Kinshasa: une manifestation violemment dispersée, plusieurs blessés 1071

11 juil. 06 – 13h51
Plusieurs personnes ont été grièvement blessées mardi à coups de matraques et asphyxiés par des grenades lacrymogènes lors de la répression par la police d’une manifestation d’opposants à Kinshasa, a constaté l’AFP.

Un manifestant a été grièvement blessé lors de l’explosion d’une grenade assourdissante, qui lui a arraché au moins deux orteils, a constaté un journaliste de l’AFP. Un autre manifestant aurait eu la main arrachée, selon des témoignages recueillis par des observateurs des Nations unies.

Au moins deux manifestants et un journaliste ont été asphyxiés par des jets de lacrymogènes et choqués par des grenades assourdissantes tirées à courte distance.

Plusieurs autres personnes ont été violemment frappées par des policiers qui cherchaient à disperser quelque 300 manifestants rassemblés près de la gare centrale de Kinshasa.

Rassemblés à l’initiative de plusieurs candidats à l’élection présidentielle du 30 juillet, les manifestants réclamaient « plus de transparence » dans l’organisation du scrutin et dénonçaient une « fraude massive » organisée selon eux par la Commission électorale indépendante (CEI) de RDC.

« Il y a au moins deux blessés graves et on nous parle d’un mort », a déclaré à l’AFP Jean-Claude Vuemba, leader d’un petit parti d’opposition, qui a dénoncé le « comportement inacceptable des forces de l’ordre » qui « ont tiré en l’air ».

Un photographe de l’AFP a vu des bouts de doigt, de chair et du sang sur la chaussée, sans toutefois voir de corps.

Ni les hôpitaux ni la morgue de Kinshasa n’ont pour le moment confirmé de décès à la suite de l’intervention policière.

« Il y a eu quelques blessés mais aucun mort à ma connaissance. La dispersion se poursuit, car de petits groupes de manifestants continuent à jeter des pierres et à casser des véhicules. Nous aurons un bilan plus tard », a déclaré à l’AFP le général Patrick Sabiki, responsable de l’inspection provinciale de la police à Kinshasa.

Cette marche, empêchée par la police au prétexte qu’elle n’était « pas autorisée », avait pourtant été signalée au gouvernorat et n’était pas soumise à une autorisation préalable, dans le contexte de la campagne électorale.

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