L’intégration des femmes est-ce l’éducation des hommes africains de l’Occident? 1654

Quant au comportement et à la situation et de la femme africaine en occident sur le sol d’Amérique du Nord, elle est de plus surprenante suivant les pays et les villes où les Africains ont choisis d’aller vivre. C’est ainsi que dans notre précédente posting nous nous sommes posés la question suivante: « Que veulent réellement les femmes d’aujourd’hui? ». La réalité quotidienne nous montre combien l’intégration des femmes doit passer obligatoirement par l’éducation des hommes aussi. Dans la plupart des villes des pays d’Amérique du Nord telles que New York, Toronto, Montréal, Los Angeles et autres, les réunions publiques de nos communautés restent jusqu’à ce jour une affaire d’hommes. La femme africaine du Canada par exemple ne se sent pas encore concerne et ne voit qu’en droit contestatrice une fois que les affaires ne tournent pas bien chez elle. Néanmoins, malgré la translation du système traditionnel implanté par la première vague de migrants, une nouvelle génération résiste tant bien que mal à cet état de fait.

Nous assistons donc à une diaspora à deux vitesses. Celle qui essai de marier les deux cultures en vue de tirer le meilleur des deux parties représentées globalement par les milieux associatifs, scolaires et universitaires et celle qui s’accroche littéralement à l’orthodoxie et qui évite tout compromis au nom de soit disant l’émancipation de la femme pour détruire sans explication les moeurs. Au moment où les rencontres publiques et/ou communautaires féminines ou masculines excluent d’une manière quasi-systématique les femmes par les hommes et les hommes par les femmes, les réunions publiques, universitaires et communautaires se démarquent nettement de cette pratique. Si les hommes et les garçons restent toutefois encore majoritaires (pour la raison évoquée plus haut), les femmes et les filles sont souvent moins présentes. Elles ne sont pas aussi présentes et actives. Il suffit d’observer des exemples : des femmes sont respectivement Présidentes et vice-présidentes des Associations des Étudiantes et étudiants des différentes associations communautaires. Nous trouvons également des femmes professeures d’université, elles sont dans le Conseil d’Administration des Organisations humanitaires mais la plupart sont souvent des célibataires.

Ces exemples sont encourageants, observables dans le monde étudiant et ailleurs ne doivent pas cacher les difficultés que traversent une bonne partie de nos sœurs et mères en matière d’intégration. Faut-il émanciper la femme africaine de l’Occident sans lui parler de l’histoire, sans lui dire d’où elle est venue, sans faire mention aux interdits, aux totems et aux tabous sans rencontrer des difficultés?

Parmi ces difficultés, il y en a qui concernent essentiellement la femme africaine venue rejoindre son conjoint, jadis haut fonctionnaire, cadre de l’administration publique ou privée, professeur d’université, diplomate, personnalité politique ou homme d’affaires venu en Occident; donc bien formé qui se retrouve a la merci de l’immigration et des services sociaux du pays d’accueil et du même coup, il est incapable de s’intégrer lui-même a cause de la langue, l’age ou même un cursus scolaire inadaptée.

Imaginer un instant que cet homme qui était pour quelque chose dans l’intégration l’arrivée de sa femme et ses enfants dans leur nouveau pays, commence a paraître illusoire aux yeux des siens. Je pense qu’étudier les démarches d’intégration de la femme africaine en occident doit en partie passer par celle des hommes porteurs de ce fardeau qui se trouve a la traîne du publique . C’est à ce niveau seulement que, je crois, que se situe le problème. Et il n’est pas évidement facile à résoudre pour bien de raisons.

D’abord, parce que plus de la moitié des hommes africains de l’occident, n’ont pas échappé à la précarité de leur vie dont la grande partie de la population africaine immigrée en général fait les frais.
Ensuite, une bonne partie d’entre eux, n’ont pas échappé au statut de sans papiers et sans emploi. Ce qui aggrave d’avantage leur situation et crée un sentiment de méfiance et de la haine infinie.

Enfin, à ces problèmes communs s’ajoutent chez la femme le poids des tâches ménagères qui restent, disons-le, malgré le fait que nous vivons en occident, son domaine réservé. L’image traditionnelle du chef de famille, incarné par l’homme est loin d’être assouplie en dépit des années passées en Occident.

Demandez aux hommes combien parmi eux font le ménage chez eux ? Et combien de femmes manifestent le désir de s’intéresser à la vie publique et par peur des hommes se résignent ?

Ne nous trompons pas. La femme africaine au lieu de demeurer la protectrice des coutumes et traditions de ses ancêtres à l’instar de la femmes chinoise, la femme indienne et autres, par contre, elle n’est pas de nature non intégrable aux us désapprouvées par même la société d’accueil. Mais hélas, elle intègre dans ses mœurs, ce que les autres femmes du monde n’intègrent pas. Nombreuses sont ses initiatives qu’elle prend qui prouvent le contraire. Elle devrait avoir tous les atouts pour s’adapter et s’intégrer tout en protégeant ses coutumes et traditions qu’elle transmettrait à ses enfants et petits enfants. Et si on lui donne la moindre possibilité, elle l’exploite avec détermination au point de s’écrouler et s’enterrer elle-même vivante.

Un manque d’une Association des femmes africaines par pays d’origines et ou elles habitent pouvant prôner l’Unité, Lisanga, Tshioto, Umoja, Dibundu en est pour moi, une illustration éloquente. Les femmes des autres continents qui vivent en Occident ne sont elles pas à l’origine de l’organisation tous les ans de la journée mondiale de la femme dans ces différents pays?

C’est l’homme africain qui, peut-être par « peur » (je ne sais de quoi) qui lui met des battons dans les roues. Si c’est la religion qui exploite cette « peur », je pense que les cadres femmes de nos pays devraient nous prouver – et sans faire de bruit – qu’une africaine de nos pays et d’ailleurs pouvait remplir ses responsabilités publiques sans pour autant faillir à sa condition de femme animiste, chrétienne, musulmane ou autres. Je pense à ces magistrates, à ces enseignantes de toutes disciplines confondues, à ces médecins, …

Ainsi, une intégration comme une émancipation douce de la femme africaine de l’Occident devrait passer par celle de son entourage masculin. Sinon, elle ne se fera pas d’une façon « violente » lorsque nos mères, nos sœurs et nos femmes se réaliseront qu’elles doivent prendre conscience de la condition d’ « exclus » qu’elles sont entrées de nous imposer. Cela pourrait devenir explosif. C’est aux femmes de choisir.

Même en Occident, la femme est sans nul doute la matrice de la société moderne et traditionnelle. C’est elle la protectrice des coutumes et mœurs. Le monde de ce siècle, dépend largement de l’émancipation de la femme et de l’homme, car le rôle de mère est d’éducatrice, du père est d’instructeur. Ces rôles leurs confèrent une responsabilité importante en matière de développement social. La multiplication ici et là d’associations féminines caritatives à l’intérieur comme à l’extérieur de nos pays en témoigne.

En effet, intégration ou émancipation, – entendons nous bien -, je ne rêve pas d’une femme africaine qui tournerait le dos à sa civilisation. Loin de là. Je rêve plutôt d’une femme qui, tout en restant africaine vivante en Occident saura faire face aux exigences et aux défis multiples de son temps. Cette émancipation est nécessaire car comme l’a écrit Karl Marx : « Le degré de l’émancipation féminine est la mesure naturelle du degré de l’émancipation générale ».

Mes hommages à toutes les femmes de la planète et aux africaines de l’Occident en particuliers. Que le 21ème siècle puisse « s’accorder » au masculin et au féminin!

Médard Gaudard Mwanyina Ndjabwanga

Auteur –Écrivain – Libre penseur

London/Ontario/CANADA

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