Toutes les sources concordent pour affirmer que la situation à l’est de notre pays est le fruit d’un plan macchiavelique dans le chef tout d’abord de nos autorités. Qui jouent un jeu trouble et ambigu dans le but de nous distraire des vrais problemes. Que tous ceux qui s’amusent à ce jeu là sachent que notre patience touche à sa fin…
Ce constat est partagé par les forces vives de la région qui ont vécu les débuts de la guerre avec l’espoir que du renfort viendrait de Kinshasa. Ce fait explique aussi pourquoi parmi les Fardc certains avaient commencé à s’attaquer à la population avant même que les rwandais venus du Rwanda n’arrivent dans la localité à conquérir.
Cette trise information vient corroborer la thèse de plus en plus répandue qu’il n’y a pas de front à l’Est de la R.D.CONGO, mais qu’il y a plutôt un mascarade de combat. En réalité la population est seule face aux agresseurs rwandais et leurs complices congolais.
Pas plus tard qu’hier, le Chef d’Etat Major des Forces Terrestres, le Général Sylvain Buki a, pour arriver à Lubero requisitionné un véhicule d’un civil de la région car les officiers sur un terrain supposé être opérationnel n’ont pas de véhicule. Comme moyens de communication, ils utilisent des téléphones cellulaires du réseau Celtel ou Vodacom. Ils n’ont pas de système de communication propre. Tout opérateur technique peut suivre les communications entre les officiers des Fardc. Allez-y comprendre quelque chose.
Avant de quitter la région Vendredi dernier pour Kisangani, Sylvain Buki a rendu visite aux soldats blessés à Kanyabayonga et qui sont admis à l’hôpital de Katwa et de Matanda. La plus haute autorité militaire non seulement n’a pas apporté un seul biscuit vitaminé ni une seule tige de cigarette comme cadeau du nouvel an aux soldats blessés mais aussi il a étonné le personnel soignant de ces deux centres hospitaliers car aucun mot de remerciement même hypocrite n’est sorti de sa bouche.
Dans sa réunion avec les autorités militaires de la place, il a promis qu’il attend défendre la région par deux brigades de la Monuc composées des Pakistanais en poste à Bunia et des Indiens à déployer à Rutshuru et qu’il avait donné aux rwandais jusqu’au Mardi 11 janvier pour quitter la region de Kanyabayonga.
Aux accusations portées contre la Monuc par les autorités militaires, civiles et religieuses de la région, Sylvain Buki a fait la sourde oreille. Son silence a renforcé dans le chef des militaires de la région la thèse de la complicité de Kinshasa.
Un autre fait révélateur; depuis deux semaines, le commandant de la ville de Beni est suspendu pour un motif douteux d’insubordination et le commandant de la cité de Lubero est au cachot pour avoir vendu du carburant, un fait que se proches nient et mettent sur le compte du plan visant à écarter les fils originaires du coin de postes de commandement.
Toutes les actions entreprises par les autorités de Kinshasa dans les territoires de Beni et de Lubero frisent la complicité avec l’ennemi. Rien n’est fait pour mettre les vaillants résistants du coin cantonnés à Mangango ainsi que les militaires issus du RCD-K-ML qui connaissent la région, en état d’alerte , pour les préparer à repousser l’ennemi.
Si Mbusa Nyamwisi a promis de résoudre la crise par la diplomatie (et je pense qu’il doit avoir changé d’avis avec l’occupation de Kanyabayonga, de Kaina et de Kirumba), Sylvain Buki ne jure que par la Monuc pas par les Forces Terrestres Congolaises qu’il commande. Allez-y comprendre quelque chose sinon un plan pre-medité de démobilisation des résistants et des militaires congolais.
De l’autre côté du pays, à Kinshasa, ceux qu’on appelle à tort ou à raison animateurs de la transition jouent le jeu de l’ennemi en miroitant des élections au mois de juin 2005. Seul l’ennemi ne semble pas être distrait. Il poursuit sa feuille de route de toujours: occuper le Kivu et l’annexer au Rwanda.
Avec les jours qui passent, on s’achemine progressivement vers l’occupation totale du Congo surtout si les congolais dans leur naiveté continuent de croire aux élections même quand aux yeux de tous les chances pour ces élections de réussir sont minimes. Avons-nous une mémoire courte! Nous avons cru il n’y a pas longtemps à l’application de l’accord de Lusaka pour avoir la paix ( Seul Mzee L.D. Kabila n’y avait pas cru et il était pris pour un fou par les politiciens pressés de revenir aux affaires pour se refaire une santé économique).
Après nous avons cru par au dialogue intercongolais, à l’accord global et inclusif, à la nomination dans la territoriale, aux successifs remaniements ministériels sans que le problème congolais trouve une lueur de solution. Allons-nous encore croire que les élections de juin 2005 feront mieux avec toutes les incertitudes sécuritaires qui ne leur donnent aucune chance?
Je me permets de dire non et non et l’avenir me donnera raison. La date du 30 juin 2005 est ce que les puissances étrangères qui soutiennent l’hégémonie tutsie dans la Région des Grands Lacs Africains miroitent aux yeux des congolais pour les détourner de la lutte une fois de plus. Personne n’ose leur poser la question de savoir pourquoi elles n’ont jamais sanctionné le Rwanda qui a foulé aux pieds tous les accords signés sous leur houlette y compris les résolutions du dialogue intercongolais.
Les politiciens qui sont à Kinshasa ont besoin de cette date pour continuer à percevoir leur salaire et survivre. Ceux qui sont honnêtes ne s’empêchent pas d’avouer qu’ils sont au gouvernement car c’est leur seul moyen de gagner leur vie. Ce n’est donc pas d’eux que nous devons attendre de sonner l’heure de la révolution.
Le travail pour les prochains jours va être de se perdre dans des débats juridiques contradictoires pour la prolongation de la transition, le report de la tenue des élections, etc. C’est leur boulot. Ils sont incapables de signer leur envoi au chômage. Ils travaillent non pas pour les congolais mais pour leurs ventres. C’est cela leur realpolitik!
Les observateurs de la scène politique congolaise sont d’accord pour affirmer que le complot actuel contre la R.D. Congo est ourdi unanimément par toutes les puissances étrangères actives au Congo, qu’elles soient anglo-saxonnes ou francophones. L’objectif de ces puissances c’est de déverser d’ici une année le trop plein des rwandais dans la région du Kivu et de continuer le pillage des resources naturelles de la région. Pour réussir dans cette opération qui n’est pas du goût des congolais, ces puissances ont mis toutes les batteries en marche pour distraire tout le monde, donner des fausses promesses aux dirigeants du pays, aux opposants politiques, aux chefs des confessions religieuses, aux ONG locales, etc.
Craignant la force de mobilisation que peut avoir l’Eglise Catholique pour mettre fin à leur aventure au Congo, ces puissances ont remis dernièrement une cagnotte de 400 000 Euros soit-disant pour appuyer l’initiative de la préparation aux elections initiée par les Evêques catholiques. Aux rwandais actifs dans la realisation du plan diabolique, savez-vous combien elles ont donné? Des Millions des dollars.
Réflechissez un peu! Congolais et congolaises, ne nous laissons pas floués par cette magie des élections dans le contexte difficile qui est notre aujourd’hui. Celui qui donne son argent soit disant pour les élections mais qui ne veut pas mettre fin au génocide des congolais perpetré au vu et au su des soldats de l’ONU sous son contrôle, quel crédit pouvez-vous lui accorder?
Les prêtres et les religieuses de Kanyabayonga dans leur mémorandum aux hommes de bonne volonté s’indignent du fait que les rwandais qui occupent la région de Kanyabayonga ne sont pas preoccupés par les prétendus interehamwe mais par le massacre des populations congolaises, le pillage de nos richesses du sol et du sous-sol. Les rwandais viennent pour occuper. Et les interahamwe ce sont des forces obscures créées par le Rwanda pour trouver un prétexte de rester au Congo.
Lors d’un récent voyage au Nord-Kivu, plusieurs personnes nous ont dit n’avoir jamais vu un interahamwe. Au peuple congolais de savoir qu’il ne donnera jamais satisfaction aux rwandais sur le terrain de la diplomatie ou de l’amour. Le peuple doit par la force recouvrer ses droits inaliénables de liberté et d’auto-détermination.
C’est cela l’urgence à laquelle tous les congolais sont conviés. Les élections de juin 2005 risquent fort de ne pas réunir les conditions pour apporter la solution à la crise congolaise. C’est ainsi qu’à trop rêver de ces elections et en oubliant la lutte pour la paix et l’intégrité du territoire, on risque de permettre à l’ennemi de parfaire en douceur son plan de partition du pays.
Réflechissons deux fois sur l’arrogance du Rwanda vis-à-vis de grandes puissances auprès de qui nous sommes entrain de mendier les capitaux pour tenir nos élections. Le congolais doit croire en sa capacité de défier et de vaincre l’ennemi. Cette conviction vaut mieux que les dollars et les armes de guerre. C’est pourquoi nous lançons un appel pathétique aux congolais: unisons-nous et levons-nous pour faire échec à la partition du pays.
Gagnons la paix d’abord. Les élections après. Nous demandons à tous les fils induits en erreur dans ce plan diabolique de se ressaisir et de rejoindre la lutte pour la paix et pour l’intégrité territoriale.
