Lydia Mutyebele : Je suis femme, je suis jeune et je suis noire… 1840

Lydia Mutyebele, candidate au sénat pour les élections du 10 juin prochain, nous livre son programme, ses impressions sur les questions de l’action politique belge au Congo. Elle ne nous a pas laissé indifférente. Voici l’intégralité de l’interview que vous pourrez aussi entendre sur culturek radio.

Culturek : Lydia Mutyebele vous êtes candidate aux élections fédérales qui vont se tenir le 10 juin prochain sur l’étendue du Royaume. Comment pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Lydia M. : Je m’appelle Lydie Mutyebele Ngoi, j’ai 28 ans. Je suis licenciée en droit de l’université Libre de Bruxelles. J’ai aussi une licence spéciale en droit international privé.Je suis arrivé en Belgique à l’âge de 6 ans. Donc j’ai effectué toute ma scolarité en Belgique. Je me définis comme métisse culturelle parce que je prend un peu de ma culture d’origine, congolaise, que je mélange avec la culture de mon pays d’adoption. Ce mélange a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. J’ai fini mes études à l’âge de 22 ans. J’ai fait ma spécialisation directement après. J’ai fait quelques stages, notamment chez Avocats sans frontières, et d’autres ONG s’occupant de la lutte contre la mutilation génitale féminine en Afrique. (…) J’ai travaillé pendant 6 mois au barreau de Bruxelles, comme avocate. Ensuite j’ai été recrutée pour travailler au côté de Jean Dallemagne alors qu’il était encore échevin. Lorsqu’il est parti au Cambodge, j’ai commencé à travailler avec Bertin Mampaka que je connaissais déjà. En effet, je l’ai aidé antérieurement lors d’une campagne électoral. Auprès de lui, je m’occupais de la régie foncière des propriétés communales et de la permanence sociale. C’est par la suite que j’ai été appelé par Bertin Mampaka et Joëlle Milquet pour être dans la liste des communales en octobre 2006. J’ai été élu avec 985 voix. Actuellement, je suis juriste au sein de la Communauté française. Je m’occupe des archives publiques. Je suis conseillère communale.
Le Cdh est un parti dynamique qui veut booster les jeunes, les nouvelles personnalités. Et le fait d’avoir travailler avec Bertin, avec Joëlle a été le phénomène d’inspiration. J’ai donc été sollicitée pour occuper la septième place aux élections sénatoriales.
Culturek : vous vous présentez aux élections pour être sénatrices. Une fois élue, quels sont les dossiers qui vous tiennent à coeur ? Quels sont ceux que vous traiteriez particulièrement ?
Lydia M. : Quand je me définis, je dis que je suis femme, je suis jeune, je suis noire. Les problématiques qui touchent les jeunes me touchent vraiment à coeur. C’est un dossier sur lequel j’aimerai d’appesantir et arriver jusqu’au bout : le chômage des jeunes. Lorsqu’ils finissent les études et s’inscrivent au chômage, ils ont une attente de 9 mois. J’aimerais transformer ces 9 mois d’attente en 9 mois de stage afin que ce soit assez rentable. Au delà des problèmes des jeunes, la question des femmes me tient aussi à coeur. Au niveau du secteur public, il n’y a pas de discrimination entre les femmes et les hommes. Dans le privé, on voit qu’à diplôme égal, âge égal, expérience égale, les femmes sont moins bien payées que les hommes. Or ce serait bien qu’on arrive à un salaire reconnaissable pour qu’on puisse arrêter la discrimination à ce niveau là.
Egalement, on constate que les femmes doivent beaucoup travailler et s’occuper des enfants. J’aimerai que le crédit temps, qui existe déjà, soit vraiment approfondi. Il faudrait que les femmes qui ont envie de s’occuper de leurs enfants pendant 5 ans puissent le faire. On devrait leur donner les moyens matériels nécessaires pour le faire aussi. C’est à dire si une femme veut rester à la maison pour garder ces enfants, elle devrait être payer pendant ces 5 ans là. Car elle s’occupe de toute une famille. Si on le fait, on garde l’équilibre de la famille. La femme aura un regard sur les enfants. On n’aura pas les déviations que l’on reproche souvent aux jeunes.
Au niveau des personnes âgées, nous aimerons arriver à l’augmentation des petites pensions. Nous voulons atteindre le montant de 1000 à 1200 euros pour que ces personnes puissent vivre décemment. Voilà ce sont là les trois projets qui me tiennent à coeur.
CultureK : On n’accuse souvent les élus d’origine africaine en général, congolaise en particulier, de ne pas s’occuper des problèmes de la communauté d’où ils proviennent. Où vous placez-vous par rapport à cette accusation ?
Lydia M. : Il ne faut pas généraliser les élus. Quand on est élu, il faut s’occuper et de notre communauté et de la communauté belgo belge qui nous a aussi élu. Car nous sommes élus aussi par les belges. Evidemment, je suis là pour être le porte flambeau de ma communauté et une oreille à ses problèmes. Ceux de ma communauté qui a des préoccupations sauront qu’il y a quelqu’un pour les écouter et les défendre. Je suis belge, d’origine congolaise, africaine. Je pense qu’un africain, un immigré se sentira plus proche de moi que d’un élu belgo belge, d’une personne qui a la peau blanche. C’est une réalité sociologique qu’il ne faut pas nier. Je crois qu’en étant là, les personnes étant de ma communauté peuvent se tourner vers moi et me prêter leurs voix.
CultureK : vous êtes la fille de Mutyebele, un nom très connu dans la communauté congolaise. Est-ce un avantage ? Est-ce lourd à porter ? Comment êtes-vous reçus par ceux de votre communauté qui connaissent ce nom-là ?
Lydia M. : La première chose à dire, Mutyebele c’est mon nom. C’est le nom que je porte depuis mon plus jeune âge. On connait mon père, Martin Mutyebele qui est pasteur. Il a fait son nom. Et moi, j’essaie de faire le mien. Je m’appelle Lydia Mutyebele. Il faut savoir séparer les deux noms.
Culturek : CultureK organise des débats sur le thème des églises de réveil. La thématique principale est église de réveil ou de sommeil. Ce phénomène a défrayé, à un moment, l’actualité belge, avec l’histoire de cet enfant qui a été battu par sa famille sous prétexte qu’il était sorcier. Quel est votre sentiment là dessus ?
Lydia M : Je suis politicienne, je ne suis pas pasteur. En tant que telle, je suis pour la séparation de pouvoir entre l’Église et l’État. Je suis pour la liberté d’expression, d’opinion, du culte, pour peu que les Droits de l’Homme soient respectées.
Culturek : La question des sans papiers vous intéresse ?
Lydia M.Notre parti voudrait faire, à ce propos, une action de régulation globale comme elle a été faite il y a quelques années. Et donc les personnes qui seraient en procédure depuis près de 5 ans ont auraient une régularisation d’office. Et ceux de moins de 5 ans, on aurait une commission avec des critères de régularisations établies. On analyserait des dossiers, cas par cas, en fonction de ces critères qui seraient connus, établis et listés. La régularisation ne viendrait qu’au bout des dits critères.
Culturek : Quels regards portez-vous sur la politique belge au Congo ?
Lydia M. : Lorsque nous Belges, faisons des actions au niveau du Congo, nous devons être à l’écoute du peuple congolais. Qu’on fasse notre politique en fonction des besoins de la population congolaise.
Culturek : parce que jusque là vous sentez que les Congolais ne sont pas écouté ?
Lydia M. : Les Congolais jusque là ont besoin qu’on les écoute. Je pense que la meilleure manière de faire la politique, avec un pays qui n’est pas le nôtre, c’est d’abord d’écouter les problèmes qui vient de ce pays, de connaitre leur désir, leur besoin.
Culturek : Aux dernières élections communales, le cdH a fait un carton. Quelle est la recette de ce succès, et pensez vous rééditer l’exploit au fédéral ?
Lydia M.CultureK : Un mot de la fin pour clore cet interview ?
Lydia M. : J’aimerai demander aux personnes qui vont lire cet interview, s’ils connaissent des personnes qui habitent Bruxelles Hal Vilvorde, qu’il y a la présidente, Joëlle Milquet, il y a Benoît Cerexhe, il y a Bertin Mampaka qui sont candidats. Moi je suis candidate au Sénat. Ils peuvent également voter pour moi. Et toutes les personnes qui habitent la Wallonie, la Belgique francophone, s’ils ont de la famille, qu’ils ne nous oublient pas. Car la problème des politiciens, c’est l’inaccessibilité. Si l’on peut atteindre des gens qui savent atteindre d’autres personnes, nous pouvons donc atteindre beaucoup plus de monde. Nous sommes des personnes accessibles. Et en allant au gouvernement, on reste toujours des personnes accessibles.

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