POINT DE PRESSE TENU PAR LE SECRETAIRE GENERAL DE L’UDPS 330

Avant de critiquer une position vaut mieux la lire jusqu’au bout au risque de passer pour un imbecile face à quelqu’un qui a lu. Culturek publie in extenso la déclaration du secrétaire général de L’UDPS Mr Remy MASSAMBA, lors du point de presse de ce samedi 18.06.2005. Il y a des logiques implacable auquel on ne peut déroger sans trahir sa bonne foi. J’invite les defenseurs du gouvernement à réagir à cette déclaration.

Mesdames et Messieurs de la Presse,

Depuis le Discours du Président National de l’UDPS, Son Excellence Monsieur Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA au Bel Campus, à l’occasion de la séance d’ouverture de la Session extraordinaire du Comité National du Parti, le 02 avril 2005, nous cheminons chaque jour qui passe vers le 30 juin 2005, date fatidique de la fin officielle de la transition.

Pendant ce temps, suite à la pression interne et à la panique que suscite cette date butoir dans le chef des animateurs de différentes institutions de la Transition, ceux-ci multiplient des actes qui enveniment le climat politique dans notre pays dont nous vous invitons à partager les tenants et les aboutissants.

Aussi, allons-nous centrer notre communication sur les points suivants :

– la situation politique de l’heure ;

– l’insécurité en RDC ;

– la responsabilité de la Communauté internationale

– la position du Parti .

A. LA SITUATION POLITIQUE DE L’HEURE.

Mesdames, messieurs de la Presse,

Comme vous le savez, le 30 juin 2005 à minuit, marque la fin du temps imparti à la transition. A cette date, le peuple congolais promet de marcher pacifiquement pour consacrer la fin officielle d’une transition qui n’aura qu’accentué sa misère et sa souffrance. En même temps, il va souverainement signifier aux dirigeants en place et à la communauté internationale son opposition à la prolongation automatique de celle-ci.

En effet, c’et ici l’occasion de rappeler ce que tout le monde sait, que les raisons qui ont été la base du retard dans l’organisation des élections dans le délai de 24 mois, ne sont pas celles prévues par l’alinéa 2 de l’article 196 de la constitution de la transition. Ce retard est dû uniquement au manque de volonté politique dans le chef des dirigeants actuels et non aux problèmes spécifiquement liés à l’organisation des élections.

Vingt-quatre mois durant, correspondant à la durée constitutionnelle de la Transition, la Commission Electorale Indépendante, CEI, n’a réalisé aucune opération pré électorale à cause notamment de ses faiblesses institutionnelles qui lui ont fait perdre beaucoup de temps et de l’absence des instruments juridiques devant régir le processus électoral en RDC. Le projet de Constitution de la 3ème République dont dépendent les loi référendaire et électorale n’a été adopté, du reste à la suite des pressions, que le 16 mai 2005. C’est-à-dire à 44 jours de la fin de la Transition.

Et depuis, pour sauver les meubles face à la volonté des congolais de ne pas accorder une prime à l’échec et pour raison de la consommation extérieure, la CEI s’agite et tente de poser, dans la précipitation et avant la date butoir, des actes qui feraient croire à la population l’amorce du processus électoral dont le ballon d’essai est programmé le lundi 20 juin 2005 à Kinshasa avec l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs.

En réalité, la CEI n’est pas prête et pour preuve, jusque ce vendredi 17, elle attendait encore des kits informatiques destinés à cette opération.

Comme si cela ne suffisait pas, la CEI s’illustre ce dernier temps par des actes répréhensifs qui ternissent chaque jour son image et confirment le doute qui s’est installé dans l’esprit des congolais dès sa mise sur pied sur son indépendance, son caractère citoyen et sa capacité d’organiser les élections réellement libres, démocratiques et transparentes en République Démocratique du Congo. Il s’agit d’une part, de la composition des Bureaux de représentation et de liaison dominés par les belligérants et d’autre part, du choix porté sur l’entreprise ZETES PAS pour la livraison des Kits informatiques.

En effet, par rapport à ses concurrentes, non seulement cette entreprise n’est pas financièrement viable, mais aussi, elle s’est avérée la moins performante tant sur le plan fonctionnel que technique au regard de critères retenus par cette même CEI dans son appel d’offre et aux résultats obtenus après le test de validation.

Plus est, les voix se sont élevées pour dénoncer le clientélisme qui a présidé à l’opération de recrutement des opérateurs de saisie. A titre d’exemple pour la seule commune de Matete, on constate que sur les 22 opérateurs de saisie retenus, un seul figure sur la liste de 81 candidats ayant participé au test. Les 21 se comptent parmi les recommandés venant d’ailleurs.

Mais il y a plus grave, la requête dite actualisée déposée par la CEI et qui vient d’être adoptée par le Parlement, comporte des propositions qui violent manifestement la constitution de la transition dans la mesure où les opérations liées à l’organisation des élections sont conçues et étalées sur une période de plus de 6 mois à compter du 1e juillet 2005.

Ainsi après avoir perdu le temps dans la balade, le parlement et la CEI se trouvent buter à l’incompressibilité des opérations qui vont au-delà de six mois de prolongation constitutionnelle, ce qui les verse dans l’inconstitutionnalité d’une prolongation automatique de 12 mois, décidée par les deux chambres, avec tentative d’aller au-delà.

Par conséquent, la démarche de la CEI et la décision qui en est découlée sont nulles et de nul effet.

Dans ce même ordre d’ idées, la CEI étant une institution de la transition qui de surcroît s’est révélée comme le bouclier par excellence du gouvernement, son sort dépend de ce que le peuple congolais voudra après le 30 juin 2005.

Par voie de conséquence, l’UDPS invite notre peuple à ne pas souscrire à la mascarade sur l’opération d’identification et d’enrôlement projetée à partir de ce lundi 20/05/2005 qui n’est qu’une stratégie pour sauver le 1+4.

B. L’INSECURITE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO.

Mesdames et Messieurs de la Presse,

Partout les voix s’élèvent pour décrier l’insécurité à travers le territoire national en général et la ville de Kinshasa en particulier. Ce phénomène caractéristique, est l’¦uvre du régime politique décadent en place qui est à la recherche de la reprise en mains de la situation.

L’UDPS, fervente adepte de la non violence, dénonce avec force cette recrudescence de l’insécurité conçue et perpétrée pour opprimer, traumatiser et museler le peuple congolais, seul détenteur souverain du pouvoir, afin qu’il ne puisse pas publiquement manifester et mettre fin au schéma 1+4 à la date du 30 juin 2005 à minuit.

1. l’insécurité de la ville de Kinshasa

– Circulation des véhicules (taxis, taxi-bus, et voitures privées) occupés par des hommes armés qui s’adonnent :

– à l’enlèvement des piétons en attente de transport aux arrêts des bus ;

– à arracher l’argent et les biens des femmes et des vieillards à pieds ;

– à l’assassinat des piétons, etc. ;

1.1. des vols à mains armées à domiciles et sur la voie publique ;

1.2. des vols avec effractions ;

1.3. des assassinats sauvages avec mutilation des sexes et autres parties du corps ;

1.4. des assassinats à domiciles et sur la voie publique ;

1.5. arrestations, détentions et condamnations arbitraires fréquentes des combattants de l’UDPs à travers la ville de Kinshasa ;

1.6. provocations et harcèlement des combattants par les forces de l’ordre à travers le pays en général et en particulier à Kinshasa, Lubumbashi et Mbuji Mayi, Matadi, Kananga,, Tshikapa ,Mbandaka , Kisangani,Š..

2 Montage et mise en série des actes de violence pour les manifestations du 30 juin 2005

2.1. L’opération d’achat des machettes de marque « tramontina » par le pouvoir mis sur le compte de l’opposition non violente afin de justifier des commandes massives des armes et des engins destinés à mâter les manifestations populaires, démocratiques et pacifiques du 30 juin 2005 ;

2.2. L’impression en grand nombre des polos et des tissus à l’effigie du Président
TSHISEKEDI destinés à être portés par les homes du pouvoir pendant les manifestations du 30 juin 2005 dans la perspective de piller et provoquer un désordre généralisé à mettre au compte des combattants de l’UDPS ;

2.3. La programmation de l’élimination physique du Président National de l’UDPS et des principaux dirigeants du Parti en cas d’échec des opérations d’intimidation ;

2.4. La distribution des tracts en grand nombre, reprenant le discours tribal d’un autre temps et appelant les BALUBA à prendre le pouvoir, comme si la crise congolaise était réduite à des considérations tribales ou ethniques.

2.5. La programmation d’une promenade militaire du 20 au 25 juin, à travers la ville de Kinshasa et qui se terminera par des séances de tir (Cfr lettre n0 00/00460/EMG/Comdt/05 du 23/05/2005).

3. Dissuasion par la démonstration des forces (Sur le plan militaire, de la police et de l’ANR) :

3.1. L’infiltration massive des militaires de différentes composantes des belligérants et des entités dans la capitale. Cette même opération est en train d’être menée également au niveau des chefs-lieux des provinces.

3.2. Le siège de la sous Région de Tshiangu en général et les Communes de Ndjili, Masina et Kimbanseke par des mercenaires étrangers et les éléments de police intégrés et formés en Angola.

3.3. L’envoie, en provinces, des militaires pour massacrer la population, particulièrement dans les Kasaï, en plus de l’ordre donné de ne plus y hisser l’emblème du parti.

3.4. La présence massive des militaires et des mercenaires étrangers à travers la ville de Kinshasa :

a) Ndjili Cecomaf plus ou moins 500 éléments parlant portugais en provenance d’Angola ;

b) Kibomango plus ou moins 800 éléments parlant portugais et les INTERHAMWE ;

c) Forêt Sanga mamba, Commissariat «Boma libala» : plus ou moins 250 éléments parlant anglais en provenance de Zimbabwe ;

d) Lac de Ma « vallée » plus ou moins 400 éléments parlant anglais et swahili en provenance de la Tanzanie ;

e) Le Conseil National Sécurité de Binza « Macampagne» : plus ou moins 200 éléments parlant une langue inconnue et non identifiée (Erythréens, ougandais, et ou burundais) ;

f) A Ndolo, Camp Tshatshi et Kibomango, l’arrivée massive des nouvelles unités de FARDC à Kinshasa en provenance du Katanga ;

g) Les arrestations et les assassinats politiques de membres de l’UDPS à travers le pays ;

h) la mise en résidence surveillée qui ne dit pas son nom du Président National et du Secrétaire Général de l’UDPS par le déploiement, à l’entrée de la 10e Rue Limete; de toute une section des militaires habillés en policiers.

3.5. L’affectation des unités du GSSP dans tous les chefs – lieux des Province alors qu’en raison de sa mission qui est d’assurer la garde et la sécurité rapprochée du Président de la République, ce corps militaire doit être cantonné à Kinshasa quitte à détacher quelques- uns de ses éléments pour accompagner celui – ci dans ses déplacements.

Pour revenir sur le détournement continuel des 8 millions de $ U.S. maintes fois dénoncé par les membres du CIAT, il est clair qu’au lieu de servir comme solde de nos militaires, une partie de cette somme est payée à tous ces mercenaires et l’autre empochée par les dirigeants en place.

C. LA RESPONSABILITÉ DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE.

Au terme de l’AGI, dans son annexe 4.1, le CIAT a, entre autre mission de garantir la bonne mise en oeuvre de l’AGI et de soutenir le programme de la transition conformément aux dispositions dudit accord, tandis que le point 3, reconnaît au CIAT, le rôle d’arbitreret de trancher tout désaccord pouvant survenir entre les parties signataires de l’AGI.

Mais, force est de constater que tout au long de la transition, le CIAT s’est montré peu regardant et à la limite complice des irrégularités et de la façon chaotique dont les animateurs des institutions de la transition conduisent les affaires.

L’UDPS en veut pour preuve notamment les cas flagrants ci – après :


a) La caution faite à la notion du consensus majoritaire sous NAMANGA NGONGI,
notion qui ne se retrouve ni dans l’AGI, ni dans la constitution de la transition

b) L’inconstance dans ses prises de position qui font dire au CIAT une chose et son contraire à la fois.

Globalement ses communiqués ont stigmatisé les comportements irresponsables de dirigeants congolais et leur gestion calamiteuse qui font que par rapport aux objectifs assignés à la transition, la formule 1 + 4 a échoué.

A cet effet, le CIAT a épinglé le manque de volonté politique, l’absence d’un leadership, les querelles intestines au sein de l’espace présidentiel, le noyautage de la CEI qui a mis en cause son indépendance et sa crédibilité, le détournement des salaires des fonctionnaires et des militaires, l’enrichissement sans cause de dirigeants, la violation massive des droits humains.

Paradoxalement, c’est à ce même gouvernement que le CIAT donne son appui pour une prolongation automatique de la transition, en menaçant des sanctions tout congolais qui oserait manifester son désaveux aux autorités en place à la date du 30 juin 2005.

c) Sur le plan militaire et sécuritaire, l’UDPS rappelle au CIAT et à la MONUC que l’annexe V de l’AGI à son point b , interdit l’acheminement à Kinshasa des forces supplémentaires.

Il est pourtant de notoriété publique que l’ex composante gouvernement avec, en tête, son commandant suprême a fait venir ici à Kinshasa, plusieurs unités des ex – FAC en provenance notamment de la base de Kamina et les a cantonnés à Kibomango, au camp Tshatshi et la base aérienne de Ndolo.

Plus grave et avec l’approche de la fin de la transition le 30 juin 2005 à minuit, la même composante a acheminé dans la capitale les forces militaires étrangères dans le but désespéré d’étouffer et de réprimer dans le sang l’expression pacifique du désaveux de notre peuple à l’égard des dirigeants de la transitions dont l’échec dans la mission leur imparti est patent.

D. LA POSITION DU PARTI.

Mesdames et Messieurs de la presse,

Comme vous le savez, le 9 juin 2005, le Comité International d’accompagnement de la Transition (CIAT) a publié un communiqué dont la logique d’appréciation de la crise congolaise est articulée par l’injonction faite au Parlement congolais de traiter en priorité et d’approuver la requête de la CEI visant à prolonger automatiquement la période de transition «dans le cadre du processus de transition actuel » endépit des « retards considérables »constatés en 2004.

Il découle de cette prise de position :

1. L’obligation faite à tous les congolais d’obéir et de se soumettre au point de vue du CIAT ci-dessus exprimée sous peine de sanctions nationales et internationales ;

2. La volonté de voir envers et contre tous, les faibles performances du gouvernement constatées au cours des derniers 24 mois s’améliorer car les traîtres à la Nation continuent dans l’impunité totale à détourner les fonds et à s’illustrer par la corruption et la mauvaise gouvernance.

3. La volonté clairement exprimée par le CIAT de naviguer à contre-courant desaspirations profondes de notre peuple.

Ainsi donc, peut- on dire, la quasi totalité de la prise en charge financière par le CIAT de l’organisation des élections, les pertes en vies humaines de son personnel jusque là évaluées à 56 personnes, constituent des éléments de tolérance zéro de tout écart par rapport à la voie ainsi tracée. L’UDPS stigmatise et dénonce avec fermeté le discours développé par le CIAT dans son communiqué du 9 juin 2005, discours qui tend à faire croire à l’opinion nationale et internationale que les manifestations voulues par le peuple congolais et appuyées par la majorité de la classe politique visent les pillages, les destructions et les massacres. Or, l’histoire de notre pays enseigne que depuis 1990 jusqu’avant l’arrivée de l’AFDL, plusieurs manifestations ont été organisées par le peuple congolais sous la conduite de l’UDPS sans qu’il y ait ni pillages, ni destructions, ni violence..

Récemment encore à l’occasion des événements de Bukavu en date du 2, 3, 4 juin 2004 et du 10 janvier 2005, notre peuple a une nouvelle fois manifesté spontanément et pacifiquement, on ne peut pas dans ces conditions continuer à soutenir avec cynisme que l’_expression populaire qui se dessine pour la date du 30 juin 2005 soit entourée de la violence qui viendrait des partis politiques qui ont décidé d’accompagner le peuple. Le CIAT sait pertinemment bien que c’est l’UDPS par la bouche de son Président National qui a joué au sapeur pompier pour éteindre le feu que le PPRD avait allumé espérant manipuler les étudiants en les dressant contre la MONUC. Si dans des pays à vieille tradition démocratique, l’_expression populaire et libre est respectée sans que le pouvoir en place et la communauté internationale cherchent à l’étouffer par la force; pourquoi en serait-il autrement pour la République démocratique du Congo

CONCLUSION

Au regard de ce qui précède, il est à noter que l’échec des animateurs actuels de la transition est aussi l’échec du CIAT en tant qu’institution chargée d’accompagner cette transition. Aulieu de continuer avec une attitude équivoque, l’UDPS l’invite à faire siennes les aspirations profonde du peuple congolais.

Aussi, nous confirmons à la face de l’opinion tant nationale qu’internationale ce qui suit :

– La marche nationale du 30 juin 2005, démocratique et pacifique aura bel et bien lieu comme voulu par notre peuple.

– Dores et déjà, notre peuple doit faire échec à la mascarade de l’opération de l’identification et d’enrôlement programmée en date du 20/06/05, opération mal conçue et pas du tout préparée qui inaugure la fraude planifiée .

– Les menaces des poursuites tant nationales qu’internationales proférées par le CIAT vont à l’encontre des droits universellement reconnus à tout peuple souverain ;

– L’UDPS rendra entièrement le CIAT responsable pour complicité et non assistance au peuple congolais en danger face au génocide qui se trame ;

– Le peuple congolais étant le seul maître de son destin, l’UDPS l’invite à faire siennes les déclarations de pape Jean Paul II qui disait ceci : « N’ayez pas peur pour défendre vos intérêts ».

Voilà Mesdames et Messieurs de la presse l’essentiel de notre point de presse de ce jour.

Nous vous remercions !

Fait à Kinshasa, le 20/06/2005


Rémy MASAMBA ma-KIESE


Secrétaire Général

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to Top