OCDH : COMMUNIQUE DE PRESSE N° 007/OCDH/CA/2006 1070

La manifestation du 11 juillet 2006 n’a pas encore fini de siffler dans les oreilles des candidats oppresseurs du peuple congolais. Voici le communiqué qu’à produit l’observatoire congolais des droits humains. Très interessant et laconiques, à lire sans moderation.

L’Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH) est vivement préoccupé par la dégradation croissante du climat sécuritaire constatée en cette période de campagne électorale. Ce climat est marqué par des assassinats ciblés ainsi que des violations flagrantes des libertés et des droits fondamentaux des citoyens, spécialement la liberté de manifestation.

En effet dans la nuit du vendredi 07 au samedi 08 juillet 2006, le journaliste indépendant BAPUWA MWAMBA a été assassiné à son domicile par des hommes armés.

Ce mardi 11 juillet 2006, une marche organisée conjointement par les Forces pour la Défense du Congo, FDC en sigle (Rassemblement regroupant plusieurs partis politiques d’opposition), et les 19 candidats à l’élection présidentielle qui ont récemment demandé le gel de la campagne électorale en raison de nombreuses irrégularités entachées le processus a été violemment réprimée par les éléments de la police qui a fait usage des balles réelles causant la mort d’au moins une personne et de nombreux blessés dont Monsieur Franck DIOMGO qui a été amenés d’urgence à l’Hôpital Général de Kinshasa.

Cette répression injustifiée que l’OCDH dénonce et condamne fermement, revêt un caractère particulier. En effet, la manifestation était pacifique d’une part et que, d’autre part, conformément à la Note circulaire N°002/2006 du 29 juin 2006 du Ministre de l’Intérieur relative aux manifestations publiques qui supprime le régime de l’autorisation préalable pour ne maintenir que celui de la déclaration préalable.

Cette note dit notamment : « Les dispositions de la Constitution et de la Loi électorale sus évoquées consacrent le principe d’information ou de la déclaration préalable et annule celui de l’autorisation préalable prévu par le décret-loi n° 196 du 29 janvier 1999 portant réglementation des manifestations et des réunions publiques. »

Dès lors, la répression des forces de l’ordre est autant illégale qu’injustifiée.

Au regard de ce qui précède, l’OCDH exige :
– L’ouverture rapide d’une enquête impartiale sur d’une part l’assassinat du journaliste BAPWA MWAMBA et, d’autre part, sur la répression de la manifestation pacifique de ce jour, afin d’identifier les auteurs et de les déférer, le cas échéant devant les instances judiciaires compétentes pour être jugés conformément à la loi ;
– La prise en charge par l’Etat congolais des frais funéraires et d’inhumation de la personne, non encore identifiée, tombée ce jour sous les balles des policiers ainsi que les frais médicaux de nombreux blessés de cette manifestation pacifique ;
– Le respect par les forces de l’ordre des principes des Nations Unies sur l’utilisation des armes à feu lors des manifestations publiques ;
– L’intégration des notions des droits de l’homme dans la formation des forces de l’ordre ;
– La création par le gouvernement des conditions favorables à la sécurité des personnes et des biens ainsi qu’à l’exercice sans entraves et non discriminatoires des libertés publiques.

Fait à Kinshasa, le 11 juillet 2006

Maître Dieudonné DIKU

Secrétaire Général

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