Une thèse persistante et insistante court comme quoi toute la tension qui règne au Congo aujourd’hui, autour de la date fatidique du 30.06.2006 serait le fruit d’un plan machiavélique de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social. Ce plan conçu en vue de corriger ses «erreurs» stratégiques, consisterait à faire feu de tout bois afin de faire monter la tension au sein du pays et obtenir ainsi des nouvelles négociations.
Cette campagne qui a séduit un grand nombre d’occidentaux est malheureusement non fondée et ne résiste pas à l’analyse impartiale et honnête.
Partons du principe que l’UDPS aurait effectivement un plan machiavélique pour déstabiliser la transition de manière à l’amener à l’échec. Qu’est-ce qui a empêcher les « transitionnaires » à faire un travail correct, respecter les délais, et réaliser les objectifs leur assignés par les accords?
Car qu’aurait à dire l’UDPS si la transition avait fonctionné correctement, les élections réalisées à temps et en heure, la gestion de la république effectuée sans scandale financier, les libertés individuelles respectées…
Quelle meilleure façon d’enterrer l’UDPS que l’instauration par ceux qui détiennent le pouvoir d’un état de droit, l’application d’un consensus positif, la satisfaction des besoins du peuple ?
Mais non qu’avons-nous observé, un gouvernement et des autorités qui ont été exactement à la hauteur des espérances (que dis-je, des craintes) du peuple (pour ne pas dire de l’UDPS). Chaque jour durant les trois ans de transition a vu son lot de scandales de tous ordres, confirmant point par point les thèses de l’UDPS. D’où la conviction qui habite chaque congolais qui dit que : « L’UDPS pour ne pas dire TSHISEKEDI a toujours raison ! ».
Refuser cette réalité c’est choisir délibérément de noyer le poisson. Par choix politique, par exaspération, ou pour toute autre raison que l’analyse des faits.
Durant toute la transition aucune fois l’UDPS n’a empêché la transition de fonctionner. Aucune fois on a vu l’UDPS demander à ses militants de saccager, d’empêcher, de s’opposer aux élections. Il n’y a aucun jour de congé au sein de la CEI, dû à des troubles occasionnées par l’UDPS. Donc en aucune manière le retard de cette année, ou celui de l’année passé qu’a pris le processus électoral, n’est imputable à ce parti.
Bien sûr on évoquera les tensions, on évoquera le boycott du referendum et de l’enrôlement. Mais ces deux mesures n’ont pas, à notre connaissance, empêché le déroulement de l’enrôlement ou du référendum. Tous les observateurs ont été unanimes, « le référendum s’est bien déroulé, l’enrôlement a été une réussite totale, une prouesse technique ».
Nous voyons bien que si retard il y a, si manquement il y a, si échec du processus il y a ce n’est certainement pas la responsabilité d’un parti qui a boycotté les institutions sans les empêcher de fonctionner, en recommandant à ses combattants (militants) de les respecter jusqu’à la fin du délai constitutionnel. Ce qui du reste est logique.
Une nouvelle transition.
Personne n’en veut. Mais nous en aurons une, négociation ou pas. Quelque soit le terme utilisé, la période actuel qui a commencé du 30 juin 2005 au 30 juin 2006 est une nouvelle transition, bien distincte des 24 premier mois de transition. De même la période du 30 juin 2006 au 30 juillet 2006 sera aussi une nouvelle transition. Et ainsi de suite jusqu’au jour où les organisateurs des élections se décideront à respecter leur propre calendrier.
Que récuse-t-on ? (« On » étant égal à peuple)
Nous refusons que cette prolongation soit automatique, càd qu’elle ne donne lieu à aucune évaluation, à aucune analyse des actions des uns et des autres ni à aucune concertation de quelque ordre que ce soit.
Nous refusons que les mêmes sur qui pèsent une présomption de sabotage de la transition, soient reconduits à leur poste sans autre forme de procès. Confirmant ainsi le sentiment d’impunité déjà très répandu au sein de la population et de la classe politique au pouvoir.
Nous refusons que les ceux qui ont organisé et organise ces prolongations bénéficie de celles-ci sans contrôle aucun sans obstacle d’aucune sorte. Depuis le 30.06.2005, les responsables des institutions ont bénéficié de 12 mois supplémentaire de salaire sur le dos de la nation, alors que la plupart d’entre eux sont de près ou de loin responsable du retard qui a occasionné un coût supplémentaire à la nation et à la communauté internationale.
Nous refusons que les mêmes continuent à utiliser les moyens de l’état pour leur propre promotion, la corruption et l’élimination physique et politique de leurs adversaires politiques.
Telle que la situation se présente au Congo, une concertation entre la classe politique est recommandée afin d’aplanir les problèmes, prévenir les conflits et donner l’organisation des élections futures aux deux parties antagonistes afin de guérir la «soupçonnite» dont souffre notre classe politique. Et ce n’est vraiment pas pour récupérer l’UDPS qu’on le dit, mais c’est une question de bon sens et d’équité. L’enterrement de l’UDPS ou de qui que ce soit ne viendra que de la sanction populaire. Tout autre moyen n’introduira que la guerre, le conflit et donc des nouvelles transitions !
