cette hargne à défendre Me Nkulu, ne fait que confirmer ce que l’opinion ne cesse de clamer à savoir, ce dernier n’a fait qu’exécuter les ordres de son patron : Joseph Kabila. Il en détient probablement les preuves, et pour cela Joseph Kabila ne peut pas lui donner l’impression de le lâcher. Vrai ou faux, l’avenir nous le dira.
En matière de politique et surtout face à une catastrophe pareille, il est de bon ton que toutes les personnes incriminées soient démissionnées ne fussent que pour soigner les apparences et montrer au peuple que les autorités assument leurs responsabilités et donnent une valeur à la vie de chaque congolais. La démission des responsables politique de ce ministère n’est pas une question de principe ou de vengeance, c’est surtout une question politique et de crédibilité.
En effet cet accident est la conséquence de plusieurs années de négligence, de plusieurs facteurs connus et reconnus par tout les professionnels du secteur depuis des années. Si cela n’a jamais bougé, c’est à cause du trafic d’influence, des conflits d’intérêts, de la corruption, de l’incompétence et de l’irresponsabilité des personnes réputées responsables.
Comment un ministre de transport peut-il agir en responsable si à chaque fois qu’il prend une mesure visant à changer les choses, il reçoit des lettres d’injonctions, des coups de fil qui plaident en faveur d’un tel ou d’une telle? C’est une chance que cette fois-ci une de ces lettres de recommandation ou d’injonction aient été rendu public; généralement tout cela se passe derrière les vitres teintés des bureaux climatisés. En rendant cette lettre public, Mr Kuseyo voulait dénoncer ce genre de pression qui font que notre pays continue à s’enfoncer dans des mauvaises habitudes au lieu d’évoluer vers la gestion responsable. En sauvant Me Nkulu de la sanction qu’il mérite, la majorité à l’assemblée nationale se solidarise avec ceux qui usent et abusent du trafic d’influence de la corruption et de la mauvaise gestion.
Le secteur aérien doit être reformé en profondeur, il y a moyen d’allier les prix bas et la sécurité de tous. Les compagnies aériennes du monde entier subissent aujourd’hui la concurrence des compagnies qu’on appelle des « low-cost »(bas prix). A tel enseigne que les grandes compagnies cherchent à s’allier à ces petites sociétés qui ont réussi à optimiser leurs couts pour offrir des voyages à bas prix, mais avec la sécurité nécessaire. Comment font-ils? Comment gagnent-ils leur vie? Il y a lieu d’étudier tout cela sereinement donc sans pression autre que l’intérêt général et la sécurité des voyageurs et des zones survolées par les avions.
Pour qu’un ministre agissent contre cela, il est primordial qu’il ait une crédibilité sans précédent. Cette crédibilité ne pouvait provenir que d’une sanction politique exemplaire contre les deux responsables politiques reconnus de cette tragédie, Me Nkulu et Mr Kuseyo.
Demander d’attendre le rapport de la commission d’enquête institué au parlement pour sanctionner le minsitre d’état est une injustice vis-à-vis du ministre de transport qui a subit une sanction politique humiliante sans avoir même eu l’occasion de se défendre. Le deux poids deux mesures appliqué aujourd’hui par l’AMP octroie un statut de puissant intouchable au ministre d’état Nkulu. C’est indigne d’un état qui se dit démocratique.
Cette donne fausse complètement les résultats attendu de la commission d’enquête. Ses membres ne travailleront sous la pression de la présidence afin de charger le ministre révoquer et dédouaner le ministre d’état. Conséquence Plutôt qu’obtenir la vérité, Plutôt qu’aboutir à une reforme en profondeur nécessaire du secteur du transport aérien, on débouchera à des beaux discours creux qui n’apporteront aucune sécurité supplémentaire aux voyageurs et aux habitants des zones survolées par les avions.
Tout cela nous conforte dans la conviction que l’espoir d’obtenir des changements dans la douceur est vaine, seule la révolution radicale et violente permettra au peuple congolais d’avoir une valeur aux yeux de ses dirigeants. Les privilégiés ne renoncent pas d’eux-mêmes à leurs privilèges, il faut toujours les « aidés » par tous les moyens nécessaire (BY ALL MEANS NECESSARY!). A chacun de prendre ses responsabilités et de les assumer dans tous les cas.
