Depuis le 30.06.2005 à minuit toutes les institutions de la transition sont caduques sur ordre du peuple souverain. Cette décision souveraine et opposable à tous est irrévocable. Elle n’a pas été prise pour soutenir quelqu’un contre un autre. Elle n’a pas non plus été prise par calcul politique ou tactique de positionnement. Elle a été prise en âme et conscience suite au long calvaire que le peuple endure depuis de longs mois. Elle est le fruit mûr d’une analyse froide de la situation déplorable de notre pays. Elle est le résultat d’une étude pragmatique et réaliste de nos dirigeants politiques.
Depuis 45 ans, la RDC tourne en rond au carrefour de l’histoire, sans pouvoir décoller comme le font d’autres nations, paraphrasant ainsi les paroles d’une chanson de Koffi Olomide : «Toza ko Rond Point». De transition en transition, de processus électoral en processus électoral, de conférence nationale souveraine en dialogue intercongolais, de paix en guerre, de ville morte en marche pacifique, de rébellion en révolution et j’en passe….. Les 15 dernières années ont été les plus mouvementées que la RDC ait jamais connues sur le plan politique , mais également celles au cours desquelles nos populations ont enduré les plus grandes affres. Il est temps d’y mettre fin!
Depuis la « libération AFDLienne » qui s’avérera très vite n’être qu’une invasion camouflée du Rwanda et de l’Ouganda, le peuple congolais a pris conscience de son identité et a mûri dans ses aspirations politique et sociale, initiées par la Conférence nationale souveraine. Les résolutions du DIC n’ont été acceptées que parce qu’elles promettaient et garantissaient le retour à la paix et à la souveraineté par le biais des élections dont l’organisation étaient prévues dans un délai maximum de 24 mois. Point !
Une année après la mise en place de ce gouvernement 1+4, qu’avons-nous vu ? Kagame envahit avec arrogance la RDC sous le prétexte fallacieux de poursuivre des interhamwés et s’en glorifie à la télé sous un silence assourdissant des autorités de la transition. Cela déclenchera les événements du 3 et 4 juin 2004 à Kinshasa. Ces événements provoqueront, comme on le sait, la fuite des autorités congolaises de Kinshasa pendant 3 jours, et ne cesseront qu’après l’intervention de Tshisekedi, qui demandera à la foule qui voulait l’introniser Président de rentrer chez elle et de prendre son mal en patience jusqu’au 30 juin 2005. Ce geste qui sera loué par certains, sera très mal perçu par d’autres dont je fais partie. Ceci explique les fortes oppositions rencontrées lors de la désignation de Tshisekedi comme leader du mouvement du 30.06.05.
Aujourd’hui, le 30 juin est passé, les massacres ont eu lieu, la pression continue, mais où en sommes-nous?
Nos compatriotes sont morts sacrifiés pour forcer les élections. Ce sacrifice ne doit pas demeurer vain et inutile. Il nous faut le capitaliser. Nous sommes donc dans l’obligation de tout mettre en œuvre pour vite aller aux élections, mais nous devons les faire bien et en toute transparence. La CEI est occupé à enrôler les électeurs? De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les sources de tricheries potentielles dans le processus d’enrôlement. Ne lui laissons donc pas le loisir de nous tromper par des manœuvres pourtant contrôlables si nous y tenons. Allons y donc ! Impliquons nous par la participation. Approprions-nous ces élections, comme nous avons l’habitude de le faire lors des forums organisés pour les congolais. Nous devons en être les acteurs. Rappelons-nous ce qui était arrivé à l’époque de la CNS avec les partis politiques alimentaires créés par Mobutu. Invitons-nous donc à la fête des «élections en en contrôlant le processus. Soyons présents à tous les échelons de ce processus : Rien ne peut vraiment nous échapper si nous sommes réellement présents et actifs à tous les niveaux du processus électoral, parmi les électeurs, dans les bureaux, comme vérificateurs, etc… .
Le contrôle du processus passe par un enrôlement massif des combattantes et les combattants de l’opposition. Ils doivent se retrouver à tous les échelons de la chaîne du processus, ô combien capital, pour lequel des martyrs ont versé leur sang précieux le 10 janvier et le 30 juin derniers.
Approprions-nous le processus en étant présent nombreux dans les bureaux de vote et en tenant à l’œil tout ce qui s’y trame. La victoire aux élections passe également par le nombre d’électeurs de l’opposition. Les candidats de l’opposition ne pourront prétendre à la réussite que si leur électorat est majoritaire. Cela n’est possible que si ses électeurs potentiels se sont enrôlés. Ceci est un impératif !
De ce qui précède, il découle que l’opposition doit mettre en œuvre tout ce qui peut l’être afin que le sacrifice des martyrs du 10 janvier et du 30 juin 2005 ne soit pas vain : les élections doivent être organisées sans hypothèque dans des conditions optimales avec notre concours volontariste. Ce concours passe par une pression constante sur toute la chaîne du processus électoral et une vigilance sans faille tous azimuts.
