En cette période où l’on parle du forum social mondial à Nairobi et du Forum economique Mondial à Davos, notre rédaction veut partager avec vous cette reflexion d’un « compatriote » congolais d’outre mer (Dans l’hypothèse que la Belgique va être rattachée au Congo selon le collectif manifestement…).
Le développement durable est un terme à la mode depuis quelques années, la reflexion de notre compatriote Yvon sondag émet une voie critique sur ce mythe. Lire cette reflexion permet de nourrir ses reflexion sur les affirmations simplistes sur le développement que la presse nous sert depuis des années. Reflexion qui en réalité n’ont qu’un but nous maintenir dans la conviction que nous sommes condamnés à nous soumettre à la civilisation dominante et à marcher sur ses traces pour nous en sortir.
Une question me taraude l’esprit, quand est-ce que la France est devenu développé? Et la Belgique, la Hollande, l’Allemagne, la Serbie( au fait est-elle développé ou pas encore, ou en cours?)… Bonne lecture et bonn reflexion.
Désiré Katompa
1. DEUX APPROCHES DU DEVELOPPEMENT
A. Générale (à partir de son origine étymologique)
Développement signifie, étymologiquement, croissance, déploiement, épanouissement.
Développer c’est aussi ôter l’enveloppe, permettre à quelque chose d’apparaître, d’exister.
Idéalement c’est, pour un être vivant, se réaliser selon son identité, dans toutes ses dimensions, à partir de ses propres forces et des ressources offertes par le milieu où il vit. C’est un phénomène multidimensionnel comme peut l’être la vie.
Tout naturellement, la croissance d’une plante, le développement d’un être humain répondent bien à cette définition.
B. Dans son acception socio-économique actuelle
Le terme de développement désigne un processus de croissance, de nature économique, lié à un modèle de société industrielle et productiviste, devenu aujourd’hui un référent, un « modèle » à l’échelle planétaire.
C’est aussi une forme de « développement » de plus en plus éloignée de la définition ci-dessus, comme on va le voir.
En quoi B est différent de A
– Phénomène essentiellement de nature économique, il est unidimensionnel.
– Il ne recourt pas prioritairement aux ressources locales, mais à celles qui lui paraissent les plus profitables, fussent-elles les plus éloignées.
– De ce fait, ce type de développement ne peut être étudié, compris et évalué aujourd’hui en dehors sa dimension internationale, devenue peu à peu planétaire (mondialisation).
– Historiquement il se déploie en trois grandes étapes :
– occupation militaire et colonialisme
– décolonisation politique et recolonisation économique
– globalisation ou mondialisation.
– Conséquence de ce qui précède, ce mode de développement est uniformisateur et hégémonique, au point d’apparaître actuellement comme l’unique modèle possible à l’échelle planétaire.
Réponse de l’agriculteur tanzanien exploité dans la pêcherie industrielle du Cauchemar de Darwin au journaliste qui lui demande pourquoi il a quitté sa ferme et ses collines : « Pour devenir un citoyen du monde ». Tout est dit.
2. DEVELOPPEMENT ET SOUS-DEVELOPPEMENT
A. Hiérarchique et discriminatoire
C’est un autre caractère du développement tel que nous le voyons appliqué aujourd’hui à la société.
Il permet désormais de désigner les divers pays de la planète à partir d’une « échelle de valeurs » qui suit une gradation rigoureuse :
– pays sous-développés
pays en voie de développement
pays en développement (nuance !)
pays émergents
pays développés
et toutes les étapes intermédiaires de cette progression vers le « top-modèle » (le nôtre).
B. Exigeant un devoir de « coopération »
Comme la démonstration et l’étalage de ces inégalités deviennent source de conflits, il est du devoir des pays les plus développés d’apporter leur aide aux moins développés. Une coopération fondée – nécessairement – sur la théorie du rattrapage.
C. Confirmation par les textes officiels
Extrait du manuel bilingue (p. 17) intitulé Global Village publié en 2000 sous les auspices de la D.G.C.I. (Direction Générale de la Coopération belge internationale). Je souligne les termes-clé sur lesquels nous reviendrons.
« La coopération au développement est une mission que les autorités des pays riches se sont attribuées après la colonisation : ils fournissent de l’aide aux pays les plus pauvres pour combler leur retard en matière de développement
Il s’agit surtout d’un transfert d’argent et de savoir-faire.
Savoir pourquoi une partie du monde a un grand retard par rapport aux autres et comment ce retard peut être rattrapé sont des questions auxquelles il est difficile de répondre… »
D. Commentaires
Ce texte, dans sa concision, fournit toutes les clés permettant de comprendre sur quoi sont basées aujourd’hui à la fois la notion de développement et celle de coopération au développement.
Reprenons, un à un, ces mots-clé dans l’ordre où ils apparaissent dans le texte.
1) « Une mission que les autorités des pays riches se sont attribuées après la colonisation ».
Si l’on admet que la colonisation a été un moyen privilégié pour l’Europe d’assurer son développement économique par l’appropriation des richesses d’autres continents et l’ouverture de nouveaux marchés pour l’écoulement de ses produits finis, que se passe-t-il quand commence, après la deuxième guerre mondiale, le processus imparable de la décolonisation ? (1)
La réponse, c’est le premier ministre britannique, Winston Churchill, qui l’a donnée dans cette réplique désormais historique, à la veille de l’indépendance de l’Inde : « Partir… pour mieux rester ! ».
Ce qui n’a pas été très difficile.
Continuer à être présents et influents dans nos anciennes colonies était pratiquement imposé par la nécessité. Non seulement notre nécessité à nous. Mais aussi la nécessité des ex-colonies, privées de la plupart des repères antérieurs à la colonisation et dépendant désormais étroitement des nouvelles structures mises en place.
Les élites locales appelées à diriger ces nouveaux pays dans leur nouvel « état » avaient d’ailleurs été formées à l’école du colonisateur. Elles avaient encore besoin de son soutien pour subsister, consolider leur statut et leurs privilèges. A condition aussi de répondre à ses attentes (ex. au Congo : le choix fait par la Belgique et ses alliés occidentaux de Mobutu contre Lumumba).
A partir de ce cadre-là, l’ancienne politique d’exploitation économique et de commerce international selon nos règles à nous pouvait continuer à se développer. Souvent d’ailleurs plus intensément encore que par le passé. (2)
2) « Ils (les pays riches) fournissent de l’aide aux pays les plus pauvres »
Remarquons tout d’abord que les « pays pauvres » ont toujours été, jusqu’à l’aube de la décolonisation, considérés comme des pays riches, des eldorados : du Pérou à la Côte d’Ivoire en passant par tous ces pays de cocagne où les colons européens allaient faire fortune ! Et que nous avons rebaptisés du jour au lendemain… « pays sous-développés ». (3)
Ce qu’en pense l’économiste Serge Latouche : « Le développement n’a été que la poursuite de la colonisation par d’autres moyens, comme la nouvelle mondialisation, à son tour, n’est que la poursuite du développement. On retrouve toujours l’occidentalisation du monde avec la colonisation de l’imaginaire par le progrès, la science et la technique. » (4)
3) « Pour combler leur retard en matière de développement ».
Il s’agit bien de la fameuse « théorie du rattrapage », énoncée ici on ne peut plus clairement.
Une théorie qui est pourtant battue en brèche, depuis des années déjà, par un constat brutal sur lequel tous les experts s’accordent : il faudrait au moins trois ou quatre planètes comme la nôtre pour que l’ensemble des habitants de la Terre disposent du même niveau de vie qu’un citoyen des Etats-Unis ou un citoyen moyen d’Europe occidentale !
4) « Il s’agit surtout d’un transfert d’argent et de savoir-faire. »
Contrairement au développement bien compris d’un individu ou d’une société (qui part de ses propres forces et ressources), le développement dont il est question ici est conditionné par l’aide extérieure, par nos transferts d’argent et de savoir-faire.
Les pays en voie de développement dépendent ainsi de plus en plus de nous.
Et pas une allusion dans ce texte aux richesses de ces pays, qu’il s’agisse des ressources humaines ou des ressources naturelles dont on sait pourtant qu’ils n’en sont pas dépourvus, au contraire (« Par sa richesse, le Congo est un scandale géologique ! », a pu écrire le géologue Jules Cornet).
Il ne manquait donc plus à ce chef-d’œuvre de clarté et de concision qu’une conclusion aussi ingénue que pitoyable :
5) « Savoir pourquoi une partie du monde a un grand retard par rapport aux autres et comment ce retard peut être rattrapé sont des questions auxquelles il est difficile de répondre. »
Aidons donc l’auteur de ces lignes à trouver une réponse qui n’est pas aussi difficile à trouver qu’il feint de le croire, mais qui est peut-être un peu embarrassante. La voici.
E. Explications
En répandant partout notre modèle de développement (et le poids considérable des Etats-Unis allait rapidement s’ajouter ou même se substituer à celui de l’Europe) ;
en fondant notre coopération sur la nécessité de « combler des retards » ;
en imposant ce système de stricte dépendance à nos propres « lois du marché », les pays industrialisés ont réinventé une forme de colonialisme bien plus insidieuse que la première ;
ce qu’on désignera par néo-colonialisme ou post-colonialisme plus efficace que l’occupation brutale de jadis, car moins visible et capable, en outre, de jouer sur plusieurs tableaux d’influence et d’ingérence.
F. Et les ONG dans tout ça ?
Il faut bien reconnaître que même les ONG ont adhéré tout un temps, au moins implicitement, à cette conception du développement, forgée dans nos pays occidentaux.
Jusqu’à ce que, sur le terrain, un certain nombre de coopérants découvrent une réalité fort éloignée de celle qu’ils imaginaient. Par exemple :
– Les ressources naturelles et humaines ne manquent pas dans ces « pays pauvres », bien au contraire !
– Les populations locales connaissent des techniques de développement, souvent simples, efficaces et peu coûteuses, qui leur permettaient jusqu’ici de répondre à l’essentiel de leurs besoins.
– C’est l’intrusion du colonisateur qui déstabilise ce mode de développement et engendre des problèmes nouveaux, insolubles par les seules populations locales (d’où la nécessité de… l’aide extérieure).
– Ceci ne signifie évidemment pas qu’avant la colonisation ces peuples étaient à l’abri de tout problème (comme s’ils avaient vécu au paradis terrestre !). Il est même probable qu’en dépit des maux qu’elle a occasionnés, notre ingérence a contribué, en effet, à éliminer certains types d’adversités antérieures à notre présence.
– Mais ce que nous appelons aujourd’hui « sous-développement », qu’il vaudrait mieux appeler « mal-développement », est avant tout un agglomérat de différentes misères résultant à la fois de maladies infectieuses importées, de conflits ethniques alimentés et aggravés par des agents extérieurs, de carences alimentaires résultant de nouveaux modes de production orientés vers l’exportation (cultures de rente aux dépens des cultures vivrières), en bref d’une déculturation et d’une perte générale de repères qui avaient longtemps assuré la vitalité et la stabilité de ces peuples.
3. DE LA COOPERATION A LA COMPETITION
En même temps il faut reconnaître que le « développement à l’occidentale » s’est tellement bien propagé dans le monde qu’en ce moment plusieurs puissances émergentes réussissent à nous battre sur notre propre terrain. C’est déjà le cas, depuis plusieurs années, pour le Japon et certains pays du S.-E. asiatique.
Il faut y ajouter aujourd’hui l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde, la Chine, etc.
A. Mal-développement dans le Nord
– A l’intérieur même de nos pays développés sévissent toujours de grandes inégalités : une minorité de citoyens souffrent d’une marginalisation intolérable et qui va en s’accentuant.
– Le comble c’est que parmi la majorité qui ne devrait pas trop se plaindre, économiquement parlant, règne un climat de morosité qui se traduit notamment par une augmentation des maladies mentales, des déprimes, des suicides.
– A quoi il faut ajouter des nuisances dont la liste s’allonge chaque jour : pollution, gaspillage, dégradations diverses…
B. Mal-développement dans le Sud
– Dans ces pays, loin de résoudre les problèmes auxquels il prétendait s’attaquer, notre type de développement a introduit des facteurs d’inégalité et d’injustice plus criants que par le passé.
– Des projets de développement coûteux, qualifiés parfois de pharaoniques, n’ont pas produit les résultats escomptés mais ont entraîné des effets extrêmement négatifs sur l’environnement.
– L’argent de l’aide sert surtout à corrompre les élites. (5)
– La compétition dans l’exploitation des ressources naturelles a attisé les divisions et les luttes tribales
– L’industrie de l’armement, grâce à nos exportations, a rendu ces conflits de plus en plus meurtriers.
C. Mal-développement sur la planète entière
C’est toute la planète, en fait, qui aujourd’hui est en train de subir le contrecoup de ce modèle de développement productiviste.
Inutile d’en détailler ici les effets négatifs. Ils sont dénoncés chaque jour par des experts attentifs.
4. LE « DEVELOPPEMENT DURABLE » A LA RESCOUSSE
Un certain nombre d’adjectifs ont été accolés, depuis plusieurs années déjà, au terme développement par des ONG qui ont compris, plus vite que d’autres, que « développement » était un mot piégé, et qu’il ne pouvait plus être employé tel quel, sans autre précision.
Par exemple :
– Autodéveloppement : une façon d’insister sur la nécessité de compter avant tout sur ses propres forces, sur ses propres ressources (on parle aussi de développement autocentré).
– Codéveloppement : nécessité d’un développement partenaire, plus harmonieux, plus égalitaire entre le Nord et le Sud.
– Ecodéveloppement : nécessité de prendre en compte la dimension écologique planétaire du développement.
Ces concepts semblent un peu oubliés depuis qu’un autre aujourd’hui fait florès :
– Développement durable : « nécessité d’un développement qui réponde aux besoins humains du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » (définition la plus répandue).
Remarques
Même dans cette définition devenue officielle du « développement durable », plusieurs termes mériteraient d’être précisés :
La notion même de développement. On se contente de répéter le mot sans le définir.
Besoins humains : quels sont-ils exactement ? Pas simple, la réponse ! Sans doute parce qu’il est difficile pour nous d’avouer qu’ils ne nous semblent pas les mêmes dans le Nord que dans le Sud.
Et si en répondant aux besoins « humains », on négligeait et on compromettait ceux des autres espèces, s’agirait-il encore d’un développement durable (lequel exige la biodiversité puisque pas de futur sans nature) ?
Ajoutons que le concept n’a pas tardé à être récupéré non seulement par l’ensemble des institutions se piquant de coopération au développement mais aussi et surtout par les firmes multinationales, devenus aujourd’hui les championnes du « développement durable ».
Il semble que tous les économistes, y compris ceux du Club de Rome (qui préconisaient la croissance zéro), ont oublié qu’un stock de ressources limitées s’épuise inexorablement même si leur consommation cesse de croître, voire si leur consommation diminue.
Développement « durable » : en accolant cet adjectif au concept de développement, nous ne remettons pas en question l’accumulation capitaliste et la croissance économique, tout au plus nous ajoutons un volet (un vernis ?) social et écologique.
Le développement durable, considéré par certains comme le remède à la mondialisation, nous enlève toute perspective de sortie : il nous promet le développement pour l’éternité ! Au moins avec le développement non durable et insoutenable, on pouvait conserver l’espoir que ce processus mortifère aurait une fin. Il s’arrêterait un jour, victime de ses contradictions, de ses échecs, de son coût insupportable et du fait de l’épuisement des ressources naturelles.
5. POURQUOI PAS : « DECROISSANCE SOUTENABLE » ?
Les plus optimistes parient aujourd’hui sur les nouvelles technologies pour sortir de l’impasse. Mais c’est sans compter avec le pernicieux « effet rebond ».
Observé lors de la première crise pétrolière, quand de nombreuses techniques d’économie d’énergie ont vu le jour, l’« effet rebond » nous apprend que l’efficacité et le progrès technologiques sont fondamentalement liés à une augmentation de la consommation. Les voitures économiques nous permettent d’aller plus loin pour le même prix ; les transports rapides nous libèrent du temps pour avaler toujours plus de kilomètres ; les produits électroniques de taille réduite nous permettent d’en offrir à chaque membre de la famille ; le développement du solaire et de l’éolien nous rassurent au lieu de nous inciter à réduire notre consommation, alors que, dans les faits sinon dans les intentions, ils ne remplacent pas les sources d’énergie traditionnelles (fossiles ou nucléaires) mais permettent d’augmenter de quelques pourcents la production de ces dernières.
Pourtant 80 % des humains vivent aujourd’hui sans automobile et sans réfrigérateur. 75 % n’ont jamais donné un coup de téléphone. 94 % n’ont jamais pris l’avion. Nous devons donc nous extraire de notre cadre étroit pour raisonner à l’échelle planétaire et envisager l’« humanité comme une et indivisible ».
Mais un minimum de croissance ne serait-elle pas nécessaire précisément parmi ces populations ?
Certains, au nom du développement durable, en viennent à réclamer une sorte de croissance à deux vitesses. Il s’agirait pour nous de poursuivre une croissance « raisonnable » (aucune précision à ce sujet : de simples exemples juxtaposés et incohérents de comportement « anti-gaspi », car décroître nous semble, en effet, une chose impensable). Et d’assurer, dans le même temps, aux « pauvres du Sud » un minimum de croissance qui leur permette au moins de sortir de leur misère et de mener une vie décente.
Or qui empêchera les « pauvres » de vouloir devenir « aussi riches que nous » ? Pourquoi devraient-ils se résigner à une croissance minimale ?
A nous les villas, la grande bouffe, les bagnoles, les avions, la bombe H, le business !
A eux les paillotes, la bonne soupe, le bon air, l’eau potable, la bécane, la charrue, le lance-pierres (à la rigueur une kalachnicov) !
Ce n’est pourtant pas ça dont vont se contenter les Chinois, pour ne prendre que ce seul exemple étalé sous nos yeux en ce moment…
Alors ?
Puisque les ressources de la planète sont limitées, puisque la croissance – quelle qu’en soit l’intensité, la rapidité, la diffusion – est admise partout comme inévitable, faut-il conclure que, tôt ou tard, l’affrontement entre nous pour l’accès à ces ressources limitées de la planète est devenu, lui aussi, inévitable ?
Yvon Sondag
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(1) C’est l’effondrement de la puissance européenne, à la suite de la seconde guerre mondiale, qui a affaibli considérablement son autorité dans son empire colonial et entraîné une volonté politique d’indépendance à laquelle, d’ailleurs, les U.S.A., considérés comme non-colonialistes, ont apporté un solide appui, sachant qu’ils pourraient très vite occuper le terrain perdu par les Européens (avec d’autres moyens plus efficaces, il est vrai).
(2) Lire, à ce sujet, Les nouveaux maîtres du monde, de Jean Ziegler, Fayard, 2002.
(3) Le 20 janvier 1949, le vent et la neige faisaient rage sur Pennsylvania Avenue – qui va de la Maison Blanche au Capitole – quand dans son discours inaugural devant le Congrès, le président Truman qualifia la majeure partie du monde de régions sous-développées. Ainsi naquit brusquement ce concept charnière – depuis lors jamais remis en question – qui engloutit l’infinie diversité des modes de vie de l’hémisphère sud dans une seule et unique catégorie : sous-développés. Du même coup et pour la première fois, sur les scènes politiques importantes surgissait une nouvelle conception du monde selon laquelle tous les peuples de la terre doivent suivre la même voie et aspirer à un but unique : le développement.
(4) « En finir une fois pour toutes avec le développement » dans Le Monde diplomatique, mai 2001.
(5) Bruce Rich a démontré, chiffres à l’appui, dans son dossier « En finir avec l’argent sale du développement » (L’Ecologiste, décembre 2006) que la corruption n’est pas un phénomène marginal mais qu’il est inhérent à l’aide au développement.
