Laurent Nkunda n’a pas respecté l’ultimatum du gouvernement et ce dernier a rallongé la date butoir. D’après les explications du représentant de la MONUC à Goma, cette ralonge a pour but de separer le cas de Laurent Nkunda, criminel de guerre et de ses hommes de troupes à qui on offre de se rallier à l’armée regulière. La Monuc annonce que 1000 soldats de Laurent Nkunda ont déjà rallier le FARDC. En clair la MONUC souhaite gagner du temps avant l’offensive.
Joseph Kabila qui séjourne à Goma d’un côté déclare que sa patience a des limites et ce un mois après avoir déclaré que Nkunda n’était rien, et que l’heure du bâton était arrivé, de l’autre consulte à sa démande les représentant de la communauté internationale afin de savoir quelle attitude affiché face à l’entêtement de Laurent Nkunda. Que cache tout cela, qui dirige le Congo? Pourquoi est-ce que toute la communauté internationale doit-être consulté (à la demande du président) avant que le gouvernement agissent pour protéger la vie des congolais? Le Congo est-il souverain? Le Congo a-t-il une armée? Le Congo a-t-il un gouvernement et un président responsables?
Au lieu du bâton annoncé avec fracas, les kivutiens sont consternés par cette nouvelle salve de carotte que Kabila distribue à Laurent Nkunda et ses hommes. Une chose est certaine très peu de gens ne s’attendaient à cette chute dans le long duel qui oppose Kabila et Nkundabatware. La suite au prochaine épisode.
GOMA, RDC (Reuters) – Le président Joseph Kabila a rencontré à Goma, dans le Nord-Kivu, le chef de la mission de l’ONU au Congo démocratique (Monuc), ainsi que des ambassadeurs occidentaux sur la tactique à employer vis-à-vis du général rebelle Laurent Nkunda.
Ce dernier a passé outre à la date-butoir fixée au 15 octobre par le gouvernement de Kinshasa pour le début du désarmement de ses combattants tutsis en vue de leur intégration dans les rangs de l’armée nationale.
Son refus d’obéir à l’ultimatum fait redouter l’imminence d’une nouvelle offensive d’envergure de l’armée gouvernementale contre les positions aux mains du général Nkunda dans l’est de l’ex-Zaïre, où des milliers de civils ont été chassés de leurs foyers par de récents combats.
Reflétant les craintes de la communauté internationale sur une offensive militaire gouvernementale attendue, le chef de la Monuc, William Swing, et plusieurs ambassadeurs occidentaux ont rencontré Kabila à sa demande à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.
« On va exprimer nos inquiétudes et nos préoccupations » », a indiqué à Reuters le porte-parole du chef de l’Etat congolais, Kudura Kasongo, au palais du gouverneur provincial.
Les ambassadeurs de la Grande-Bretagne, de l’Afrique du Sud, de France et de Belgique – l’ancienne puissance coloniale – sont au nombre des diplomates présents à Goma, ainsi que le chargé d’affaires américain.
« PAS ETERNELLEMENT »
« Un ultimatum a des implications militaires, c’est clair », a ajouté le porte-parole de Kabila. « La position du chef de l’Etat a toujours été de trouver une solution pacifique et durable, mais nous n’allons pas attendre éternellement », a-t-il expliqué.
Kabila, qui a juré de pacifier son immense et potentiellement riche pays après sa victoire aux élections de 2006, ne cache pas que sa patience est à bout avec le général rebelle, qui a pris les armes depuis trois ans.
Ce dernier affirme défendre les Tutsis congolais contre les attaques de rebelles hutus originaires du Rwanda voisin et qui sont, selon lui, soutenus par le gouvernement et l’armée de Kabila – ce que ce dernier nie.
Le général Nkunda, qui avait auparavant affirmé être prêt à inciter ses hommes à rejoindre les rangs de l’armée nationale, exige maintenant de nouvelles discussions avec le pouvoir sur les conditions d’un accord de réconciliation. Il s’est dit disposé à quitter le pays si certaines conditions étaient satisfaites. Il veut des discussions sur le retour en toute sécurité des Tutsis congolais réfugiés dans des pays voisins comme le Rwanda et le Burundi.
Les rebelles hutus rwandais, que Nkunda considère comme ses principaux ennemis, sont accusés d’avoir participé au génocide anti-Tutsi commis au printemps 1994 au Rwanda .
Par Joe Bavier
15.10.07 | 16h40
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