Nous continuons le débat initié suite au discours d’un professeur de l’Université Libre de Bruxelles. Le professeur dit, en 1950 : « Envisager sérieusement la création d’universités pour noirs au Congo rencontre des impossibilités profondes. L’enseignement universitaire exige une préparation intellectuelle, morale et sociale qui est loin d’être atteinte au Congo. Cette contrefaçon d’Université me paraît bien dangereuse car elle éveillerait, à mon sens, chez le noir, insuffisamment préparé en ce moment, plus de vanité que de science et de déontologie ». Nous donnons aujourd’hui l’avis du professeur Musey, philosophe et théologien, ayant professé dans plusieurs universités en Europe.
« Je ne partage pas le point de vue du professeur belge de l’ULB qui est victime des préjugés de son époque », commence par dire le prof. Musey. Ce dernier nous invite à petit survol de l’histoire, pour nous remettre dans le contexte du discours. Il nous fait remarquer que « Vers ces années, il y a lieu de reconnaître que l’université n’était pas seulement l’apanage de l’Europe occidental mais en Asie, en Amérique latine,les universités fonctionnaient dans un contexte tout autre.
En effet, il est question des objectifs fixées par la formation suivie. Dans ces contrées lointaines, les Universités voulaient l’ermegence d’une classe intellectuelle. En tenant compte des capacités intrinsèques des individus. Hors, en Afrique, en général, au Congo en particulier, les colons s’intéressaient à l’apport des autochtones dans la machine coloniale. C’est-à-dire, ce que les peuplades du Bassin du Congo auraient fait pour rester à la solde de la puissance métropolitaine.
Pour souligner ce qui précède, le prof. fait remarquer que « Le savoir n’est pas lié à la couleur de la peau mais à la capacité de chaquehomme mis dans les conditions optimales d’apprentissage et de production intellectuels de niveau supérieur. » Force est de constater que l’histoire contredit les affirmations du professeur belge. En Afrique, il existe présentement plusieurs universités de grande renommée
internationale (Ghana, Nigéria, Sénégal, Cameroun, R.D.C. …) avec des enseignants noirs.
De nos jours, l’expertise du scientifique négroafricain est fort appréciée. Les Universités occidentales utilisent de plus en plus la science des Africains en leur confiant le professorat et des postes de responsabilité (Louvain, ULB,Sorbonne, Montréal, …).
L’université est une notion dynamique et évolutive. Elle doit
s’adapter au contexte socio-politique et influer sur l’environnement immédiat et lointain.
